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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Ma maison se trouve dans un ancien champ de fraises. Et ça me rend un peu triste.

17 Août 2021 Publié dans #Divers

Ma maison se trouve dans un ancien champ de fraises. Et ça me rend un peu triste.

 

Amanda Zaluckyj*

 

 

 

 

J'étais petite quand nous avons perdu notre première ferme au profit de l'urbanisation. C'était un champ que nous avions loué à quelques kilomètres de la ferme familiale. Ce n'était pas la terre la plus productive, et certainement pas le plus grand champ. Mais nous étions tous bouleversés parce que c'était un vrai gâchis.

 

Nous l'avions nettoyé, nous l'avions entretenu et nous y avons investi pendant plusieurs années. Mais le propriétaire a pu obtenir plus d'argent en le vendant à un promoteur, et c'est ce qu'il a fait. Même après toutes ces années, chaque fois que je passe devant, je m'en souviens.

 

Mais l'urbanisation des terres agricoles est en fait assez courante.

 

Selon l'American Farmland Trust, les chiffres sont stupéfiants. Les nouveaux ensembles immobiliers se font sur des terres agricoles dans 62 % des cas. Entre 1992 et 2012, les États-Unis ont perdu près de 12,5 millions d'hectares de terres agricoles. Cela représente 70 hectares par heure, ou 1,2 hectare par minute. Pire encore, 4,5 millions de ces hectares faisaient partie des meilleures terres agricoles du pays, classées comme les plus productives, les plus polyvalentes et les plus résilientes.

 

Une fois que les terres agricoles sont urbanisées, on ne peut plus revenir en arrière.

 

Bien sûr, lorsque je cherchais ma nouvelle maison, je ne pensais même pas à l'étalement urbain. Le marché était difficile pour les acheteurs, j'étais donc très enthousiaste à l'idée de trouver une maison plus récente à la campagne. Je savais que je m'y sentirais bien. Je savais que Mischa [son chien]s'y sentirait bien. J'ai apprécié que nous ayons un champ de maïs comme voisin.

 

Ce n'est qu'après avoir emménagé que j'ai réalisé que notre lotissement était probablement un ancien champ. Ma suspicion a été confirmée quand j'ai rencontré une amie de la région. Sa grand-mère vit dans la première maison à côté du lotissement, et sa mère se souvient avoir cueilli des fraises à l'endroit où se trouve maintenant ma maison.

 

Le fait d'être de l'autre côté de cette équation me donne un peu plus de perspective.

 

J'aime ma maison. Je ne la céderais pas et je ne souhaiterais pas que les terres agricoles ne soient jamais loties. Si nous devons nous inquiéter de l'étalement urbain et de la perte d'exploitations agricoles de qualité, nous devons aussi trouver un équilibre avec le fait que les gens ont besoin de logements. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que tous ceux qui ne vivent pas dans une ferme vivent dans des tours d'habitation ou plus près de la ville.

 

Mais je mourrais quand même intérieurement si notre ferme devenait un jour des terrains de construction.

 

La réponse réside donc dans certains des outils dont nous disposons pour protéger nos précieuses terres agricoles. Les servitudes de conservation, par exemple, permettent aux agriculteurs de « vendre » au gouvernement les droits de construction de leur propriété. Et nos lois de zonage devraient viser à protéger les terres agricoles les plus productives, tout en lotissant les zones moins protégées. Nous pouvons également trouver de nouveaux moyens d'inciter à ne pas construire sur les terres.

 

Après tout, pas de fermes, pas de nourriture.

 

_____________

 

Amanda Zaluckyj tient un blog sous le nom The Farmer's Daughter USA. Son objectif est de promouvoir les agriculteurs et de lutter contre la désinformation qui tourbillonne autour de l'industrie agroalimentaire américaine.

 

Source : My House Sits in a Former Strawberry Patch. And That Kinda Makes Me Sad. - The Farmer's Daughter USA (thefarmersdaughterusa.com)

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H
A Brétigny sur Orge dans l'Essonne, un espace d'excellentes terres de 50 ha environ fut massacré à partir de 2008 environ pour construire une nouvelle cité : pavillons, immeubles, services et commerces. Ces 50 ha étaient appelés "friche industrielle". C'est assez incroyable pour des sols agricoles merveilleux qui furent ceux du semencier Clause et n'ont connu aucune emprise industrielle, si ce n'est qu'à l'époque de leur cession, ils appartenaient à un grand groupe. La pire des ironies est que le quartier fut nommé du nom impensable d"Ecocité" car en matière de chauffage et d'isolation, les logements étaient en avance sur les normes, et sur les 50 ha, on a aménagé un parc dit "naturel" de 9 ha. J'ai contemplé le massacre de ces terres comme j'ai contemplé pendant 25 ans le massacre d'un nombre infini de bonnes terres agricoles dans la globalement très fertile Essonne.
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U
Les villes qui ont prospéré sont celles qui se trouvaient au centre de terres fertiles.