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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une production de viande et de lait efficace est nécessaire pour réduire les émissions de méthane, selon une étude

26 Juillet 2021 Publié dans #Article scientifique, #élevage

Une production de viande et de lait efficace est nécessaire pour réduire les émissions de méthane, selon une étude

 

AGU – Advancing Earth and Space Science*

 

 

Les efforts visant à réduire la quantité de gaz à effet de serre par kilogramme de protéines produites sont susceptibles d'avoir un impact plus important sur l'atténuation du changement climatique que persuader les gens de manger moins de viande, d'œufs et de produits laitiers.

 

 

Les graphiques circulaires indiquent l'ampleur de l'élevage dans les différentes régions du monde et la proportion à laquelle contribuent les bovins de boucherie, les bovins laitiers, les porcs, les poulets, les chèvres et les moutons, ainsi que les buffles, d'après le modèle GLEAM (Global Livestock Environmental Assessment Model).

Les émissions de gaz à effet de serre dues à l'élevage varient considérablement d'une région du monde à l'autre en raison des pratiques agricoles, du nombre d'animaux, du type d'animal et du produit alimentaire. Une nouvelle étude révèle que l'intensité des émissions pour la quantité de protéines produites pourrait être réduite grâce à des pratiques agricoles plus efficaces, même si la demande augmente dans le monde entier.

Crédit : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) CC BY-NC-SA 3.0 IGO

 

Contact presse AGU :

Liza Lester, +1 (202) 777-7494, news@agu.org (UTC-4 heures)

 

Coordonnées des chercheurs :

Jiangfeng Chang, Université de Zhejiang, changjf@zju.edu.cn, (UTC+8 heures)

 

 

WASHINGTON – Adopter un régime alimentaire à base de plantes peut contribuer à réduire l'empreinte carbone d'une personne. Mais selon une nouvelle étude, l'amélioration de l'efficacité de la production animale serait une stratégie encore plus efficace pour réduire les émissions mondiales de méthane.

 

La nouvelle étude a examiné l'intensité des émissions de méthane provenant de la production animale dans le monde – en d'autres termes, la quantité de méthane libérée pour chaque kilogramme de protéines animales produit – et a établi des projections pour les émissions futures. Les auteurs ont constaté qu'au cours des deux dernières décennies, les progrès de l'agriculture ont permis de produire de la viande, des œufs et du lait avec une empreinte méthane de plus en plus faible.

 

 

Baisse de l'intensité des émissions de méthane : l'intensité des émissions de méthane du bétail par kilogramme de protéines produites a diminué entre la période de 5 ans mesurée en 2014-2018 et la période antérieure 2000-2004. Les régions sont classées selon la définition du modèle mondial d'évaluation environnementale de l'élevage de la FAO (GLEAM) : NAM, Amérique du Nord ; RUS, Russie ; UEO, Europe occidentale ; UEE, Europe orientale, NENA, Proche-Orient et Afrique du Nord ; EAS, Asie orientale ; OCE, Océanie ; SAS, Asie du Sud ; LAC, Amérique latine et Caraïbes ; SSA, Afrique subsaharienne. Des graphiques supplémentaires par animal sont disponibles dans la figure 3 de la nouvelle étude. Crédit : Chang et al (2021) AGU Advances https://doi.org/10.1029/2021AV000391

 

 

Cependant, certains pays n'ont pas eu accès à la technologie permettant ces avancées. Les auteurs montrent que l'amélioration de l'efficacité de l'élevage, en particulier dans certaines économies émergentes, sera nécessaire pour réduire de manière significative les émissions de méthane.

 

Ces efforts devraient avoir un impact plus important que le simple fait d'encourager les gens à manger moins de viande, selon la nouvelle étude, publiée aujourd'hui dans AGU Advances, qui publie des recherches et des commentaires à fort impact et en libre accès dans le domaine des sciences de la Terre et de l'espace.

 

Les résultats de l'étude peuvent contribuer à éclairer la future politique climatique, et les méthodes développées dans l'étude permettront aux pays de faire des estimations actualisées de leurs émissions de méthane provenant du bétail.

