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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une nouvelle étude ne montre aucune preuve que le glyphosate affecte les bourdons

23 Novembre 2021 Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Abeilles

Une nouvelle étude ne montre aucune preuve que le glyphosate affecte les bourdons

 

AGDAILY reporters*

 

 

Image : Dobrovizcki, Shutterstock

 

 

Dans la filière agricole, la préservation de la population des abeilles [au sens large] est un sujet brûlant. Bien qu'ils soient souvent blâmés pour le déclin des populations – même si un récent rapport de l'USDA indique que le taux de perte des colonies d'abeilles a atteint son point le plus bas depuis des années – les producteurs agricoles ont besoin des abeilles pour la pollinisation.

 

Le glyphosate est le pesticide le plus utilisé au monde, et il est largement employé dans l'agriculture. Bien que le glyphosate ait été considéré comme « sans danger pour les abeilles » par les autorités de réglementation, de nouvelles études suggèrent qu'il a des effets négatifs sur les abeilles. Pour cette raison, découvrir si le glyphosate seul, ou en combinaison avec d'autres facteurs de stress, est nuisible à la santé des abeilles, est devenu une question de grande importance.

 

Une nouvelle étude menée par les auteurs Edward Straw et le professeur Mark Brown de l'Université Royal Holloway de Londres élargit les connaissances actuelles sur le glyphosate. Elle examine l'impact du glyphosate sur une espèce non testée auparavant, le bourdon terrestre, Bombus terrestris, et intègre un parasite du bourdon, Crithidia bombi, qui n'a jamais été testé en même temps que le glyphosate.

 

En utilisant plusieurs méthodes de recherche différentes dans le domaine de l'écotoxicologie, les auteurs ont observé qu'il n'y avait pas d'effet significatif sur la mortalité des bourdons lorsque ceux-ci étaient exposés au glyphosate, au parasite du bourdon ou aux deux facteurs de stress combinés. En outre, aucun effet significatif n'a été observé sur la reproduction ou la consommation de saccharose.

 

Ces résultats fournissent des preuves solides que l'exposition orale au glyphosate ne provoque pas de mortalité chez les bourdons. Des preuves non concluantes ont été trouvées quant à savoir si le glyphosate rendait les infections parasitaires plus intenses, mais de toute façon, il est peu probable que cela soit pertinent à des concentrations réalistes pour l'environnement.

 

Comme la recherche n'a trouvé d'effet du glyphosate, du parasite ou de leur combinaison sur aucune mesure de santé, les résultats n'indiquent aucune nécessité de changer le statut réglementaire de l'ingrédient actif glyphosate en ce qui concerne les bourdons.

 

Bien que les résultats montrent qu'il est peu probable que le glyphosate soit nocif pour les bourdons, que ce soit seul ou avec un parasite commun, des travaux antérieurs ont montré qu'il pouvait avoir un impact négatif sur les abeilles domestiques. C'est pourquoi les auteurs de l'article conseillent de poursuivre les recherches sur les espèces d'abeilles sauvages et les mesures sublétales afin de déterminer si ce produit chimique largement utilisé est sans danger pour les abeilles.

 

Edward Straw déclare : « Le glyphosate est un produit chimique très clivant, les scientifiques étant divisés sur son innocuité ou non. Il est donc important que les décisions relatives à la restriction de son utilisation soient prises sur la base de données scientifiques rigoureuses. Nos résultats constituent une preuve solide que le glyphosate seul ne provoque pas de mortalité chez les bourdons. »

 

« En tant que pesticide incroyablement important et utile, nous avons besoin de plus de preuves provenant d'un plus large éventail d'espèces, d'expositions et de méthodologies pour déterminer si le glyphosate est sûr, afin qu'il puisse être utilisé en toute confiance. Les tests sur l'ingrédient actif (glyphosate) seul ne suffisent pas, car des travaux antérieurs ont révélé que les autres ingrédients utilisés dans les produits pesticides peuvent être dangereux pour les abeilles. »

 

____________

 

* Source : New study shows no evidence that glyphosate affects bumble bees | AGDAILY

 

Ma note : M. Edward Straw fait des efforts « louables » pour maintenir actif un domaine de recherche... Bientôt 50 ans qu'on utilise du glyphosate...

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M
Bonjour, il faudrait envoyer cet intéressant article aux différents sites de calamités agricoles, tels que WWF, France Nature et Environnement, Stop aux Pesticides, ... ainsi qu'à nos journaleux avides de commentaires hasardeux mais bien pour leur porte feuille !
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T
Les pesticides "bio" génèrent aussi des résistances dans la faune sauvage non ciblée (Proc. R. Soc. B 288: 20211903, 2021):

"Differential local genetic adaptation to pesticide use in organic and conventional agriculture in an aquatic non-target species"

Abstract:
Pesticide application is an important stressor to non-target species and can
profoundly affect ecosystem functioning. Debates continue on the choice
of agricultural practices regarding their environmental impact, and organic
farming is considered less detrimental compared to conventional practices.
Nevertheless, comparative studies on the impacts of both agricultural
approaches on the genetic adaptation of non-target species are lacking. We
assessed to what extent organic and conventional agriculture elicit local genetic
adaptation of populations of a non-target aquatic species, Daphnia
magna. We tested for genetic differences in sensitivity of different D. magna
populations (n = 7), originating from ponds surrounded by conventional
and organic agriculture as well as nature reserves, to pesticides used
either in conventional (chlorpyrifos) or organic agriculture (deltamethrin
and copper sulfate). The results indicate that D. magna populations differentially
adapt to local pesticide use. Populations show increased resistance to
chlorpyrifos as the percentage of conventional agriculture in the surrounding
landscape increases, whereas populations from organic agriculture
sites are more resistant to deltamethrin. While organic agriculture is considered
less harmful for non-target species than conventional, both types
of agriculture shape the evolution of pesticide resistance in non-target
species in a specific manner, reflecting the differences in selection pressure.
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@ TD84 le jeudi 25 novembre 2021, 06:16

Bonjour,

Merci pour le commentaire et le lien.

