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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le gaspillage alimentaire : le vilain petit canard que de nombreux consommateurs ne veulent pas affronter

1 Décembre 2021 Publié dans #Alimentation

Le gaspillage alimentaire : le vilain petit canard que de nombreux consommateurs ne veulent pas affronter

 

Michelle Miller, AGDAILY*

 

 

 

Image : SaskiaAcht, Shutterstock

 

 

Saviez-vous que 40 % de la nourriture est gaspillée aux États-Unis ? Des produits sont jetés avant même d'avoir atteint l'épicerie ou ils pourrissent dans le réfrigérateur jusqu'à ce qu'ils soient jetés avec les déchets de la semaine. À l'échelle mondiale, environ un tiers de la nourriture produite est « gaspillée » ou jetée pour diverses raisons. Pourtant, c'est un vilain petit canard que de nombreux consommateurs ne veulent pas affronter.

 

Les consommateurs veulent la perfection. Qu'il s'agisse de quelque chose à quoi nous avons été formés par les détaillants ou de quelque chose que nous avons commencé à exiger de nous-mêmes, c'est un énorme problème. La nourriture n'est pas parfaite. C'est dans la nature des choses : toutes les carottes ne poussent pas parfaitement droites, tous les poivrons ne mûrissent pas jusqu'au rouge complet, et certaines pommes peuvent être talées. Cependant, les consommateurs rejettent ces produits, affirmant que s'ils ne sont pas d'apparence parfaite, cela peut affecter d'une manière ou d'une autre la qualité gustative ou nutritionnelle du produit.

 

Les détaillants et les agriculteurs ont répondu à ces demandes des consommateurs et laissent des produits parfaitement bons dans les champs parce qu'ils ne répondent pas à la norme perfectionniste. Cette perception a également eu un impact sur le développement des produits frais, car la génétique des produits se concentre davantage sur la capacité à résister à la récolte, au stockage, à l'expédition et à la présentation en magasin plutôt que sur les qualités gustatives et nutritionnelles du produit.

 

Tout cela peut avoir un impact sur le système alimentaire américain, mais les pertes les plus importantes dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire se produisent toujours au niveau du consommateur.

 

 

 

 

Certaines pertes sont dues au manque de contrôle des portions, aux problèmes de surconsommation et à la nourriture bon marché. Les Américains accordent moins de valeur à la nourriture car ils savent que chaque fois qu'ils entrent dans une épicerie, ils auront l'embarras du choix et que le produit qu'ils viennent de jeter sera facilement disponible à nouveau. La nourriture a peu de valeur propre (sauf pour les personnes qui ont été confrontées à l'insécurité alimentaire, qui sont souvent plus attentives au gaspillage), et la plupart des consommateurs profitent donc d'une offre alimentaire abondante.

 

De ce fait, les consommateurs sont plus enclins à gaspiller la nourriture à la maison et à rejeter les aliments moins que parfaits au magasin.

 

Les Américains gaspillent également plus de nourriture parce qu'ils remplissent trop leur assiette. Souvent, nos yeux sont plus grands que nos ventres, et nous achetons et préparons plus de nourriture que nous ne pouvons (ou ne devrions) manger en un temps donné. Il en résulte que les aliments frais sont jetés lorsqu'ils sont avariés ou que les aliments cuits vont à la poubelle parce que nous en avons fait trop. Les grosses portions ne sont pas seulement produites à la maison, mais aussi dans les restaurants et autres lieux de restauration. Les Américains consomment jusqu'à 1.000 calories de plus par jour que les habitants des autres pays, et les détaillants répondent à cette tendance en proposant des portions supérieures à la moyenne – pensez à la campagne « Super Size » de McDonald's.

 

 

 

 

Le problème n'est pas seulement lié au simple gaspillage de nourriture, mais aussi aux problèmes inhérents à ce gaspillage.

 

Les décharges représentent 17 % des émissions de méthane aux États-Unis, et les tonnes de déchets alimentaires provenant des consommateurs, en plus des déchets des établissements de vente au détail et des centres de distribution, s'ajoutent à ce problème critique. En outre, il faut des ressources pour produire des aliments. L'eau, la terre, les engrais, la main-d'œuvre, le carburant, les fournitures – tout ce qui est utilisé dans la production d'un produit alimentaire, jetable ou non –, est gaspillé lorsque la nourriture est gaspillée. Si nous pouvions réduire le gaspillage alimentaire aux États-Unis, notre productivité à l'hectare augmenterait et nous pourrions nourrir davantage de personnes. Selon certaines estimations, une simple réduction de 15 % du gaspillage alimentaire permettrait de nourrir 25 millions de personnes supplémentaires.

 

Alors, comment résoudre ce problème ?

 

  1. Acceptez ce qui n'est pas parfait ! Commencez à soutenir les entreprises qui revendent des produits parfaitement bons (même les plus « moches »), comme Misfits Produce. Mieux encore, commencez à faire comprendre aux détaillants, avec votre argent, que l'apparence parfaite n'est pas le seul facteur d'achat des aliments. Achetez les produits « moches », la pomme légèrement meurtrie ou la carotte tordue, sinon ils risquent d'être jetés.

 

  1. Soyez conscient de vos achats alimentaires. N'achetez que ce que vous pouvez consommer dans un laps de temps raisonnable, avant que les aliments ne se détériorent. Planifiez vos repas et achetez les ingrédients nécessaires tout en essayant d'utiliser le produit dans plusieurs repas afin de pouvoir tout utiliser (comme une laitue entière, ou un sac de carottes).

 

  1. Mangez les restes ! Essayez de préparer des repas et des portions qui laissent suffisamment de restes pour le déjeuner du lendemain, ou pour être incorporés à un autre repas au lieu de les jeter.

 

  1. Compostez vos propres déchets. Si vous avez des produits biodégradables à jeter, pourquoi ne pas les composter vous-même ? Bien que cela ne permette pas une réduction exceptionnelle des émissions de GES liées à la décomposition des aliments, cela permettra à ces produits d'être recyclés sur votre pelouse ou dans votre jardin plutôt que de rester inutilisés dans une décharge, mélangés à des produits qui ne sont pas biodégradables.

 

______________

 

Michelle Miller, la « Farm Babe », est une agricultrice, une conférencière et une autrice qui a travaillé pendant des années avec des cultures en ligne, des bovins et des moutons. Elle pense que l'éducation est essentielle pour combler le fossé entre les agriculteurs et les consommateurs.

 

Source : Food waste: The ugly duckling many consumers won’t face | AGDAILY

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