 

Les auteurs soulignent que ces améliorations ne doivent pas se faire au détriment de l'environnement, comme cela peut se produire dans l'élevage industriel.

 

« Nous n'approuvons pas le système d'élevage industriel pour l'atténuation du méthane, car il est à l'origine de nombreux autres problèmes environnementaux tels que la pollution, la mauvaise gestion du fumier et les changements d'affectation des terres pour les céréales et le fourrage de haute qualité », a déclaré Jinfeng Chang, spécialiste de l'environnement à l'Université de Zhejiang et premier auteur de la nouvelle étude. « Il existe de nombreux autres moyens plus durables d'améliorer l'efficacité. »

 

Au niveau mondial, l'élevage d'animaux pour le lait, la viande et les œufs représente un tiers des émissions de méthane d'origine humaine. Les vaches laitières et les bovins sont les principaux responsables de ces émissions, notamment en raison de leur nombre élevé. En outre, les vaches sont des ruminants, comme les buffles, les moutons et les chèvres, et les microbes présents dans leurs intestins produisent du méthane en tant que sous-produit de la décomposition de leur nourriture. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), les émissions de méthane provenant de l'élevage ont augmenté de plus de 50 % entre 1961 et 2018, et devraient continuer à augmenter en raison de la hausse de la demande de produits d'origine animale, notamment dans les pays dont la population et les revenus sont en hausse.

 

 

Quantité de viande de bœuf et de buffle produite dans les pays du monde entier. Parmi les animaux d'élevage, les bovins sont ceux qui contribuent le plus aux émissions de gaz à effet de serre.

Crédit : OurWorldinData.org

 

 

Dans l'étude, les auteurs ont créé de nouvelles estimations de la production mondiale de méthane par le bétail en utilisant les méthodes les plus récentes proposées par le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat (GIEC). Ensuite, ils ont calculé l'efficacité de la production pour chaque pays, en utilisant les données de production animale de la FAO. L'analyse a porté sur tous les types de produits animaux, notamment le lait et la viande de bovins, de buffles, de chèvres et de moutons, les produits porcins, la volaille et les œufs.

 

De 2000 à 2018, même si les émissions totales ont augmenté, l'intensité des émissions de la plupart des types de bétail a diminué à l'échelle mondiale, la production devenant plus efficace. Cette baisse résulte de pratiques d'élevage avancées et d'améliorations de la nutrition, qui ont créé des animaux produisant plus de lait et de viande.

 

Lorsque les auteurs ont examiné les émissions de méthane dans le cadre de scénarios futurs, ils ont constaté que, si le fait de manger moins de viande était utile, la poursuite des gains d'efficacité de la production offrait un potentiel de réduction du méthane encore plus important, en particulier dans les pays à faible efficacité et à forte production future. Ils ont calculé que, dans le cadre d'un scénario socio-économique « Business-As-Usual », les améliorations agricoles dans les dix premiers pays ayant le plus grand potentiel de réduction du méthane pourraient représenter 60 à 65 % de la diminution des émissions mondiales de méthane d'ici à 2050 grâce à une efficacité accrue.

 

« Les chercheurs ont clairement montré que l'amélioration de l'efficacité de la production a un effet d'atténuation beaucoup plus important que les efforts déployés du côté de la demande, en particulier dans les pays à faible revenu », a déclaré Ermias Kebreab, spécialiste des sciences animales à l'Université de Californie à Davis, qui n'a pas participé à la recherche.

