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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Suisse : le Conseil National rejette l'« initiative sur l'élevage intensif » et le contre-projet

9 Janvier 2022 Publié dans #élevage, #Politique, #Activisme

Suisse : le Conseil National rejette l'« initiative sur l'élevage intensif » et le contre-projet

 

Willi l'agriculteur*

 

 

 

Après le rejet de l'« initiative populaire pour une eau potable propre et une alimentation saine » et de l'« initiative populaire pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » à plus de 60 % cet été en Suisse (https://www.bauerwilli.com/sieg-der-vernunft/ – voir aussi ici et ici), le Conseil National a également rejeté l'« initiative sur l'élevage intensif » ainsi qu'un contre-projet. Voici quelques explications de Schweizer Bauer :

 

« La majorité de la commission partage l'avis du Conseil Fédéral selon lequel l'initiative créerait différents problèmes, notamment l'incompatibilité avec les obligations internationales de la Suisse, une charge administrative importante ainsi que des directives d'une organisation privée au niveau constitutionnel**.

 

La commission souligne en particulier que la Suisse dispose déjà du droit de la protection des animaux le plus strict au monde et que les prescriptions concernant les effectifs maximaux d'animaux par exploitation sont exceptionnellement exigeantes. La proposition va en outre à l'encontre de l'objectif du Conseil Fédéral de réduire les émissions d'ammoniac et se concentre en premier lieu sur les éleveurs de bovins. »

 

Sur ce thème, voici un extrait de la déclaration impressionnante de M. Martin Haab, agriculteur et membre du Conseil National (il faut patienter un peu, le chargement de la page prend du temps) :

 

« Parlons maintenant de mes liens d'intérêt : je suis un éleveur et un producteur laitier passionné depuis quarante ans. Avec ma famille, je possède aujourd'hui 75 vaches dans l'étable, je suis donc un éleveur intensif. De plus, nous avons autant de femelles de renouvellement. Donc, encore une fois, je suis un éleveur intensif. Les vaches sont toutefois élevées, nourries et soignées selon les exigences les plus élevées possibles en matière de bien-être animal, conformément à notre loi et à notre politique agricole. En plus de cela, nous avons beaucoup d'autres commodités techniques pour nos ladies, par exemple la possibilité pour chaque vache de se faire traire 24 heures sur 24, la disponibilité de nourriture dans l'étable 24 heures sur 24, ainsi que le libre accès au pâturage pendant la période de végétation. Grâce à l'ambiance d'étable régulée par des ventilateurs pendant les mois d'été, la plupart des vaches choisissent de passer la journée dans une étable agréable. C'est apparemment le "cow's first choice" : des températures agréables, une ration alimentaire équilibrée, un lit de repos moelleux et pas de mouches. Nous, les professionnels, appelons cela dans notre jargon le "cow comfort".

 

Avec mon troupeau, je suis donc un éleveur intensif, j'ai une grande exploitation et, selon le texte de l'initiative, je porte systématiquement atteinte au bien-être des animaux. "Non", me direz-vous certainement, "nous ne parlons évidemment pas d'un tel élevage ».

 

C'est le genre de discours que j'aimerais entendre au Bundestag allemand.

 

La décision du Conseil National n'est toutefois qu'une recommandation. La votation n'a pas encore eu lieu.

 

A lire également une publication des « pour » et des « contre » dans le magazine « Die Grüne ».

 

Et aussi :

 

Initiative sur l’élevage intensif (admin.ch)

 

Initiative contre l'élevage intensif – Page d'accueil (elevage-intensif.ch)

 

L'initiative contre l'élevage intensif rejetée sans alternative - RTN votre radio régionale

 

_____________

 

 

 

 

* Source : Schweiz: Nationalrat weist auch die "Massentierhaltungs-Initiative" zurück - Bauer Willi

 

** L'initiative populaire vise à interdire l'élevage intensif en Suisse dans les 25 ans. Elle demande à la Confédération de fixer des critères pour l’hébergement, les sorties en plein air, le nombre d’animaux détenus et leur abattage. Elle souhaite que ces exigences correspondent au moins à celles des directives de Bio-Suisse de 2018 (d'où la référence aux « directives d'une organisation privée » ci-dessus. Enfin, elle demande à la Confédération de réguler les importations d'animaux et de produits d'origine animale pour protéger l'agriculture suisse.

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F
Après avoir prétendu faire le bonheur des gens malgré eux, les idéologues veulent faire le bonheur des animaux malgré eux.
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