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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

MacLesggy « recadré par le CNRS » ? Quelle blague et quel flot de haine !

7 Octobre 2021 Publié dans #critique de l'information, #Activisme

MacLesggy « recadré par le CNRS » ? Quelle blague et quel flot de haine !

 

 

(Source)

 

 

19 septembre 2020: le village de Valleraugue (Gard) est ravagé par un épisode cévenol

 

Prenons l'affaire dans l'ordre chronologique.

 

Le 21 septembre... 2020, il y a donc plus d'un an, M. Olivier Lesgourgues, alias MacLesggy, taulier de l'émission de vulgarisation scientifique E = M6, a posté un gazouillis affirmant qu'il n'y avait aucune preuve que le réchauffement climatique amplifiait les épisodes cévenols (des pluies diluviennes qui s'abattent sur le sud de la France en automne en raison de la différence de température entre la mer Méditerranée, encore chaude, et les terres qui se sont refroidies dans un régimé météorologique favorable à la remontée des masses d'air chaudes et humides).

 

Notons qu'il répond – dans la limite des 280 caractères de Twitter – à M. Adrien Quatennens, qui a affirmé péremptoirement – également dans la limite des 280 caractères : « Ces phénomènes sont directement liés au changement climatique ».

 

 

(Source)

 

 

Cela donna lieu à des échanges polis (et quelques autres), à la suite desquels MacLesggy a rapidement rectifié le tir (plus ou moins) en plusieurs étapes. Voici deux gazouillis importants :

 

 

(Source et source – et source du graphique)

 

 

30 septembre 2021 : le CNRS publie une bande dessinée

 

En collaboration avec le site Bonpote, des communicants du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) se sont donné pour mission de nous éclairer : « Les inondations sont-elles liées au changement climatique ? » en faisant appel à Mme Florence Habets, directrice de recherche en hydrométéorologie et professeure à l’École Normale Supérieure (ENS) – PSL.

 

Voici le début de l'introduction :

 

« Rhénanie, Grand Est, Wallonie, Luxembourg ... En Juillet 2021, les images des inondations se succèdent sur nos écrans. Pour certains, elles ont rendu le changement climatique plus perceptible. Mais d'autres n'y ont vu qu'une succession d'événements quasi ordinaires.

 

Pour tordre le cou aux plus tenaces des idées reçues sur le climat, l'Insu s’est associé au site Bonpote.com. Chaque idée reçue fait l’objet d’un article, écrit à plusieurs mains avec les scientifiques les plus pointus du domaine, et publié sur Bonpote. Chaque article est ensuite résumé en sketchnote sur notre site. »

 

La « sketchnote » de l'article publié le 14 septembre 2021 sur Bonpote comprend un volet « inondations vs fake news » qui cite... MacLesggy :

 

 

 

 

On peut légitimement s'interroger sur l'honnêteté, même intellectuelle, de cette vignette. Est-il vrai que la « désinformation » est « une des principales causes de l'inaction » ? Manifestement, on n'est plus dans la vulgarisation scientifique, mais dans l'expression d'opinion pour déboucher in fine sur le politique niveau Café du Commerce ou harangue de campagne électorale : « L'injustice climatique se constate dans tous les pays du monde. »

 

L'accroche de cette bande dessinée était les intempéries et inondations de juillet 2021 en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg. Mais les auteurs ont choisi une autre approche, sachant sans aucun doute qu'ils allaient s'attaquer à une icône de la vulgarisation.

 

L'argument, au final, se réduit au constat que le gazouillis d'origine de MacLesggy a été beaucoup plus répercuté que les gazouillis suivants de correction.

 

 

5 octobre 2021 : sur France Inter, Mme Sonia Devillers trouve que MacLesggy a été recadré par le CNRS

 

« Mac Lesggy, le CNRS et Volvo », tel est le titre d'une séquence audio de 2 minutes retranscrite verbatim.

 

C'est une attaque ad hominem, en dessous de la ceinture, fondamentalement haineuse. MacLesggy est en effet aux antipodes des positions abondamment promues sur le service public que nous payons par nos impôts et redevances :

 

« Pas de quoi ébranler Mac Lesggy dans ses convictions, d’abord parce que l’inlassable défenseur du progrès est lui-même ingénieur agronome de formation, ensuite, il fait parler des scientifiques – même si le casting est parfois contesté – dans ses émissions.

 

Sur Twitter, l’animateur ferraille contre le principe de précaution, la nouvelle religion de "l’écologisme" et cette méfiance grandissante à l’égard de la science qu’il qualifie de "danger obscurantiste". Pesticide, OGM, nucléaire, il monte au front sur tous les sujets.

 

Ne prenez pas cela pour des louanges, ce qu'autorise une lecture de l'extrait sorti de son contexte. C'est, en partie, ce qui lui est reproché (l'autre partie est que « Mac Lesggy assume tous ses partenariats » et «  signe par exemple le nouveau podcast de Volvo qui consiste à expliquer aux enfants le comment du pourquoi les voitures polluent… ou pas »).

 

On notera avec une bonne dose d'incrédulité que, pour Mme Sonia Devillers et France Inter, ferrailler contre « cette méfiance grandissante à l’égard de la science », ce n'est pas bien...

