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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Allemagne : plus de chanvre, plus de bio – moins d'animaux, moins de produits phytosanitaires

12 Janvier 2022 Publié dans #Politique

Allemagne : plus de chanvre, plus de bio – moins d'animaux, moins de produits phytosanitaires

 

Willi l'agriculteur*

 

 

 

 

Le 26 décembre 2021, on pouvait lire sur plusieurs portails de journaux ce que le nouveau gouvernement prévoit. En raison des différentes angles adoptés par les journaux, voici les liens de deux articles instructifs qui valent la peine d'être lus.

 

https://www.faz.net/aktuell/wirtschaft/klima-nachhaltigkeit/gruene-minister-kuendigen-veraenderungen-fuer-landwirte-und-verbraucher-an-17701742.html

 

https://www.spiegel.de/politik/deutschland/cem-oezdemir-sagt-hanf-boom-voraus-und-will-weniger-nutztiere-in-deutschland-a-78761edb-a6f4-4283-9488-a1fb5cf2a194-amp

 

 

Qu'y a-t-il dedans ?

 

Voici quelques extraits avec mes commentaires.

 

 

« Il ne doit plus y avoir de prix cassés pour les denrées alimentaires, car ils mènent les exploitations agricoles à la ruine, empêchent un meilleur bien-être des animaux, favorisent la disparition des espèces et nuisent au climat. »

 

Je ne sais pas combien de gouvernements se sont déjà cassé les dents sur le thème des « prix équitables pour les denrées alimentaires ». J'aimerais que ce gouvernement parvienne à résoudre ce problème de manière satisfaisante.

 

Mais je ne peux pas y croire, car aucun gouvernement n'a encore réussi à démanteler l'oligopole de la grande distribution. Comment va-t-il déterminer la marge bénéficiaire qu'ils peuvent avoir ? Et celle-ci s'est encore accrue pendant la crise de la Covid.

 

S'il n'y a plus de « prix cassés », cela ne signifie pas pour autant que les agriculteurs reçoivent plus. Monsieur Özdemir, c'est de la gestion d'entreprise de deuxième année.

 

 

« Özdemir souhaite une extension de la surface des champs cultivés de manière écologique d'ici 2030, qui passerait d'à peine 10 pour cent actuellement à 30 pour cent, tout en "utilisant la puissance d'achat de l'État". La restauration dans les établissements publics devrait se tourner vers davantage de produits régionaux et bio. »

 

Mme Renate Künast voulait atteindre 20 % d'agriculture biologique entre 2002 et 2012. Aujourd'hui, en 2021, nous en sommes à peine à 10 %. Par ailleurs, l'objectif de 30 % de bio d'ici 2030 a déjà été formulé ainsi par l'UE. Il n'y a donc rien de nouveau. [Ma note : c'est 25 % pour « de la ferme à la table », mais sur l'ensemble de l'Union Européenne.]

 

Mais d'où viendront les agriculteurs bio ? Et qui dictera les menus des établissements publics ? Comment les prix plus élevés du bio seront-ils répercutés sur les clients ? Ou bien le bio sera-t-il encore plus subventionné ? Ou bien le taux HartzIV [un dispositif d'aide sociale] sera-t-il augmenté ?

 

 

« En ce qui concerne la protection des animaux, Özdemir veut renforcer le cadre pénal et multiplier les contrôles. "Nous voulons créer une base juridique pour une surveillance assistée par caméra dans les grands abattoirs, afin que nous sachions ce qui s'y passe.»

 

« Une base juridique pour une surveillance assistée par caméra dans les abattoirs... » ? Je suis curieux de voir ce que la Cour Constitutionnelle Fédérale va dire à ce sujet. Surveiller les abattoirs aujourd'hui, les fermes demain ? Big Brother vous surveille...

