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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Consultation sur la législation « OGM-NGT » : l'avis de l'UGPBAN

23 Octobre 2021 Publié dans #CRISPR, #NGT, #Union européenne

Consultation sur la législation « OGM-NGT » : l'avis de l'UGPBAN

 

Les producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique

 

 

 

 

La Commission Européenne a organisé une consultation sur la « législation applicable aux végétaux produits à l’aide de certaines nouvelles techniques génomiques » qui s'est close le 22 octobre 2021.

 

Voici le résumé des propositions ou intentions de la Commission :

 

« Cette initiative vise à proposer un cadre juridique applicable aux plantes obtenues par mutagénèse ciblée et par cisgénèse ainsi qu’aux produits destinés à l’alimentation humaine et animale qui contiennent de telles plantes. Elle se fonde sur les conclusions d’une étude de la Commission concernant les nouvelles techniques génomiques.

 

L’objectif est de maintenir un niveau élevé de protection de la santé humaine et animale ainsi que de l’environnement, de permettre l’innovation dans le système agroalimentaire et de contribuer aux objectifs du pacte vert pour l’Europe et de la stratégie "De la ferme à la table".

 

Dans le flot continu de « contributions » prémâchées est apparue celle de l'Union des Groupements de Producteurs de Bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBAN).

 

Elle mérite toute notre attention.

 

 

Contribution des producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique à la consultation de la Commission européenne sur la législation applicable aux végétaux produits à l’aide de certaines nouvelles techniques génomiques (NGT)

 

 

L’objet de cette contribution est d’apporter la position des producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique s’agissant de l’initiative de la Commission sur la législation applicable aux végétaux produits à l’aide de certaines nouvelles techniques génomiques (NGT).

 

Les NGT sont aujourd’hui la seule solution pour lutter contre la maladie de la cercosporiose noire, une maladie foliaire du bananier classée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) comme l’une des plus ravageuses au monde.

 

Pour lutter efficacement contre la maladie et éviter la contagion rapide et mortelle des plantations de bananes, partout dans le monde des traitements immédiats par voie aérienne sont utilisés. Toutefois, en 2014, l’UE a décidé d’interdire les traitements par voie aérienne puis, graduellement, l’essentiel des molécules antifongiques nécessaires à l’élimination du champignon responsable de la cercosporiose noire.

 

Les producteurs européens de bananes se retrouvent aujourd’hui dans une double impasse : d’un côté une absence toujours plus forte des molécules fongicides nécessaires à l’endiguement de la maladie et la suppression des moyens de traitement, et de l’autre une maladie destructrice qui s’installe et gagne en agressivité.

 

En effet, la cercosporiose noire est présente partout aux Antilles : 100% des bananiers sont touchés par ce champignon qui progresse de façon exponentielle. Le graphique ci-dessous montre la progression de la pression de la cercosporiose noire entre 2017 et 2021 qui s’est particulièrement accrue en 2020 :

 

 

 

 

En l’absence d’autres solutions, les producteurs de Guadeloupe et de Martinique, tentent de faire face à la propagation de cette maladie avec les seuls moyens, couteux et inefficaces, qui restent à leur disposition. Au début de l’année 2021, plus de 20% des tonnages récoltés ne sont plus commercialisés pour avoir été écartés soit au départ soit à l’arrivée à cause de la cercosporiose noire. Cette situation ne peut conduire, à terme, qu’à une disparition de la filière.

 

Cette réalité est d’autant plus mal vécue par les producteurs européens que l’UE exonère de ces obligations réglementaires les pays tiers producteurs de bananes, libres d’utiliser l’ensemble des moyens existants de lutte contre la cercosporiose noire sans jamais rencontrer de barrière à l’entrée du marché européen.

 

Cette situation de discrimination serait considérablement aggravée par la capacité des producteurs de bananes des pays tiers à commercialiser des nouvelles variétés de bananes résistantes issues des NGT sur le marché européen, si la production de bananes européennes n’y était pas elle aussi autorisée.

 

De surcroît, les bananes NGT issues des pays tiers pourraient être labellisées bio, car elles permettraient effectivement de ne pas utiliser de pesticides. Comment la banane européenne, démunie de tout moyen de lutte, pourrait-elle continuer à être commercialement attractive si l’ensemble de la production mondiale pouvait labelliser sa production en bio, sans pour autant respecter les normes applicables aux producteurs de l’UE ?

 

La variété Cavendish, qui représente environ 50% de la production mondiale et la quasi-totalité des bananes importées dans l'UE, est une variété triploïde donc stérile. Ainsi, il n'est pas possible de l'améliorer par les techniques traditionnelles de croisement. Les NGT sont aujourd’hui la seule solution d'amélioration de la Cavendish pour qu'elle puisse résister aux bioagresseurs tels que la cercosporiose noire.

 

L’évolution de la réglementation européenne nous parait donc absolument indispensable.

 

Actuellement, le principal fournisseur de vitroplants en Guadeloupe et Martinique nous indique que ses partenaires israéliens sont en train de finaliser une variété issue des NGT résistante à la cercosporiose noire. Déjà testées en Colombie, ces nouvelles bananes ont montré leur résistance à la cercosporiose noire. Leur commercialisation est prévue au niveau mondial au cours de l’année 2024.

 

La remontée de la production de la filière antillaise sur ses niveaux historiques est donc possible si cette nouvelle variété est autorisée à la production et à la commercialisation sur le territoire européen. Après des efforts considérables réalisés par la filière européenne en Guadeloupe et en Martinique pour la réduction des usages de produits phytosanitaires, l’arrivée des NGT permet d’envisager avec un haut niveau de certitude la conversion de la production en agriculture biologique aux normes européennes. Il s’agit, pour nous, du seul moyen d’atteindre les objectifs des stratégies Farm to Fork et Biodiversity de la Commission.

 

En revanche, compte-tenu des conditions particulières de l’agriculture en milieu tropical humide, l’interdiction de ces nouvelles techniques en Europe menacerait gravement l’existence même d’une production de bananes aux Antilles françaises.

 

C’est la raison pour laquelle, les producteurs de Guadeloupe et de Martinique demandent expressément à la Commission d’autoriser le plus rapidement possible le déploiement de plants de bananes issues des NGT.

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M
Bonjour, et quand pensent nos chers bobos écolos et les journaleux ? Encore de bons jours pour les autres pays non Européens de nous envoyer leurs bananes ! Et mettre à genoux nos producteurs.
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