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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le point de vue d'une agricultrice : « Nous sommes les gardiens de notre génération. »

19 Décembre 2021 Publié dans #Divers

Le point de vue d'une agricultrice : « Nous sommes les gardiens de notre génération. »

 

Brianna Scott, AGDAILY*

 

 

La famille Schafer (Image : Shelley Ann Photography)

 

 

Vous voulez donc être agriculteur ? L'agriculture moderne est blâmée pour de nombreux problèmes environnementaux. Mais dans ces mêmes conversations, on attend aussi d'elle qu'elle soit la solution. L'agriculture est une profession traditionnelle avec des attentes modernes. Que doit donc faire un agriculteur moderne ?

 

M. Derek Schafer, de Schafer Ranch, situé entre Ritzville et Lind dans l'État de Washington, s'efforce chaque jour de trouver un équilibre entre tradition et innovation, en cultivant une rotation de blé, de canola et de pois.

 

J'ai passé un après-midi avec M. Schafer pour voir ce qu'il faisait. Pour une ferme en activité, elle est d'une propreté impeccable. Aucune machine ne traîne à moins d'avoir un but précis. Pas de déchets. Juste un espace de travail ordonné et efficace. Son atelier était plus propre que ma maison (ce qui n'est pas peu dire), et ses employés prennent autant soin de l'espace et des équipements que lui.

 

Et vous n'avez jamais vu un coucher de soleil aussi beau. La vue s'étend sur des kilomètres.

 

 

 

 

J'ai demandé à M. Schafer à quoi ressemblait une journée typique pour lui. Tout agriculteur vous dira que ce n'est jamais pareil d'un jour à l'autre, et cette exploitation n'est pas différente.

 

Comme la plupart des agriculteurs, M. Schafer commence sa journée tôt. Au moment de ma visite, il était en train de semer, ce qui signifie qu'il commençait à 6 heures du matin. Il faut d'abord faire le plein de carburant et entretenir l'équipement nécessaire aux activités de la journée, puis passer plusieurs heures dans le tracteur à semer, peut-être un peu de temps au bureau, et enfin quelques réparations pour terminer la journée.

 

Mais qui sait ce qui va se passer. Il pourrait pleuvoir, ce qui mettrait fin aux semailles prévues. Il doit alors planifier le semis sur des champs déjà ensemencés en partie. Peut-être qu'un engin tombe en panne et doit être réparé. Comme dans tout travail, les choses peuvent mal tourner, et c'est souvent le cas.

 

Un bon agriculteur s'adapte et poursuit son travail.

 

Mais en quoi ce qu'il fait diffère-t-il de ce que faisaient ses prédécesseurs ? Il cultive sur des terres qui sont en production depuis 130 ans – pour bien décrire les faits, cela correspond à plusieurs décennies avant le Dust Bowl des années 1930. Au cours de cette période, il y a eu beaucoup de progrès technologiques. Le simple passage des charrues tirées par des chevaux aux tracteurs a rendu l'agriculture plus efficace. Maintenant, les tracteurs sont autopropulsés et ont de multiples fonctions. La technologie a permis à une personne d'accomplir le travail de plusieurs personnes en moins de temps. Le GPS et d'autres données aident les agriculteurs à coller au progrès, de même que l'équipement qui effectue le semis et la fertilisation en un seul passage.

 

M. Schafer pratique la culture sans labour (no till), ce qui permet d'éviter un passage du tracteur et de garder le sol en bonne santé.

 

Plus nous en apprenons sur les impacts que l'agriculture peut avoir sur l'environnement, plus les agriculteurs s'empressent de faire des ajustements. En fait, les agriculteurs qui travaillent à plusieurs niveaux du gouvernement ont veillé à ce que le Programme de Réserve de Conservation soit intégré dans de nombreuses opérations. M. Schafer lui-même a déclaré que 15 % de sa superficie était couverte par le programme.

 

Pourquoi ? A quoi cela sert-il ? Eh bien, cela donne aux terres improductives, ou marginales, une chance de se reconstituer en remettant des racines, des résidus de culture et de la matière organique. Il s'agit en fait d'une culture de couverture pour la conservation. La structure du sol créée par ce programme empêche le ruissellement de la pluie et de la fonte des neiges, renforce le sol et le rend productif et disponible pour être ajouté à la rotation des cultures ou pour permettre la création d'une zone naturalisée qui serait autrement stérile, malsaine et inutile pour qui que ce soit.

 

 

 

 

M. Schafer a également rationalisé et amélioré son itinéraire technique en utilisant moins d'intrants et des stratégies plus respectueuses de l'environnement, comme ses méthodes de lutte contre les mauvaises herbes, qui comprennent l'utilisation d'un tracteur autopropulsé équipé d'une caméra pour repérer les zones précises où il y a une pression des mauvaises herbes. Il identifie ensuite la mauvaise herbe exacte et utilise un herbicide spécifique pour la traiter (par opposition à un herbicide à large spectre qui peut endommager par inadvertance la végétation environnante ou hors cible). Cette méthode a permis de réduire de 90 % la consommation globale d'herbicides de l'exploitation. Cette méthode préserve également la santé du sol car, après tout, un sol sain produit des cultures saines.

 

J'ai demandé à M. Schafer quelle était, selon lui, sa plus grande réussite en agriculture, et il m'a répondu qu'il fallait accepter le changement. Et lui, ainsi que d'autres agriculteurs modernes, doivent le faire. De nombreux changements apportés par les agriculteurs visent à améliorer l'impact environnemental de l'agriculture. Il y a tellement de fausses informations qui font de l'agriculture le mauvais élève de la santé environnementale. Mais M. Schafer soutient que les agriculteurs sont les meilleurs intendants de la terre.

 

« Nous sommes les gardiens de notre génération et nous voulons que quelqu'un d'autre ait les mêmes opportunités que celles que nous avons eues. Nous sommes très attentifs à prendre soin de la terre, à l'améliorer et à la santé du sol », a déclaré M. Schafer. « Les agriculteurs sont les premiers défenseurs de l'environnement, car ils sont en contact avec leur propre terre et savent ce dont elle a besoin. La dernière chose que nous voulons faire, c'est lui faire du mal parce qu'il subvient à nos besoins. »

 

Et si vous ne retenez rien d'autre de cet article, retenez cela.

 

La ferme en marche.

 

______________

 

Brianna Scott est une ancienne agricultrice qui vit dans l'est de l'État de Washington et qui prépare une maîtrise en sciences agricoles à l'Université de l'État de Washington. Elle est active dans la communauté agricole des anciens combattants et élève de la volaille et du bétail tout en cultivant un grand jardin maraîcher.

 

Source : A farmer's outlook: 'We are the caretakers of our generation' | AGDAILY

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