 

 

« À propos du cannabis, le ministre fédéral de l'Agriculture estime que "de nombreux agriculteurs et agricultrices sont dans les starting-blocks pour cultiver du chanvre" Et plus loin : "Personne ne doit s'enfumer la cervelle, mais je me réjouis que la folie de l'interdiction du cannabis prenne enfin fin." Et encore plus loin : "Une légalisation telle que nous la planifions maintenant renforce donc la protection de la jeunesse et des consommateurs..." »

 

Là, les mots me manquent tout simplement. (Au fait : pour les joints, quelques hectares suffisent, et même s'il y en avait des milliers... c'est que dalle...)

 

 

Voilà pour les explications – non exhaustives – de M. Cem Özdemir. Maintenant, à la ministre de l'Environnement Steffi Lemke (Verts).

 

 

« Je ne m'attends pas à ce que nous puissions nous passer complètement de pesticides d'ici quatre ans. »

 

Avec ce pronostic, Mme Steffi Lemke pourrait bien avoir raison.

 

 

« Nous pouvons réduire l'utilisation des pesticides par des incitations financières, mais aussi par la réglementation. »

 

Cela peut bien sûr aussi se passer ainsi. La carotte et le bâton. S'il n'y avait pas le droit européen...Ou veut-elle également l'annuler ?

 

 

« Dans le débat sur le développement des énergies renouvelables, Lemke met en garde contre le fait de placer la protection du climat au-dessus de la protection de la biodiversité. »

 

C'est une pique à son collègue de parti Sven Giegold (Verts), secrétaire d'État au ministère de l'Économie. Il avait déclaré en substance qu'on ne pouvait pas renoncer à la construction d'éoliennes à cause du milan royal. Il doit y avoir un conflit d'objectifs pour les Verts.

 

Et comme d'habitude, le ministère de l'Environnement s'immisce dans les intérêts agricoles.

 

 

« Il est urgent de sortir de ce système de simple prime à la surface, versée sans contrepartie écologique. »

 

Cette affirmation est tout simplement fausse, car nous fournissons bien sûr aussi aujourd'hui des contreparties écologiques. Vous avez déjà entendu parler de la conditionnalité ?

 

Mais pour ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué : les idées des ministres verts sont pleines de conflits d'objectifs et de contradictions. Elles ont surtout pour effet :

 

  • une démotivation des agriculteurs, en particulier des jeunes, ce qui entraînera une diminution du nombre d'exploitations et une augmentation de leur taille ;

 

  • une disparition extrêmement rapide et généralisée des fermes dans les régions à forte densité de bétail ;

 

  • une dépendance encore plus grande vis-à-vis des importations de denrées alimentaires en raison de la diminution des productions ;

 

  • une augmentation significative des prix des denrées alimentaires dans une situation financière déjà tendue, et par conséquent

 

  • le fait que les prix des denrées alimentaires deviendront un moteur de l'inflation

 

Ces annonces s'inscrivent également dans le contexte de la hausse extrême (« artificielle ») des prix des engrais comme un facteur de hausse des prix des denrées alimentaires.

 

https://www.n-tv.de/wirtschaft/Lebensmittelpreise-koennten-massiv-steigen-article23020297.html

 

https://www.br.de/nachrichten/meldung/welternaehrungsorganisation-want-vor-steigenden-preisen-durch-duengerkrise,30044b4a0

 

_____________

 

 

* Source : Mehr Hanf, mehr Bio - weniger Tiere, weniger Pflanzenschutz - Bauer Willi

 

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F
Le délire vert est contagieux en Europe et il n'est pas certain que la réglementation de l'UE le freine, au vu des objectifs de la Commission et de la tendance de fond au Parlement.<br /> <br /> A propos des caméras dans les abattoirs: pourquoi pas aussi dans les foyers pour lutter contre les violences intra-familiales!
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X
Juste pour dire que, dans les rapports entre exploitants agricole et grande distribution, cette dernière n'est pas un oligopole, mais un oligopsone. Elle est oligopole dans ses rapports avec sa clientèle.Mais tout le monde aura compris.
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