 

Mme Sonia Devillers ne manque pas de renvoyer aussi aux critiques dont l'émission E = M6 sur l'agriculture avait fait l'objet. MacLesggy aurait été « rattrapé par la patrouille ».

 

Quelle patrouille ! Nous avons produit des démontages des « critiques » (voir notamment «" e = m6 Spécial agriculture" : vite, un Saint-Office, un tribunal de l'Inquisition pour assurer l'exclusivité à la "science écologiste" » et « "e = m6 Spécial agriculture" : une critique somme toute plaisante sur Arrêt sur Images, un éreintement malodorant chez UFC-Que Choisir ».

 

Rappelons que la tribune publiée dans le Monde était essentiellement un appel à museler des chercheurs qui « ne pensent pas bien », de la bonne censure orwellienne.

 

 

Et depuis ? La meute s'est mise en chasse

 

 

(Source)

 

 

À l'évidence, Mme Sonia Devillers a pris ses désirs pour des réalités et s'est laissé aller à ses mauvais penchants.

 

Le CNRS ? Du reste celui des désinformateurs en activité ou retraite sur la Covid-19 et les vaccins qu'il a fallu bousculer pour recadrer un directeur de recherche (c'était notre séquence « déshonneur par association ») ?

 

Non. La chose dont on cause est le fruit pourri d'une obscure officine ayant mis en image des renseignements fournis à Bonpote...

 

Il est ironique que la désinformation de Mme Sonia Devillers – et de France Inter –, « dûment » relayée, notamment par la « patrouille » est en train de s'approcher en popularité au premier gazouillis de MacLesggy.

 

Mais il y a aussi quelques commentaires saignants sur la chronique de Mme Sonia Devillers. En voici un :

 

 

(Source)

 

 

Nous n'avons pas fait de recherches détaillées. Mais il y a eu des applaudissements, directs et en retweet...

 

 

(Source)

 

 

Le contributeur d'un mémorable «Envoyé Spécial » sur le glyphosate ? Un co-auteur de « Les Gardiens de la Raison » ? Ce dernier répercuté par l'auteure de la bouse de Que Choisir ?

 

Laissons le dernier mot à MacLesggy :

 

 

(Source)

 

 

Ajout de 16h30

 

Nous suggérons à Mme Sonia Devillers et à France Inter de demander au "CNRS" de produire une nouvelle sketchnote pour leur permettre de faire une nouvelle chronique sur le "recadrage" de Météo France et de FranceTVInfo.

 

Enfin, tout de même ! Ils ont blasphémé !

 

 

 

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H
Comment faire croire aux gens qu'il y a plus d'événements climatiques extrêmes aujourd'hui qu'hier ? La recette est extrêmement simple... Les bases de données officielles sur lesquelles fonctionnent le GIEC et tous ses relais catastrophistes ont toutes été renseignées à partir des années 1980 et leur alimentation s'est amplifiée progressivement quand les bilans officiels sont devenus plus communs, car sans bilan officiel c'est "Zéro" événement dans la base de données qui ne fonctionne qu'avec de "l'officiel" dument estampillé. La subtilité consiste à faire ensuite démarrer officiellement la base de données en 1900. Bien entendu comme avant 2000, c'est plus ou moins bien renseigné et qu'avant 1980, il n'y a presque rien, et bien les courbes sont évidemment affolantes. Pour revenir au réel, il suffit d'égrener les prétendus listings événementiels (vides ou quasi vides) de ces bases de données pour se rendre compte de l'énormité de l'escroquerie. Tout simplement, près de nous, la canicule de 1976 n'a fait l'objet d'aucun bilan à l'époque et donc n'existe pas dans les bases de données. Les bilans ultérieurs qui oscillent autour de 12 à 16 000 morts ne sont pas "officiels" et n'ont donc jamais été pris en compte. Je conseille d'aller faire un tour sur la très officielle base des événements climatiques extrêmes de l'Université de Louvain avec laquelle travaille le GIEC. Si vous n'êtes pas historien, prenez en parallèle le site de Guillaume Séchet qui n'est pas seulement météorologue mais également un remarquable historien du climat pour ces 170 dernières années et comparez tout simplement les 2 sites : https://www.meteo-paris.com/chronique. Mais bien sûr tout ce qu'il y a sur ce site de reconstitution historique de Guillaume Séchet ne sera jamais pris en compte comme des "événements extrêmes" puisqu'il n'y a jamais eu de bilans officiels ! C'est tout simplement stupéfiant tellement c'est ENORME.
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U
MacLesggy a parfaitement raison. De tels événements ont toujours eu lieu et l'histoire est formelle.
Se sont-ils amplifiés ? C'est difficile à dire. Vautard montre une courbe qui montre que ces épisodes seraient 20% plus intenses sur les 30 dernières années que sur les 30 précédentes, ce qui représente un échantillonage réduit dans le temps et une amplitude assez modeste.
Aucun média n'a titré "20% plus intenses" et pour cause.
Pour illustration, voir :
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5a/Bambouseraie_de_Prafrance_20100904_036.jpg
qui montre une crue particulièrement intense en ... 1958 !
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