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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Pour l’agriculture française, François Bayrou a un plan-plan » de Mme Emmanuelle Ducros dans l'Opinion

21 Août 2021 Publié dans #Politique

« Pour l’agriculture française, François Bayrou a un plan-plan » de Mme Emmanuelle Ducros dans l'Opinion

 

Glané sur la toile 879

 

 

Cela fait quelque temps que je n'ai pas épluché la prose journalistique pour alimenter ce blog. Mais mieux vaut tard que jamais.

 

Voici donc, du 11 juillet 2021, « Pour l’agriculture française, François Bayrou a un plan-plan » de Mme Emmanuelle Ducros dans l'Opinion.

 

Un titre qui a le mérite d'être clair. En chapô :

 

« Quelques idées surgissent : le piégeage du carbone dans le sol, l’utilisation de protéagineux pour limiter les usages d’engrais, l’amélioration de la qualité agronomique des sols. Pour le reste… »

 

Le premier paragraphe plante le décor :

 

« Le haut-commissaire au Plan François Bayrou a rendu publique, vendredi 9 juillet, une note intitulée L’Agriculture, enjeu de reconquête. Elle sera proposée au Conseil économique, social et environnemental qui devra y ajouter ses observations. [...] »

 

L'analyse du document – téléchargeable à partir d'ici – a été réalisée avec le concours de M. Jean-Marie Séronie, agro-économiste et membre de l'Académie d'Agriculture de France dont il préside la section économie.

 

Nous n'entrerons pas dans l'analyse, que l'on lira sur site. Elle est, en résumé cinglante et, évidemment, pertinente.

 

La note se compose d'une introduction de 11 pages, d'un texte de cinq pages et de quatre annexes. Voici le début de la note :

 

« La France pense son identité et son destin, depuis des temps immémoriaux, liés à ses racines rurales et sa puissance agricole. Sully n'a pas quitté nos mémoires, qui rappelait à Henri IV "que le labourage et le pâturage étaient les deux mamelles dont la France était alimentée, et les vraies mines et trésors du Pérou." »

 

Plus loin, dans le texte :

 

« La cinquième crise est une crise psychologique extrêmement lourde. Les agriculteurs se vivaient jusque-là comme les connaisseurs, les familiers et les défenseurs de la nature. Toute une littérature en témoigne de George Sand à Maurice Genevoix ou Claude Michelet... Et brutalement, en fait ces dernières années, il se sont retrouvés ciblés, et présentés à bien des égards comme les ennemis de la nature. »

 

Ah, la belle littérature que voilà ! C'est relevé dans l'article de l'Opinion. On a échappé à Martine à la ferme, mais il y a aussi des références à des films récents censés – répétons : censés – faire l'éloge de l'agriculture et des agriculteurs.

 

M. Jean-Marie Séronie a ironisé. Il aurait pu ajouter, peut-être, qu'à l'heure de l'agriculture de conservation des sols la référence au labourage n'est pas des plus heureuses... L'article poursuit :

 

« "Et il y a quelques coups de pied de l’âne, ironise Jean-Marie Séronie. La liste des leaders du monde agricole qui ont conduit la précédente révolution des rendements – on parle là de la deuxième moitié du XXe siècle –, les Michel Debatisse et les Hubert Buchou sont oubliés de tous et loin d’incarner une vision du futur pour notre agriculture. N’y a-t-il pas des figures plus contemporaines dont on pourrait promouvoir les vues ?»

 

Par exemple le regretté Xavier Beulin, notamment auteur de « Notre agriculture est en danger: Ce qu'il faut faire ».

 

Selon M. François Bayrou, le Haut-Commissariat au Plan doit « identifier tous les problèmes vitaux du pays et proposer une stratégie ». Voici le modus operandi du HCP :

 

« Le Haut-Commissariat au Plan propose, dans une première phase, une réflexion autour de quatre axes particulièrement structurants :

 

I. Les forces et les faiblesses de la production agricole et agroalimentaire de la France, alors que celle-ci semble être fragilisée, voire menacée, comme le montre l'analyse des chiffres du commerce extérieur ;

 

Il. La situation sociale et économique de la population active agricole, dont la diminution, au-delà de la diversité des situations des agriculteurs, des formes d'exploitation comme des types d'agriculture, pose de manière urgente la question du renouvellement des générations ;

 

III. L'évolution prévisible des régimes et des comportements alimentaires, aux échelons national, européen ou mondial. Si la consommation alimentaire a longtemps été façonnée par l'offre de produits, la production agricole ne sera-t-elle pas demain, à l'heure de la globalisation des échanges et de l'individualisation croissante des consommations alimentaires, de plus en plus structurée en sens inverse par la demande ?

 

IV. Enfin, les conséquences du dérèglement climatique sur nos agricultures, contraintes de s'adapter mais pouvant également contribuer à l'atténuation du changement climatique et à la préservation de l'environnement.

 

***

 

Telles sont les analyses que le Haut-Commissariat au Plan mène grâce à l'appui et au concours des meilleurs spécialistes et praticiens. Les deux premières études, qui dressent un état des lieux approfondi et consolidé de l'agriculture en France, figurent en annexe sous forme de "notes complémentaires". Suivront prochainement les deux volets de la réflexion sur l'agriculture française qui présenteront au débat public une grille de compréhension des transformations qui la parcourent. » [Elles ont été incluses dans le document.]

 

En matière de stratégie, hormis les platitudes et les généralités, il n'y a rien dans la production examinée ici, au contraire de l'ouvrage de M. Xavier Beulin ; celui-ci peut largement servir de référence, peut-être avec quelques ajouts devenus nécessaires avec la passage du temps (il date de 2017).

 

Mais heureusement, les analyses du HCP sont menées « grâce à l'appui et au concours des meilleurs spécialistes et praticiens »...

 

Combien ça coûte, tout ça ?

 

 

 

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M
Ce "Monsieur Bayroux" n'a jamais rien fait de concret dans sa vie politique, si ce n'est d'être une girouette !
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