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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le Royaume-Uni envisage de s'affranchir des règles restrictives de l'UE en matière de biotechnologie végétale afin de bénéficier d'un avantage dans le commerce international

1 Décembre 2021 Publié dans #NGT

Le Royaume-Uni envisage de s'affranchir des règles restrictives de l'UE en matière de biotechnologie végétale afin de bénéficier d'un avantage dans le commerce international

 

Joseph Maina*

 

 

Image : Poulets et moutons à Wasdale Head, Cumbria, Angleterre. Photo : Shutterstock/Andrew Roland

 

 

En apportant quelques modifications utiles à sa réglementation en matière de biotechnologie végétale, l'Union Européenne pourrait facilement susciter une avalanche d'opportunités de recherche, stimuler une innovation nouvelle qui soutiendrait sa production agricole et catapulter le commerce et les investissements à de nouveaux niveaux.

 

Cependant, alors qu'une grande partie du monde adopte ces technologies, l'Union Européenne n'a guère changé de position au cours des dernières décennies, préférant suivre les sentiers battus de sa propre législation rigide.

 

La rigidité de l'UE explique en partie les efforts déployés par le Royaume-Uni après le Brexit pour élaborer un cadre politique national qui lui permette de tirer parti des opportunités commerciales naissantes en dehors de l'UE et d'exploiter ses compétences considérables en matière de recherche et d'innovation. Le Royaume-Uni envisage une approche souple et scientifique de la réglementation des technologies génétiques de deuxième génération, telles que l'édition de gènes.

 

Un principe qui sous-tend la réglementation européenne des nouvelles technologies d'amélioration des plantes est la clé qui permet de surmonter la réticence du sous-continent à adopter la biotechnologie agricole et qui influence la politique commerciale dans d'autres parties du monde.

 

À l'aube de la réglementation des produits génétiquement modifiés (GM) de première génération dans les années 1980, l'UE a privilégié une « approche fondée sur le processus », en se concentrant sur le processus de modification génétique lui-même et en intégrant tous ses produits, quelles que soient leurs propriétés, dans un régime réglementaire commun élaboré spécifiquement à cette fin.

 

Cette approche contrastait avec l'approche fondée sur le produit adoptée par les États-Unis, qui se concentrait sur les propriétés du produit végétal final, ses avantages et ses risques. Cette division persiste aujourd'hui, note le rapport sur les technologies génétiques publié récemment par le Regulatory Horizons Council (RHC) du Royaume-Uni. Le système réglementaire actuel de l'UE pour les organismes génétiquement modifiés est accusé de créer délibérément une barrière technique au commerce.

 

De nombreux pays, en particulier les Nations africaines, à l'exception de l'Afrique du Sud, ont adopté l'approche de l'UE basée sur les processus pour réglementer les produits GM. Cela s'explique en partie par le désir de maintenir des conditions commerciales favorables qui facilitent les exportations agricoles vers l'UE, selon le rapport.

 

Le rapport observe également que le système réglementaire de l'UE, ainsi que « l'approche très précautionneuse et politisée de sa mise en œuvre », a entraîné l'absence d'adoption significative de cultures GM dans l'UE, bien que l'UE importe des aliments pour animaux GM.

 

Un autre goulet d'étranglement est l'insistance de l'UE à renforcer le statu quo en regroupant tous les produits des technologies génétiques sous l'appellation de modification génétique, ce qui a incité l'influent Conseil Consultatif Scientifique des Académies Européennes (EASAC – voir aussi ici) à demander une « réforme radicale du cadre juridique ». Si le Royaume-Uni adopte un régime réglementaire différent, cela aura des répercussions importantes sur le commerce, indique le rapport.

 

« Compte tenu des atouts du Royaume-Uni en matière de recherche et d'innovation dans les technologies génétiques de deuxième génération, nous pourrions nous attendre à ce que l'adaptation de la réglementation ait un impact très important sur nos futures capacités d'innovation », indique le rapport. « Suivre cette voie aura des implications liées au commerce. Par exemple, il pourrait y avoir des impacts négatifs sur le commerce avec l'UE [...] Cependant, les opportunités commerciales avec la plupart du reste du monde au-delà de l'UE seront ouvertes et, étant donné l'absence actuelle de commerce de l'UE dans les produits des technologies génétiques, le bilan pour le Royaume-Uni sera probablement positif. »

 

Le rapport souligne certains des gains clés réalisés grâce à l'agriculture génétiquement modifiée, notamment des résultats économiques favorables pour les producteurs, une incidence moindre des parasites et maladies, une biodiversité accrue des insectes à la suite de l'adoption de cultures résistantes à des insectes, des économies d'émissions de dioxyde de carbone (CO2) nuisibles au climat et une amélioration des sols grâce à l'agriculture sans labour (no till), ainsi que des gains de productivité permettant d'économiser des terres. Une autre étude a révélé que le coût d'opportunité du refus de l'UE d'autoriser la culture de variétés génétiquement modifiées de cultures clés s'élève actuellement à 33 millions de tonnes de CO2 par an.

 

Diverses organisations influentes ont indiqué qu'elles étaient favorables à l'adoption d'approches réglementaires fondées sur les produits ou les caractères, une position soutenue par le RHC, qui fait valoir que la réglementation devrait être axée sur le produit et ses propriétés plutôt que sur la technologie génétique utilisée pour le produire. Outre l'EASAC, on compte parmi eux l'Organisation Européenne des Sciences Végétales (EPSO), l'Association Européenne des Semences (ESA), l'Académie Royale Suédoise de l'Agriculture et de la Sylviculture (KSLA), la National Academy of Sciences (NAS) aux États-Unis, ainsi que le Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC) et l'Advisory Committee on Releases to the Environment (ACRE) au Royaume-Uni. Il existe également des pressions croissantes en faveur d'un changement de réglementation au sein de l'UE, qui pourrait aboutir à un alignement futur sur la plupart des autres pays.

 

______________

 

* Source : UK mulls break from EU's restrictive crop biotechnology rules to gain an edge in international trade - Alliance for Science (cornell.edu)

 

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M
Un caillou jeté, de plus, dans notre jardins semencier Français. Bravo les écolos !
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T
Une décision fondée sur la raison et non sur l'obscurantisme des anti OGM partagée par électoraliste par les politiques Européens .
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