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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Les freins et limites de l’alimentation bio » de M. Léon Guéguen sur European Scientist

27 Août 2021 Publié dans #Agriculture biologique

« Les freins et limites de l’alimentation bio » de M. Léon Guéguen sur European Scientist

 

Glané sur la toile 881

 

 

La photo d'illustration de l'article : une pomme véreuse.

 

 

M. Léon Guéguen est ingénieur agronome, directeur honoraire de recherche de l'INRAE, ancien directeur du Laboratoire de Nutrition et de Sécurité Alimentaire, et membre émérite de l'Académie d'Agriculture de France.

 

Dans « Les freins et limites de l’alimentation bio », publié sur European Scientist, il nous propose une vue panoramique, et néanmoins détaillée, de la situation. Cela va de la qualité sanitaire aux effets des politiques agricoles et alimentaires.

 

Retenons, pour l'illustration, deux paragraphes de ce dernier volet :

 

« Il s’agit de considérations de nature politique qui déterminent les encouragements à la conversion en AB et les aides matérielles et financières accordées. Elles sont surtout motivées par le souci de satisfaire aux revendications de mouvements idéologiques et politiques mais n’accordent pas assez d’importance à la souveraineté alimentaire nationale et à la sécurité alimentaire mondiale.

 

Le principal facteur limitant de l’AB est la baisse des rendements, en moyenne de 25 à 30 % mais pouvant dépasser 50 % dans le cas du blé en France. Certaines récoltes non protégées peuvent même être totalement détruites par des insectes ou des champignons. Cela est incompatible avec la souveraineté alimentaire nationale pour de nombreux aliments et encore moins avec la balance commerciale (diminution des exportations et augmentation des importations) mais surtout avec la sécurité alimentaire mondiale, alors que, selon la FAO, il faudrait augmenter la production alimentaire de 50 à 70 % pour nourrir la population en 2050. »

 

La conclusion que l'on peut tirer rien que de ces deux paragraphes à propos des politiques publiques européennes (et françaises) est : ils sont fous !

 

C'est évidemment exprimé de manière plus ampoulée par M. Léon Guéguen :

 

« En conclusion, les avantages de l’alimentation bio pour la santé, par rapport à une alimentation courante équilibrée, ne sont pas du tout démontrés et cet argument ne devrait plus être avancé pour la promotion de l’agriculture biologique. Quant aux effets bénéfiques de l’AB sur l’environnement, le climat et la biodiversité, ils ne sont pas non plus évidents si l’on considère les plus grandes surfaces qui devraient être cultivées pour une même production alimentaire. Enfin, le principal verrou du développement de l’AB reste la fertilisation organique, qui dépend de l’élevage associé, et la faiblesse des rendements qui ne permettrait pas de nourrir la planète future, l’objectif du tout-bio relevant de la pure utopie. L’agriculture biologique répond à une demande citoyenne qui n’est pas contestable et peut revendiquer une part raisonnable du territoire agricole mais ne devrait pas être systématiquement opposée à d’autres formes d’agriculture inspirées de l’agroécologie, aussi vertueuses sans sacrifier la nécessaire bonne productivité. Elle ne devrait pas non plus servir à dénigrer l’agriculture conventionnelle, même intensive, la seule capable de nourrir l’humanité future. »

 

Il est malheureusement trop tard : bien des « arguments » faux et mensongers – que d'aucuns savaient faux et mensongers – figurent dans le règlement européen sur l'agriculture biologique. Qu'on en juge par les deux premiers considérants :

 

« (1) La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques en matière d’environnement et d’action pour le climat, un degré élevé de biodiversité, la préservation des ressources naturelles et l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et des normes de production élevées répondant à la demande exprimée par un nombre croissant de consommateurs désireux de se procurer des produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels. La production biologique joue ainsi un double rôle sociétal: d’une part, elle approvisionne un marché spécifique répondant à la demande de produits biologiques émanant des consommateurs et, d’autre part, elle fournit des biens accessibles au public qui contribuent à la protection de l’environnement et du bien-être animal ainsi qu’au développement rural.

 

(2) Le respect, dans la production de produits biologiques, de normes élevées en matière de santé, d’environnement et de bien-être animal est inhérent au niveau de qualité élevé de ces produits. Comme la Commission l’a souligné dans sa communication du 28 mai 2009 sur la politique de qualité des produits agricoles, la production biologique fait partie intégrante des systèmes de qualité des produits agricoles de l’Union, au même titre que les indications géographiques et les spécialités traditionnelles garanties conformément au règlement (UE) no 1151/2012 du Parlement européen et du Conseil (4) et les produits des régions ultrapériphériques de l’Union conformément au règlement (UE) no 228/2013 du Parlement européen et du Conseil (5). En ce sens, la production biologique poursuit, dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), les objectifs inhérents à tous les systèmes de qualité de l’Union applicables aux produits agricoles. »

 

Il manque essentiellement dans le résumé final de M. Léon Guéguen la question des prix, ainsi que de leur incidence – dans nos pays – sur la qualité de l'alimentation qui serait abordable pour les moins fortunés.

 

On lira à cet égard, avec intérêt, « Point de vue : susciter la peur de l'alimentation a un impact sur les familles » de Mme Michelle Miller.

 

 

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