Ben oui, un pesticide est un pesticide. Cela dit, "n = 7", c'est un peu léger.
H
Ah et en parlant de mes syrphides et bourdons de terre, j'ai zappé un point important de l'article ci dessus. Non les abeilles ne sont pas en diminution et non elles ne sont pas indispensables à tous les agriculteurs. Il est regrettable de constater que même les professionnels du monde agricole finissent par y croire. La grande majorité des plantes qui nous nourrissent n'ont rien à faire des insectes. Le blé, le riz, le sorgho, l'avoine n'en ont pas besoin. Le blé présente même un intéressant phénomène d'autofécondation, la fleur étant encore fermée, cela s'appelle cleistogamie. Beaucoup d'autres graminées qui nourrissent le bétail n'ont pas besoin des insectes. La vigne si importante en France non plus. D'autres plantes ne dépendent que très partiellement des insectes pollinisateurs (colza + ou - 20% selon les variétés, ok pour celui qui fait du colza, je reconnais que ce n'est pas rien). Un grand nombre de plantes sont récoltés pour être consommées avant d'être en fleurs, betteraves, oignons, salades, choux, donc la pollinisation de ces plantes est uniquement une question pour les semenciers qui n'ont visiblement aucun souci dans ce domaine. Les semenciers sont des pros qui travaillent avec des apiculteurs professionnels. Les apiculteurs professionnels protègent, soignent, abreuvent et nourrissent leurs abeilles et donc ont très peu de pertes contrairement aux amateurs qui laissent "faire la nature" et s'étonnent des pertes énormes. Idem pour des plantes racines comme les pommes de terre, la patate douce etc, seuls les semenciers ont un intérêt à s'occuper des fleurs et uniquement pour créer de nouvelles variétés. Pour les 10-15% de plantes qui ont besoin d'une fécondation par les insectes avant de produire un fruit ou un légume consommable, pas d'inquiétude non plus. Des plantes comme le dattier sont fécondés artificiellement depuis au moins les mésopotamiens car la fécondation naturelle est médiocre. Aujourd'hui cela ne se fait plus à la main mais avec des nacelles à pulvérisateur à pollen. Les pulvérisateurs à pollen sont également bien adaptés à la culture du kiwi où ils sont désormais souvent préférés par rapport aux ruches notamment en Nouvelle Zélande. Ok, pour bien des fruitiers, en raison des spécificités de chaque pollen, cela ne fonctionne pas encore mais des recherches sont en cours. De nouvelles variétés autofécondes ont été mises au point par exemple pour les cucurbitacées et le génie génétique a dans ses cartons toutes les solutions. Quand aux merveilleux insecticides bio, (car rappelons le, le bio utilise également des produits phyto dits naturels...) prenez par exemple le pyrèthre, insecticide naturel homologué en bio. Essayez un coup de pschitt sur une abeille, vous allez voir si elle fait la différence avec un insecticide de synthèse ! Mais bien sûr, pour les fanatiques écolos, tuer des abeilles avec un produit dit "naturel" ne pose aucun problème. Et pour conclure, qu'on arrête de dire que les insectes sont indispensables à l'humanité, en agriculture ou en élevage, au minimum 90 % des insectes sont des calamités, soit en tant que ravageurs, soit en temps que porteurs de virus, bactéries ou parasites pathogènes les plus divers attaquant pêle-mêle les plantes, les animaux, les humains !
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H
A partir des années 1990, j'ai eu pendant 25 ans un vaste potager et verger dans le sud de l'Essonne. C'est l'époque où la "crise des abeilles" a commencé. A l'époque on ne glapissait pas contre les pesticides mais on ne savait pas très bien ce que c'était (en fait principalement le varroa). Comme je portais une grosse attention à la pollinisation de mes fruitiers, c'est là que j'ai commencé à faire des progrès en entomologie. J'ai notamment découvert les syrphides, des mouches déguisées en abeilles ou en guêpes qui sont des pollinisatrices remarquables et malheureusement peu connues. C'est également l'époque où j'ai découvert le "bourdon de terre". J'en avais systématiquement sous des tas de compost. Un très bon pollinisateur également. Bref, mes fruitiers n'ont jamais souffert d'un manque de pollinisateurs. Et précision, autour de chez moi il y avait de la "grande culture" régulièrement traitée, et je traitais moi même de temps en temps (pas n'importe quand bien sûr et de façon raisonnée). Cela n'a jamais affecté ni les différentes espèces de syrphides, ni les bourdons de terre. Dans les années 2000 les abeilles sont revenues et syrphides et bourdons de terre ont décliné. Concurrence je pense ?
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