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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le New York Times publie un article solide sur les OGM ; les groupes anti-biotechs pètent les plombs.

20 Août 2021 Publié dans #OGM, #Activisme

Le New York Times publie un article solide sur les OGM ; les groupes anti-biotechs pètent les plombs.

 

Cameron English*

 

 

Image : Ajay Suresh via Wikipedia

 

Trois groupes anti-OGM bien connus ont attaqué le New York Times qui a osé publier un article dans l'ensemble excellent sur la biotechnologie des cultures. Natural News, par exemple, a qualifié l'article de « pure propagande se faisant passer pour du journalisme ». Sans surprise, Natural News a tort.

 

 

Pendant des années, le New York Times a attaqué la biotechnologie agricole en affirmant qu'il s'agissait d'un stratagème conçu par Monsanto pour s'emparer de l'approvisionnement alimentaire. Les OGM, selon son raisonnement, étaient conçus pour attirer les agriculteurs vers les semences et les pesticides brevetés de Monsanto, mais ne permettaient pas d'augmenter le rendement des cultures. Dans un cas mémorable, le journaliste du Times Eric Lipton a accusé des scientifiques de renom d'aider Big Ag à présenter ses produits sous un jour plus favorable.

 

Cependant, les choses sont peut-être en train de changer. Le journal a récemment publié un excellent essai intitulé « Learning to Love G.M.O.s » [apprendre à aimer les OGM], rédigé par Mme Jennifer Kahn, professeur de journalisme à l'Université de Californie à Berkeley. Mme Kahn a produit une analyse équilibrée du débat qui a duré des années sur les cultures génétiquement modifiées, résumant de manière appropriée les aspects scientifiques tout en tenant compte des questions raisonnables que les consommateurs se posent sur ces plantes incomprises.

 

Pour avoir rendu cet excellent service public, Mme Kahn a été critiquée par le « groupe d'experts » anti-OGM. Natural News, U.S. Right to Know et GM Watch ont tous critiqué le NY Times pour avoir publié l'article. Ces critiques sont des clones les unes des autres et reposent sur des affirmations réfutées depuis longtemps. Elles méritent néanmoins que l'on y réponde à l'occasion de l'abandon par un grand journal de son engagement antérieur en faveur d'une mauvaise approche journalistique des biotechnologies. Nous allons travailler à partir de la réfutation de Natural News. Leurs citations sont en italique, suivies de mes réponses.

 

« Mme Kahn a omis le fait qu'un examen de deux décennies de données sur le coton Bt [résistant à des insectes] en Inde a révélé que le cotonnier GM n'augmente pas les rendements. Bien qu'il ait pu réduire le besoin de pesticides au début, les insectes ont fini par devenir résistants, et les agriculteurs dépensent maintenant plus d'argent en pesticides qu'avant l'introduction du Bt. »

 

Cette étude a été rédigée par l'entomologiste indien K. R. Kranthi et l'anthropologue Glenn Davis Stone de l'Université de Washington. Mme Kahn a eu raison d'ignorer leurs conclusions car elles sont erronées. La résistance des insectes peut entraver l'efficacité des cultures Bt ; aucun expert ne nie que cela a été un problème en Inde. Malgré cela, les rendements de coton du pays ont augmenté de façon spectaculaire après l'introduction des cultures Bt au début des années 2000. Notez la période à laquelle les rendements ont commencé à augmenter.

