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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La biotechnologie augmente les rendements du haricot-igname africain à haute teneur en protéines

29 Janvier 2022 Publié dans #amélioration des plantes, #Afrique

La biotechnologie augmente les rendements du haricot-igname africain à haute teneur en protéines

 

Richard Wetaya*

 

 

Image : Haricot-igname en cours de culture. Photo : Society of Underutilized African Yam Bean

 

 

Des scientifiques africains utilisent les outils de la biotechnologie pour renforcer la résistance au climat et les rendements du haricot-igname ou pois-patate africain (African yam bean – Sphenostylis stenocarpa), une plante à haute teneur en protéines.

 

Les scientifiques du Centre de Ressources Génétiques de l'Institut International d'Agriculture Tropicale (IITA) utilisent la sélection assistée par marqueurs et d'autres outils biotechnologiques, ainsi que l'amélioration des plantes conventionnelle, pour ajouter des caractéristiques telles qu'un temps de cuisson plus court, un rendement élevé, une résistance aux maladies et une maturité précoce au haricot-igname.

 

Selon les chercheurs, la culture améliorée sera capable d'assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de générer des revenus pour les agriculteurs et de créer des emplois pour les femmes et les jeunes.

 

« L'application de la biotechnologie au haricot-igname africain, dont la teneur élevée en protéines en fait une meilleure source de nourriture que le maïs, les patates douces ou le manioc, entraînera une augmentation des rendements, ce qui, à terme, aidera les communautés rurales et semi-rurales pauvres en ressources de l'Afrique de l'Ouest à s'adapter au stress climatique », a déclaré M. Gideon Enofe, un chercheur nigérian.

 

Il a fait remarquer que la promotion de la fertilité des sols par la fixation de l'azote est l'une des vertus les plus importantes du haricot-igname. De nombreux petits exploitants agricoles en Afrique sont confrontés à des problèmes de fertilité des sols et n'ont pas les moyens d'acheter des engrais de synthèse ou de se procurer des effluents d'élevage.

 

« Les variétés locales de cette culture sont déjà disponibles, mais les variétés améliorées le seront d'ici un à trois ans », a déclaré à l'Alliance pour la Science le Dr Oyatomi Olaniyi, responsable de la banque de semences du Centre.

 

L'année dernière, des experts du secteur agricole et alimentaire du Nigeria ont déclaré que le haricot-igname pourrait être utilisé pour atténuer la malnutrition en cas de pénurie alimentaire et pourrait combler les lacunes en matière d'alimentation, de nutrition et de moyens de subsistance si des politiques sont mises en place pour établir des chaînes de valeur durables et des marchés d'exportation pour cette légumineuse.

 

La légumineuse africaine produit deux produits de valeur – les graines et les tubercules comestibles – qui sont importants dans la plupart des cultures alimentaires indigènes africaines. Il est particulièrement populaire au Nigeria, en Éthiopie, au Kenya, au Malawi et en Afrique centrale.

 

Dans un article récent, des chercheurs de l'IITA, de l'Université Covenant du Nigeria et de l'Université d'Ibadan ont noté que l'amélioration du haricot-igname africain assistée par la biotechnologie est impérative pour développer des cultures offrant de meilleurs rendements aux petits exploitants, une résistance aux maladies telles que la mosaïque des feuilles et l'oïdium et un temps de cuisson réduit.

 

 

Haricot-igname africain aux stades de la floraison (a), de la formation des gousses (b), de la maturation des gousses (c), tubercule (d) et couleur du tégument de la graine (e). Image : Centre de Ressources Génétiques de l'IITA

 

 

Les chercheurs ont découvert que l'édition du génome, la protéomique et la bioinformatique – des outils précédemment utilisés pour améliorer d'autres cultures de légumineuses populaires comme le soja et le niébé en Afrique de l'Ouest – pourraient être utilisés sur le haricot-igname.

 

Plusieurs chercheurs et sélectionneurs ouest-africains affirment que l'amélioration génétique de cette culture contribuera à diversifier la base alimentaire de l'Afrique subsaharienne et à assurer la durabilité des systèmes agricoles dans de nombreuses régions d'Afrique centrale et occidentale.

 

Dans un autre article, les chercheurs ont déclaré que l'amélioration du haricot-igname africain par des approches innovantes et robustes, y compris la recherche accélérée, favoriserait son utilisation en tant que culture intelligente du point de vue climatique afin d'atténuer l'impact du changement climatique sur les groupes vulnérables au Nigeria.

 

En Afrique de l'Ouest, de nombreux centres de recherche ont déjà introduit cette culture dans leurs systèmes de production.

 

Le Centre de Ressources Génétiques de l'IITA à Idaban, au Nigeria, s'est associé à des agriculteurs et à des chercheurs l'année dernière pour identifier 11 accessions (variétés) de haricot-igname africain qui pourraient être améliorées.

 

Le Dr Morufat Balogun, généticien à l'IITA, aurait déclaré que ce partenariat s'inscrivait dans le cadre des efforts déployés par l'Institut pour faire du haricot-igname africain une culture de valeur.

 

Actuellement, l'Alliance pour l'Amélioration Accélérée des Cultures en Afrique (Alliance for Accelerated Crop Improvement in AfricaACACIA) entreprend le séquençage du génome de cette culture, qui, selon le programme alimentaire WE LEAD, pourrait être la solution au problème croissant de l'insécurité alimentaire en Afrique.

 

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* Source : Biotechnology is boosting yields of high-protein African yam bean - Alliance for Science (cornell.edu)

 

 

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