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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les groupes agricoles frustrés que l'EPA ait opté pour une évaluation contraire aux meilleures données scientifiques

19 Janvier 2022 Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Pesticides

Les groupes agricoles frustrés que l'EPA ait opté pour une évaluation contraire aux meilleures données scientifiques

 

AGDAILY Reporters* (et mon complément)

 

 

Image : Jer123, Shutterstock

 

 

« Les meilleures données scientifiques et données disponibles ». C'est une expression qui pèse lourd – ou du moins, elle le devrait, car « les meilleures données scientifiques et données disponibles » est la norme selon laquelle une agence de réglementation est chargée de mener des décisions relatives à la Loi sur les Espèces Menacées. C'est également la norme sur laquelle repose le sort des agriculteurs du pays et leur capacité à continuer d'utiliser des outils vitaux de protection des cultures.

 

Les groupes représentatifs de producteurs sont frustrés par le fait que l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) n'a pas utilisé « les meilleures données scientifiques disponibles », comme l'exige la loi, dans ses évaluations biologiques (BE – biological evaluations) des espèces menacées pour le glyphosate, l'atrazine et la simazine publiées le 12 novembre 2021. Une évaluation biologique est un document qui contient l'analyse par l'EPA des effets potentiels d'un pesticide sur les espèces menacées ou en danger au niveau fédéral et leurs habitats critiques désignés. Elle comprend toute conclusion selon laquelle le pesticide peut affecter l'une de ces espèces ou l'un de ces habitats. En conséquence, les évaluations biologiques finales de l'EPA pour ces produits chimiques gonflent considérablement le nombre d'espèces et d'habitats susceptibles d'être affectés négativement.

 

L'American Soybean Association et l'American Farm Bureau Federation ont cherché à fournir à l'agence de meilleures sources de données réelles, notamment dans leurs commentaires sur les projets d'évaluations biologiques. Par exemple :

 

  • Le BE final pour le glyphosate continue de supposer que les producteurs de soja utilisent 3,75 lb/acre (4,2 kg/ha) de glyphosate par application, alors que les données d'études de marché et les données d'enquête de l'USDA montrent que le chiffre est de 1,00 lb/acre (1,1 kg/ha) – près de quatre fois moins que ce que le BE suppose.

 

  • Le BE final pour le glyphosate suppose également que les producteurs réappliquent le produit chimique à peine sept jours après une première application. Cette hypothèse extraordinairement irréaliste pour tout producteur augmente les risques d'exposition des espèces du modèle.

 

Les producteurs ont fourni ces exemples et d'autres exemples du monde réel et des sources de données à l'EPA dans des commentaires publics, que l'EPA a choisi de ne pas intégrer dans son évaluation biologique finale.

 

M. Kevin Scott, producteur de soja du Dakota du Sud et président de l'American Soybean Association, a exprimé sa frustration face à l'incapacité de l'EPA à utiliser de meilleures données, en déclarant : « La loi est claire : l'EPA doit utiliser les "meilleures données scientifiques et commerciales disponibles" pour ses évaluations des espèces menacées, mais l'agence a indiqué qu'elle n'avait pas l'intention de le faire. Ce qui est encore plus frustrant, c'est que les producteurs ont soumis à l'EPA des données meilleures et crédibles, qu'elle a choisi d'ignorer. Ces conclusions irréalistes ne feront qu'alimenter la méfiance du public et compromettre l'accès des producteurs au glyphosate et à d'autres outils essentiels. »

 

M. Zippy Duvall, président de l'American Farm Bureau Federation, a déclaré : « Nous sommes déçus que l'Agence de Protection de l'Environnement se soit vu présenter des preuves concrètes d'une utilisation limitée des pesticides, mais qu'elle n'ait pas utilisé les données les plus précises dans ses évaluations biologiques. En surestimant l'utilisation de ces outils de protection des cultures, l'EPA a également surestimé l'impact sur les espèces. »

 

« Les herbicides sont des outils essentiels pour une agriculture intelligente face au climat, car ils permettent aux agriculteurs d'utiliser des pratiques de travail minimum du sol et moins de ressources pour leurs cultures. L'EPA doit adopter une approche globale de ses évaluations biologiques et utiliser les meilleures données disponibles lorsqu'elle décide de règles qui affecteront la façon dont les agriculteurs produisent des cultures saines », a fait observer M. Duvall.

