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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Rencontre avec un chercheur travaillant avec CRISPR sur des plantes

22 Octobre 2021 Publié dans #CRISPR, #NGT

Rencontre avec un chercheur travaillant avec CRISPR sur des plantes

 

Alliance Cornell pour la Science*

 

 

Image : Illustration 3D de l'hélice d'ADN. Shutterstock/Yurchanka Siarhei

 

 

Bonne journée mondiale CRISPR ! Voici Nicholas Karavolias, doctorant à l'Université de Californie, Berkeley, dans le département de biologie végétale et microbienne. Il travaille à l'Innovative Genomics Institute où il utilise CRISPR/Cas dans ses recherches.

 

 

Qu'est-ce qui vous passionne dans CRISPR ?

 

Tellement de choses !

 

Je pense que la technologie CRISPR/Cas nous donne [aux chercheurs] un énorme atout pour explorer les gènes de manière précise et efficace. La possibilité d'utiliser CRISPR/Cas9 comme outil de recherche a facilité l'expansion rapide de notre compréhension fondamentale de la biologie végétale et continuera à le faire.

 

Je pense que CRISPR est aussi une seconde chance pour la biotechnologie végétale. Les technologies puissantes qui ont précédé l'édition de gènes ont été mal considérées par le public. Le verdict n'a pas encore été rendu quant à savoir si le monde est prêt pour les plantes CRISPR, mais il semble que la tendance soit favorable. Je peux imaginer que de nombreuses cultures CRISPR arriveront un jour dans l'assiette des gens. Des cultures qui tiennent compte du climat, qui sont plus nutritives, plus délicieuses...

 

 

Pourquoi êtes-vous devenu un chercheur en biologie végétale ?

 

Mon intérêt pour les plantes a commencé quand j'étais jeune. Quand j'avais 6 ans, peut-être, mon père plantait des tomates dans notre jardin et me montrait les graines d'où émergeaient ses petites plants. J'aimais l'idée que quelque chose d'aussi minuscule puisse devenir une grande plante portant des fruits. Ce soir-là, au dîner, nous avons mangé des saucisses qui contenaient des grains de poivre noir entiers. Ma mère m'a regardé ôter les grains de poivre et les mettre de côté dans mon assiette, puis elle m'a vu les semer dans le jardin en espérant faire pousser le tout premier plant de saucisse. Le lendemain matin, j'étais si excité de trouver des saucisses attachées à des plants de concombres, et un papa très content de lui.

 

Tout cela pour dire que j'ai toujours été curieux des plantes, en particulier de celles qui nous fournissent de la nourriture. Mes grands-parents étaient agriculteurs à Chypre et mes parents tiennent un restaurant de repas à emporter. D'une certaine manière, mes recherches en biologie végétale ne sont qu'une autre façon de perpétuer la tradition de ma famille dans le domaine de l'alimentation et de l'agriculture.

 

Quel est l'objet de vos recherches actuelles ?

 

J'étudie le développement et la physiologie des stomates chez le riz. J'utilise CRISPR/Cas et d'autres outils génétiques pour comprendre les gènes qui régulent le développement et le fonctionnement des stomates. Une meilleure compréhension des gènes qui sous-tendent les stomates peut permettre le développement de variétés de riz capables de conserver l'eau et de résister à la sécheresse sans perte de rendement. Mon travail comprend du temps passé à la paillasse en laboratoire, en serre et parfois même sur le terrain.

 

 

Quelles sont les perceptions erronées que les gens ont des scientifiques travaillant avec des outils biotechnologiques comme CRISPR ?

 

Je pense qu'il existe une idée fausse selon laquelle les scientifiques qui travaillent avec des technologies avancées comme CRISPR/Cas sont des représentants d'entreprises qui cherchent à faire le plus gros bénéfice possible sur le dos des petits agriculteurs. Cela peut s'expliquer par le fait que les grandes entreprises agricoles ont été au centre des conversations sur la biotechnologie, mais elles ne représentent pas tous les scientifiques qui travaillent avec des outils biotechnologiques. Je pense que beaucoup de gens seraient également surpris d'apprendre combien d'agriculteurs de toutes les Nations et de toutes les catégories démographiques sont favorables à l'utilisation de CRISPR.

 

Il y a beaucoup de gens – scientifiques et agriculteurs – qui sont sincèrement investis dans la poursuite des applications de CRISPR qui favorisent l'équité, la durabilité environnementale et le bien-être en général.

 

 

Si vous pouviez utiliser CRISPR pour faire quelque chose pour l'humanité, ce serait quoi ?

 

Je ne pense pas que cela dépende vraiment de moi ! Je pense que l'humanité doit décider elle-même de ce qu'elle veut faire avec CRISPR. Je pense qu'avant tout, je suis motivé par la démocratisation et la distribution équitable de cette technologie révolutionnaire afin de maximiser la portée et le bien que CRISPR/Cas peut réaliser. J'aimerais voir une utilisation généralisée de CRISPR/Cas pour rationaliser les réformes agricoles locales et systémiques. Bien sûr, c'est beaucoup demander, mais on peut rêver !

 

 

Quand vous n'êtes pas au laboratoire, que faites-vous ?

 

J'aime vraiment m'occuper en profitant de tout ce que la région de la baie de San Francisco a à offrir. Je fais du patin à roulettes, de la danse, de la course à pied, de la randonnée, des sorties sac au dos, je lis beaucoup de romans, je passe du temps avec mes amis et je fais de la pâtisserie.

 

 

OK, dernière question amusante : quel serait votre trait frivole préféré à éditer dans une culture ?

 

Hmmm. Eh bien, vous savez quand vous mangez beaucoup d'ananas et que votre langue commence à brûler ? Je pense que j'essaierais de me débarrasser de cette caractéristique dans les ananas. Non pas que cela m'ait jamais ralenti, mais j'apprécierais une expérience moins douloureuse de l'ananas.

 

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* Source : Meet a CRISPR crop scientist on World CRISPR Day - Alliance for Science (cornell.edu)

 

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