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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La conférence des Nations Unies sur la biodiversité jette les bases de solutions fondées sur la nature pour lutter contre la disparition des espèces et le changement climatique

10 Novembre 2021 Publié dans #Divers

La conférence des Nations Unies sur la biodiversité jette les bases de solutions fondées sur la nature pour lutter contre la disparition des espèces et le changement climatique

 

Pablo Orozco*

 

 

Image : Une seule étoile de mer bleue sur un récif corallien mort. Photo : Shutterstock/Richard Whitcombe

 

 

Alors que la COP26 se poursuit à Glasgow, ceux qui ont participé à la récente conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP15) exhortent les délégués à examiner comment la perte de biodiversité est interconnectée avec le changement climatique.

 

La Conférence des Nations Unies sur la biodiversité a clairement indiqué que le monde connaît une perte d'espèces à un rythme alarmant et que l'effondrement des écosystèmes qui s'ensuivra sera une catastrophe pour les humains et la planète. Il est urgent de prendre des mesures pour y mettre fin.

 

« Nous sommes en train de perdre notre guerre suicidaire contre la nature », a déclaré le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors de l'ouverture de l'événement. Il a rappelé aux quelque 5.400 délégués présents virtuellement ou en personne que la catastrophe actuelle de la biosphère provoquée par l'homme aura le plus grand impact sur certains des pays les plus pauvres et les plus endettés. « La COP15 est notre chance d'appeler à un cessez-le-feu ».

 

« Aujourd'hui, plus que jamais, nous assistons à une profonde prise de conscience des urgences interconnectées en matière de biodiversité, de climat et de santé auxquelles nous sommes confrontés », a déclaré Mme Elizabeth Mauna Mrema, secrétaire exécutive de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).

 

Virginijus Sinkevičius, commissaire de l'Union Européenne chargé de l'environnement, des océans et de la pêche, a abondé. « La nature subit une pression sans précédent. Il est temps de s'attaquer à la crise de la biodiversité avec la même urgence qu'à la crise climatique. Ces deux crises sont en fait les deux faces d'une même médaille ».

 

Les deux problèmes partagent plus qu'une simple urgence, selon un récent rapport. Les scientifiques estiment que l'humanité ne peut pas s'attaquer efficacement à l'un sans l'autre.

 

La question est maintenant de savoir comment tracer la voie à suivre et faire en sorte que les objectifs soient atteints. À cette fin, les parties à la COP15 ont adopté la « déclaration de Kunming », qui appelle à l'élaboration, à l'adoption et à la mise en œuvre d'un cadre mondial efficace pour la biodiversité après 2020. L'objectif est « de renverser l’appauvrissement actuel de la diversité biologique et de placer la diversité biologique sur la voie du rétablissement d’ici à 2030 au plus tard, en vue de la réalisation complète de la Vision 2050 de "Vivre en harmonie avec la nature" »

 

Les détails, y compris un consensus sur les objectifs et une stratégie pour galvaniser les gens et les gouvernements à l'action, devraient être abordés au cours de la deuxième partie de la COP15, prévue en avril-mai 2022. Le cadre offre une rare chance de tracer un nouveau plan d'action pour la décennie à venir, ce qui accroît l'importance de ce prochain cycle de négociations.

 

Mme Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques (IPBES), a résumé succinctement les enjeux en qualifiant la COP15 de « chance unique et essentielle pour les décideurs mondiaux d'utiliser les preuves et l'expertise qui ont été si largement partagées pour s'attaquer aux facteurs directs et indirects de la perte de biodiversité – pour les Personnes et pour la Nature. C'est là que la science doit devenir une politique et une action ambitieuses ».

 

Il était donc tout à fait approprié qu'un message d'espoir émerge des scientifiques et des universitaires participant à la COP15.

 

« Nous n'avons jamais été aussi bien équipés en connaissances et en outils pour relever ces défis », a déclaré un porte-parole du Consortium des Partenaires Scientifiques sur la Biodiversité (CSP). « Au cours de cette pandémie [de COVID-19], nous avons été témoins du rôle essentiel que la science peut jouer dans la lutte contre les menaces mondiales lorsque nous établissons des priorités et investissons dans la recherche. »

 

La déclaration du CSP a jeté les bases du rôle de la science dans la deuxième partie de la COP15 : identifier les problèmes et trouver des solutions à la hauteur de l'ampleur des défis auxquels l'humanité est confrontée.

 

« Le CSP, ainsi que la communauté scientifique au sens large, sont à la pointe de l'innovation, de la créativité et de la découverte. Nous détenons un énorme potentiel lorsqu'il s'agit de permettre un changement transformateur dans la relation de l'humanité avec la nature et d'accélérer les progrès vers l'Agenda 2030. Nos institutions sont expertes dans la production, la conservation et la communication de la science avec et pour le public, en faisant participer tous les niveaux de la société et en transformant les gens en scientifiques citoyens actifs investis dans les résultats. »

 

Cette approche permet d'utiliser les innovations dans le domaine des biotechnologies et d'autres technologies, qui reposent sur des années de recherche, dans le cadre d'efforts continus visant à transformer de manière significative la lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité. La biotechnologie et ses produits sont utilisés de manière sûre et efficace depuis 25 ans, sans qu'il soit prouvé qu'ils aient des effets négatifs sur la biodiversité ou la santé humaine.

 

Comme l'a souligné le représentant du CSP, « Nous devons maintenant mobiliser et permettre à la communauté scientifique de réaliser tout son potentiel pour faire évoluer le monde vers un avenir durable, résilient et inclusif pour les générations futures. »

 

L'Alliance pour la Science a développé des activités de diplomatie scientifique qui favorisent l'engagement du public envers la COP15 et continuera à promouvoir une large participation. En outre, l'AfS a soumis un engagement en faveur de la biodiversité et encouragera d'autres personnes à s'engager, à s'impliquer et à s'exprimer afin de garantir que la science ne soit pas laissée à la porte de la COP15.

 

_______________

 

* Source : UN Biodiversity Conference lays groundwork for nature-based solutions to species loss and climate change - Alliance for Science (cornell.edu)

 

 

Ma note :

 

1. « Nous sommes en train de perdre notre guerre suicidaire contre la nature » ? M. António Guterres – à mon sens très mal inspiré ou conseillé – est un adepte des annonces de l'apocalypse, ici biologique.

 

En l'occurrence il voulait sans doute dire que nous sommes en train de gagner la guerre suicidaire, et donc nous suicider.

 

2. Voici le paragraphe opérationnel 2 de la Déclaration de Kunming :

 

« 2. Soutenir, selon qu’il convient, l’élaboration, l’adoption et l’application d’un plan de mise en œuvre efficace et d’un plan de renforcement des capacités pour le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques pour l’après-2020 ».

 

Tout est dans le mot « efficace » : promouvant ou freinant l'utilisation des organismes génétiquement modifiés d'intérêt...

 

 

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