 

En faisant des constatations aussi irréalistes, l'EPA doit maintenant consulter officiellement le Fish & Wildlife Service et le National Marine Fisheries Service sur des centaines d'espèces supplémentaires, ce qui n'aurait pas été nécessaire si l'EPA avait utilisé les meilleures données disponibles. Ce fardeau supplémentaire risque de peser davantage sur des agences aux ressources limitées, d'allonger les délais réglementaires et d'entraîner des restrictions supplémentaires sur les produits qui ne contribueront en rien à la protection des espèces.

 

_______________

 

* Source : Ag groups frustrated EPA opted against best science in evaluation | AGDAILY

 

 

Ma note

 

Le problème est plus grave que ça.

 

La sphère militante s'est évidemment précipitée sur cette « information », à l'exemple d'André Leu, compagnon de « lutte » dans l'escroquerie de l'agriculture régénératrice à leur sauce (un faux-nez de l'agriculture biologique) :

 

« L'EPA détermine que les herbicides, dont l'atrazine, perturbateur endocrinien, et le glyphosate, cancérigène, nuisent à plus de 1.600 espèces végétales et animales protégées. »

 

 

(Source)

 

 

Mais voici ce que dit le communiqué de presse de l'EPA (c'est nous qui graissons) :

 

« La détermination "susceptible d'avoir un effet négatif" (LAA – likely to adversely affect) signifie que l'EPA s'attend raisonnablement à ce qu'au moins un individu animal ou végétal, parmi une variété d'espèces répertoriées, puisse être exposé au pesticide à un niveau suffisant pour avoir un effet, qui sera négatif. Le seuil LAA pour une BE (biological evaluation) est très sensible car la "prise" probable d'un seul individu d'une espèce, ce qui inclut les dommages non intentionnels ou la mort, déclenche une détermination LAA. C'est le cas même si une espèce est presque rétablie à un point tel qu'elle n'a plus besoin d'être inscrite. Par conséquent, il y a un nombre élevé de déterminations "peut affecter" et LAA dans ces BE. Une détermination LAA, cependant, ne signifie pas nécessairement qu'un pesticide met une espèce en danger. Les déterminations de mise en danger seront faites par le Fish and Wildlife Service et le National Marine Fisheries Service des États-Unis (collectivement "les services") au cours d'une consultation formelle qui évaluera les effets des pesticides sur des espèces entières. »

 

Il va de soi que l'activisme ne s'encombre pas d'une telle précision.

 

Et on peut penser que, dans cette affaire, l'EPA est irresponsable.

 

 

° o 0 o °

 

À la demande d'un lecteur, voici mon commentaire adapté en anglais :

At the request of a reader, an English adaptation of my comment follows :

 

The problem is more serious than described above.

 

The activist sphere obviously jumped on this "information," as exemplified by André Leu, a leader of the Regenerative International scam (their "regenerative farming" is a sock puppet of organic farming):

 

"The EPA determines that herbicides including the endocrine-disrupting atrazine and carcinogenic glyphosate, harm more than 1,600 protected plant and animal species."

 

 

(Source)

 

 

But here's what the EPA's press release says (emphasis our's):

 

"The 'likely to adversely affect' (LAA) determination means that EPA reasonably expects that at least one individual animal or plant, among a variety of listed species, may be exposed to the pesticide at a sufficient level to have an effect, which will be adverse. The LAA threshold for a BE is very sensitive because the likely 'take' of even one individual of a species, which includes unintentional harm or death, triggers an LAA determination. This is the case even if a species is almost recovered to a point where it no longer needs to be listed. As a result, there is a high number of  'may affect' and LAA determinations in these BEs. An LAA determination, however, does not necessarily mean that a pesticide is putting a species in jeopardy. Jeopardy determinations will be made by the U.S. Fish and Wildlife Service and the National Marine Fisheries Service (collectively 'the Services') in the course of formal consultation that evaluates any effects of the pesticides on entire species."

 

It goes without saying that activism does not bother with such details.

 

And one might think that, in this case, the EPA is irresponsible.

 

 

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