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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Élections en Allemage : le supplice du choix – pour quel parti voter ?

19 Septembre 2021 Publié dans #Politique

Élections en Allemage : le supplice du choix – pour quel parti voter ?

 

Willi l'agriculteur*

 

 

 

 

J'ai rarement trouvé l'expression « die Qual der Wahl », le supplice ou l'embarras du choix, aussi appropriée qu'elle ne l'est pour les prochaines élections fédérales. Aujourd'hui encore, près de deux semaines avant le jour des élections, le 26 septembre, je ne sais toujours pas pour quel parti je vais voter. Comme je serai au bureau de vote pendant la moitié de la journée en tant qu'agent électoral, je peux y réfléchir pendant quelques jours encore.

 

D'autres ont déjà pris leur décision. Dans notre commune, la proportion de votants par correspondance était d'un peu plus de 40  % à la fin de la semaine dernière ! Le pourcentage augmentera dans les prochains jours, établissant un nouveau record.

 

 

Pourquoi cette élection est différente

 

Après 16 ans, Angela Merkel ne se représente pas. Ni en tant que Chancelière, ni à aucune autre fonction. Elle ne peut pas être réélue. Mais les gens fuient le changement parce qu'il est associé à l'incertitude. Les gens font confiance à ce qui a été testé et éprouvé, à ce qu'ils connaissent. Cette incertitude s'exprime également dans les résultats des sondages qui évoluent incroyablement vite : Alors que la CDU dépassait encore largement les 30 % il y a quelques mois, elle ne devrait plus obtenir que 20 %. C'est l'inverse pour le SPD : il y a quelques semaines, il était encore considéré comme le grand perdant, mais aujourd'hui il serait passé de 15 à 25 %. Les Verts ont plus que jamais perdu la faveur des électeurs. Mais le pic de plus de 25 % n'a de toute façon été que de courte durée.

 

Ces énormes bouleversements en un temps très court n'ont jamais été observés auparavant dans la période d'après-guerre. Mais aussi, je n'ai jamais autant douté de la crédibilité de ces sondages. Il suffit de se rappeler les élections en Saxe-Anhalt : les prévisions annonçaient un coude à coude entre deux partis, mais à l'issue du scrutin, 17 % des voix les séparaient.

 

 

Le parti ou les gens ?

 

Que les gens façonnent une campagne électorale n'est pas nouveau. Je me trompe peut-être, mais j'ai l'impression que dans cette campagne électorale, ce ne sont pas tant les arguments qui comptent que les visages. C'est particulièrement frappant dans le cas du SPD, qui semble actuellement se composer uniquement d'Olaf Scholz. Il est omniprésent dans les émissions politiques, les autres représentants de ce parti apparaissant rarement. C'est probablement aussi parce que presque personne ne les connaît ou ne sait quelle ligne politique ils représentent. Il en va de même pour les Verts, car à part Annalena Baerbock, il n'y a tout au plus que Robert Habeck qui apparaisse en public. Les personnes ayant une expérience politique, comme Jürgen Trittin, Renate Künast et Anton Hofreiter, restent discrètement en retrait. Ils savent pourquoi. Au sein de la CDU/CSU, Armin Laschet est le candidat au poste de chancelier, mais le « soutien électoral » de Markus Söder et de la CSU est plutôt faible. Et il y a toujours des tirs croisés qui ne favorisent pas vraiment la confiance. Et on a suffisamment discuté de ce que peut faire un fou rire au mauvais endroit [capté par les caméras en marge d’un discours solennel du président de la République sur une zone sinistrée par les inondations en juillet dernier]. Mais en ce qui concerne les faux pas, les trois candidats traînent des casseroles.

 

 

L'influence des faiseurs d'opinion

 

Aujourd'hui, les faiseurs d'opinion ne sont pas seulement la presse écrite, la radio et la télévision, mais aussi de plus en plus les médias numériques (je m'abstiens délibérément d'utiliser le terme « médias sociaux »). Que ce soit sur Facebook, Twitter ou Instagram, l'influence s'exerce sur les différents canaux. Cela sera particulièrement important pour les jeunes électeurs, car ils sont plus faciles à atteindre par ces canaux que par les « vieux médias ».

 

 

Où est le contenu ?