 

 

 

 

L'économiste agricole Matin Quaim a résumé les problèmes de l'analyse de Kranthi et Stone dans une lettre publiée par Nature Plants :

 

« Les résultats ont montré qu'après avoir pris en compte tous les autres facteurs, l'adoption du Bt avait augmenté les rendements de coton de 24 %, les bénéfices des agriculteurs de 50 % et le niveau de vie des ménages agricoles de 18 %, sans que rien n'indique que les avantages se soient estompés au cours de la période 2002-2008. Les mêmes données ont également révélé que les quantités d'insecticides chimiques ont diminué de plus de 40 % grâce à l'adoption du Bt, les réductions les plus importantes concernant les ingrédients actifs les plus toxiques pulvérisés auparavant pour lutter contre le ver rose de la capsule. »

 

Retour à Natural News :

 

« Il y a aussi le désastre du Riz Doré génétiquement modifié, qui a longtemps été salué comme une solution à la carence en vitamine A. Ce riz est loin d'être produit, selon les experts, et pourrait même être abandonné. »

 

L'introduction du Riz Doré a été retardée pendant des décennies parce que des organismes de réglementation frileux, harcelés par des groupes comme Greenpeace, ont refusé d'approuver ce riz enrichi en vitamines. Ce retard n'avait rien à voir avec la sécurité ou l'efficacité de la culture elle-même. Comme je l'ai écrit récemment, les Philippines ont finalement donné le feu vert au Riz Doré malgré l'agitation continue du mouvement anti-OGM.

 

« [U.S. Right to Know] note également que la professeure de journalisme s'est appuyée sur une source qui a été discréditée. Elle a cité Mark Lynas, un auteur qui a été critiqué par des scientifiques et des experts en politique alimentaire pour ses affirmations inexactes sur les pesticides et les OGM. »

 

Natural News et ses alliés détestent M. Lynas parce qu'il a eu l'intégrité d'examiner les preuves et d'abandonner son opposition à la biotechnologie agricole. C'est une sorte de converti, et donc un défenseur très efficace de la science. Son travail est largement respecté et il travaille maintenant comme stratège en communication à l'Alliance pour la Science de l'Université Cornell. Les « scientifiques et experts en politique alimentaire » qui ont interpellé M. Lynas sont une infime minorité d'universitaires qui soit ne connaissent pas les preuves pertinentes, soit les ignorent tout simplement.

 

« Et que dire du fait que l'utilisation d'herbicides toxiques comme le glyphosate, qui a été associé au cancer, a été multipliée par 15 depuis l'introduction des OGM ? Se soucie-t-elle du fait que les cultures génétiquement modifiées ont également conduit à l'émergence de super-microbes et de super-mauvaises herbes qui ont besoin de poisons encore plus toxiques comme le 2,4-D pour les tuer ? »

 

L'utilisation du glyphosate a certainement augmenté au cours des dernières décennies, mais l'incidence du lymphome non hodgkinien, le groupe de cancers prétendument causés par l'exposition à l'herbicide, est restée stable, et les décès ont en fait diminué.

 

 

 

 

Les mauvaises herbes et les insectes résistants à des pesticides, comme nous l'avons mentionné, sont des menaces réelles mais gérables. Le génie génétique peut être utilisé pour inverser la résistance de divers parasites, et les agriculteurs peuvent minimiser le problème en utilisant une variété de produits chimiques. C'est une autre raison pour laquelle les efforts visant à interdire les pesticides sont si dangereux : ils rendent les agriculteurs dépendants de moins de produits phytosanitaires, ce qui amplifie le problème même que nous voulons tous résoudre.

 

La presse d'entreprise bâcle souvent ses reportages scientifiques et devrait être rappelée à l'ordre chaque fois qu'elle le fait. Dans ce cas, cependant, le Times a fait un travail admirable et devrait être félicité pour cela. Le journal a récemment dressé le portrait de « Crazy Joe » Mercola, qui répandait des absurdités sur le coronavirus, et c'est peut-être le début d'une tendance positive. Nous gardons les doigts croisés.

 

___________

 

Cameron English, directeur de Bioscience

 

Cameron English est auteur, éditeur et co-animateur du podcast Science Facts and Fallacies. Avant de rejoindre l'ACSH, il était rédacteur en chef du Genetic Literacy Project.

 

Source : NY Times Publishes Solid GMO Story; Anti-Biotech Groups Blow a Gasket | American Council on Science and Health (acsh.org)

 

 

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