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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Climat, GIEC, régimes alimentaires et viande – et médias et réseaux sociaux

8 Septembre 2021 Publié dans #Article scientifique

Climat, GIEC, régimes alimentaires et viande – et médias et réseaux sociaux

 

 

Voici, découpé pour faciliter la lecture, le résumé de « Controversy around climate change reports: a case study of Twitter responses to the 2019 IPCC report on land » (la controverse autour des rapports sur le changement climatique : une étude de cas des réponses sur Twitter au rapport de 2019 du GIEC sur les terres) de Mary Sanford, James Painter, Taha Yasseri et Jamie Lorimer, publié dans Climatic Change.

 

« En août 2019, le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat (GIEC) a publié son rapport spécial sur le changement climatique et les terres (SRCCL), qui a suscité un vaste débat sociétal et un intérêt dans les médias grand public et sur les réseaux sociaux.

 

À l'aide d'une analyse de texte computationnelle et conceptuelle, nous avons examiné plus de 6.000 messages en anglais sur Twitter pour établir la présence relative de différents sujets. Ensuite, nous avons évalué leur niveau de toxicité et la polarité du sentiment exprimé comme une indication de la contestation et de la controverse.

 

Nous constatons d'abord que la consommation de viande et les options alimentaires sont devenues l'un des sujets les plus discutés sur Twitter en réponse au rapport du GIEC, même s'il s'agissait d'un élément relativement mineur du rapport ; ensuite, ce nouveau sujet de controverse (la viande et l'alimentation) présentait des niveaux de toxicité élevés et similaires à ceux des sujets fortement controversés des précédents rapports du GIEC (le scepticisme à l'égard de la science du climat et la crédibilité du GIEC).

 

Nous suggérons que cela reflète en partie les récits de plus en plus polarisés sur la viande et l'alimentation que l'on retrouve dans d'autres domaines du débat public, ainsi que l'abandon de la critique de la science du climat au profit de la critique des solutions climatiques.

 

Enfin, nous discutons des implications possibles de ces résultats pour le travail du GIEC, qui doit anticiper les réactions à ses rapports et y répondre efficacement. »

 

 

 

 

Les auteurs ont aussi produit un petit florilège des gazouillis des apparatchiks du GIEC du 8 août 2019.

 

 

 

 

Notez en particulier le numéro 13 : le GIEC est-il compétent pour faire ce genre de prédiction ? Quel impact sur l'opinion publique et ceux qui la forment ?

 

Le résumé des réactions est donné dans le tableau suivant.

 

 

 

 

Les mots clés sont suivis du nombre de gazouillis, puis de la « toxicité » (mesurée sur une échelle de 0 à 1, avec l'écart-type entre parenthèses) et la « polarité » (de -1 à +1, soit de très négatif à très positif).

 

Les auteurs relèvent :

 

« Les scores de toxicité élevés ont tendance à être associés aux tweets d'individus. Ces tweets que l'on retrouve dans notre échantillon comprennent de gros jurons, des insultes personnelles mettant souvent en doute l'intelligence de l'auteur original (si les tweets sont postés en réponse à un autre), et des niveaux élevés d'autres formes d'incivilité. »

 

N'insistons pas...

 

Le petit florilège des titres et chapôs d'articles de la presse anglophone est également intéressant, car ils influencent de manière importante la perception du public sur les conclusions du GIEC.

 

 

 

 

Conclusion de la conclusion :

 

« Bien que le GIEC ait parcouru un long chemin depuis ses débuts en allouant davantage de ressources professionnelles à la communication de ses rapports et en s'adaptant à l'ère de la communication en ligne et des réseaux sociaux (Hickman 2015 ; Lynn 2018), il doit encore s'accommoder pleinement de la façon dont la technologie numérique modifie et façonne la discussion publique de leurs rapports d'une manière qui rend les solutions climatiques, en particulier, plus contestées et plus politisées, et il le fera à l'avenir. Dans ce contexte, comme le soutiennent Garcia et al. (2019), les organisations scientifiques doivent comprendre beaucoup mieux comment les réseaux sociaux font partie intégrante de la conversation sur la science, et bien que la communication scientifique sur ces plateformes soit beaucoup plus complexe que par le biais des médias traditionnels grand public, il existe des outils et des techniques pour capturer et analyser les conversations publiques afin de s'attaquer à cette complexité lorsqu'on s'adresse à des publics plus larges. La compréhension des campagnes de plaidoyer et de désinformation sur les réseaux sociaux (Benkler et al. 2018) et l'anticipation des réponses (négatives) probables basées sur une analyse préalable de la nature polarisante des questions de politique publique (Bright et al. 2014) devraient faire partie de l'approche. Le prochain cycle du groupe d'experts en communication du GIEC devrait se pencher sur la manière dont le GIEC peut le faire au mieux dans des délais et des budgets serrés et dans les limites de son mandat actuel de neutralité politique. »

 

Le « prochain cycle » ? On y est.

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