 

Contrairement aux années précédentes, il n'y a pas vraiment d'enjeu majeur dans cette élection. Bien que les Verts aient déclaré que le climat était leur cheval de bataille dans la campagne électorale, cela n'est compris que par leur base électorale. Si vous étudiez les slogans sur les affiches et lisez qu'ils s'engagent pour des pensions sûres, des emplois stables ou des logements abordables, cela pourrait être le cas de presque tous les partis. Les nuances entre les partis sont si légères qu'elles ne permettent guère de prendre une décision électorale claire. Et même dans les émissions politiques de ces derniers jours, les présentateurs ne parviennent pas à faire ressortir des différences de contenu claires.

 

 

Qui défend l'agriculture ?

 

Ces dernières semaines, des non-agriculteurs m'ont souvent demandé quel parti défendait les agriculteurs et pour lequel je voterais. Je réponds que je ne voterai pas pour un candidat au poste de chancelier, mais pour le parti qui, à mon avis personnel, représente le mieux mes intérêts. Et par là, je veux dire l'ensemble du tableau, pas seulement l'aspect en tant qu'agriculteur ! Après tout, je suis aussi un citoyen normal.

 

S'il s'agissait uniquement d'agriculture, je répondrais clairement qu'aucun parti ne représente mes intérêts, mais que presque tous sont orientés vers le courant dominant, qui est principalement fixé par des organisations extérieures à l'agriculture. Par exemple, Greenpeace, BUND, Tierschutzbund et d'autres ONG similaires savent comment faire pression sur les gouvernements par des actions parfois spectaculaires. Une minorité bruyante traite avec condescendance la majorité silencieuse. Nous, agriculteurs, ne parvenons pas à leur opposer une réponse appropriée. Les politiciens de presque tous les partis tentent de nous rassurer avec des mots chaleureux, mais en réalité, ils élaborent des lois et des règlements qui sont dirigés contre l'agriculture – principalement conventionnelle.

 

 

Alors pour qui voter ?

 

Comme décrit ci-dessus, il n'y a aucun parti qui réponde à mes exigences. Le supplice du choix signifie choisir le moindre de deux maux. Je choisis donc la procédure d'exclusion. Je vois l'AfD comme le plus grand mal, incapable qu'il est de présenter un concept cohérent dans le domaine de l'agriculture ainsi que sur d'autres questions. Il en va de même pour le SPD, qui non seulement ne me convainc pas avec son manifeste électoral, mais a plutôt prouvé par son comportement antérieur dans diverses coalitions qu'il ne se soucie pas des agriculteurs. Jochen Flasbarth, qui était secrétaire d'État sous les ministres de l'environnement Barbara Hendricks et Svenja Schulze, l'a démontré à plusieurs reprises de manière particulièrement impressionnante. Le Parti de la Gauche (Linken) a une bonne experte en la personne de Kirsten Tackmann, mais sur le sujet de la propriété ou de la défense, ce parti a des vues qui sont inacceptables pour moi. Passons aux Verts : contrairement à leur prétention à promouvoir l'agriculture familiale, le manifeste électoral se lit tout autrement. Aucune exploitation familiale ne survivrait à l'« Agrarwende » (la transition agro-écologique) qu'ils propagent. Personnellement, je pense que Robert Habeck est intelligent et sympathique, mais il devrait s'imposer face à Renate Künast et Anton Hofreiter. Je considère que Mme Baerbock est ambitieuse, mais incapable de maintenir la stabilité économique de la République fédérale et de la représenter de manière crédible vis-à-vis du monde extérieur. Ou pouvez-vous imaginer une conversation les yeux dans les yeux entre Mme Baerbock et Poutine ou Erdogan ? Ou qu'elle explique à M. Bolsonaro que brûler la forêt tropicale est un sacrilège. Ce qui est incidemment le cas.

 

 

CDU ou FDP ?

 

J'hésite actuellement entre ces deux partis. Maintenant, je pourrais noter de nombreux aspects qui parlent tantôt pour l'un, tantôt pour l'autre. Que feriez-vous ? Et pourquoi ? Ou avez-vous un avis différent ?

 

P.S. : Soyons clairs : je voterai. Il est hors de question de ne pas voter.

 

____________

 

 

* Source : Die Qual der Wahl - was wählen? - Bauer Willi

 

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