 

M. Kebreab convient qu'il est possible d'accroître l'efficacité sans causer de dommages à l'environnement et que certaines régions pourraient améliorer leur efficacité jusqu'à 20 %. Dans le cas du bétail, par exemple, des vaches adaptées à l'environnement local peuvent être accouplées à des races à haut rendement pour augmenter la production de viande et de lait. Un logiciel dans la langue locale peut ensuite formuler un régime équilibré pour élever le bétail croisé en utilisant les aliments disponibles dans la région. « C'est juste une question d'allocation des ressources. »

 

 

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L'AGU (www.agu.org) soutient 130.000 passionnés et experts du monde entier dans le domaine des sciences de la Terre et de l'espace. Grâce à des partenariats larges et inclusifs, nous faisons progresser la découverte et la science des solutions qui accélèrent les connaissances et créent des solutions éthiques, impartiales et respectueuses des communautés et de leurs valeurs. Nos programmes comprennent la publication d'ouvrages savants, l'organisation d'événements virtuels et en présenciel et la fourniture d'un soutien professionnel. Nous vivons nos valeurs dans tout ce que nous faisons, comme notre bâtiment rénové à énergie nette zéro à Washington, D.C. et notre Centre d'éthique et d'équité, qui favorise une communauté géoscientifique diverse et inclusive pour assurer une conduite responsable.

 

 

Notes pour les journalistes :

 

AGU Advances est un journal en libre accès. Téléchargez une copie PDF de l'article ici. Ni l'article ni ce communiqué de presse ne sont sous embargo.

 

 

Titre de l'article :

 

« The key role of production efficiency changes in livestock methane emission mitigation » (le rôle clé des changements d'efficacité de la production dans l'atténuation des émissions de méthane du bétail).

 

 

Auteurs :

 

Jinfeng Chang (auteur correspondant), College of Environmental and Resource Sciences, Zhejiang University, Hangzhou, Chine ; et International Institute for Applied Systems Analysis, Laxenburg, Autriche.

 

Shushi Peng, Institut sino-français des sciences du système terrestre, Collège des sciences urbaines et environnementales, Université de Pékin, Beijing 100871, Chine

 

Yi Yin, Division des sciences géologiques et planétaires, California Institute of Technology, Pasadena, CA, USA

 

Philippe Ciais, Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, LSCE/IPSL, CEA-CNRS-UVSQ, Université Paris-Saclay, Gif-sur-Yvette, France

 

Petr Havlik, International Institute for Applied Systems Analysis, Laxenburg, Autriche

 

Mario Herrero, Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization, St Lucia, Australie

 

______________

 

* Source : Efficient meat and dairy farming needed to curb methane emissions, study finds - AGU Newsroom

 

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douar 27/07/2021 14:36

Ce genre d'étude qui m'ennuie.
cela voudrait dire que les élevages dits "traditionnels" (montagne, extensifs) devraient passer à la trappe si l'on suit ce raisonnement.
Pour moi, c'est poubelle, mais la profession n'a visiblement pas encore vu le problème.

la remarque sur les rizières est très pertinente et met à mal toute cette théorie.

Hbsc Xris 26/07/2021 21:15

Quelque soit le moment de l'année où l'on consulte la cartographie satellitaire Copernicus, on ne peut guère dire qu'il y ait corrélation entre les émissions de méthane et la carte ci dessus des élevages de bovins. Par contre il y a une forte corrélation entre les émissions de méthane et les rizières, en prenant également en compte les vents qui poussent les colonnes de méthane vers l'est, l'ouest, le nord ou le sud, selon les périodes. Bien entendu, loin de moi l'idée de stigmatiser les consommateurs de riz. Les plus gros consommateurs de la planète n'ont le plus souvent guère le choix.
Mais il faut faire connaitre la réalité des émissions de GES telles qu'elles sont révélés par les satellites et qui sont très loin des calculs fictifs d'émission de GES qui sont attribués aux nationaux des différents pays. Ces calculs sophistiqués, dont il est bien difficile de trouver les bases et méthodologies ont été conçus par des fanatiques idéologiques pour la culpabilisation des civilisations Occidentales et ne reflète pas nos émissions réelles.
Site : https://atmosphere.copernicus.eu/charts/cams/methane-forecasts?facets=undefined&time=2021072500,54,2021072706&projection=classical_global&layer_name=composition_ch4_totalcolumn

Murps 26/07/2021 12:21

On s'en fout des émissions de méthane...
Nous sommes en pleins délires mystiques avec ces "gaz à effet de serre".
Retour de l'obscurantisme médiéval.