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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les vaccins à ARNm Pfizer et Moderna peuvent-ils affecter mon code génétique ?

5 Juillet 2021 Publié dans #Covid-19

Les vaccins à ARNm Pfizer et Moderna peuvent-ils affecter mon code génétique ?

 

Archa Fox, Jen Martin et Traude Beilharz

 

 

Image : Un médecin administre le vaccin contre la Covid-19. Shutterstock/Prostock-studio

 

 

Les vaccins Pfizer et Moderna devraient devenir le pilier du déploiement des vaccins contre la Covid-19 en Australie au fil de l'année, selon les dernières projections gouvernementales publiées cette semaine [cet article est daté du 23 juin 2021].

 

À partir de septembre, une moyenne de 1,3 million de doses du vaccin Pfizer et 125.000 doses du vaccin Moderna, qui n'a pas encore été approuvé, devraient être disponibles chaque semaine. Ces chiffres devraient augmenter à partir d'octobre, à mesure que l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca diminuera.

 

Les vaccins Pfizer et Moderna sont tous deux des vaccins à ARNm, qui contiennent de minuscules fragments de matériel génétique appelés « acide ribonucléique messager ». Et si l'on en croit les réseaux sociaux, certaines personnes craignent que ces vaccins n'affectent leur code génétique.

 

Voici pourquoi les chances que cela se produise sont proches de zéro ainsi que quelques indications sur la façon dont ce mythe est apparu.

 

Rappelez-moi, comment fonctionnent les vaccins à ARNm ?

 

La technologie utilisée dans les vaccins Pfizer et Moderna est un moyen de donner à vos cellules des instructions temporaires pour fabriquer la protéine spicule [spike] du coronavirus. Cette protéine se trouve à la surface du SARS-CoV-2, le virus à l'origine de la Covid-19. Les vaccins apprennent à votre système immunitaire à vous protéger si jamais vous rencontrez le virus.

 

L'ARNm du vaccin est absorbé par les cellules de votre corps et se retrouve dans le liquide à l'intérieur de chaque cellule appelé cytoplasme. Nos cellules fabriquent naturellement des milliers de nos propres ARNm en permanence (pour coder une série d'autres protéines). L'ARNm du vaccin n'est donc qu'un ARNm de plus. Une fois que l'ARNm du vaccin se trouve dans le cytoplasme, il est utilisé pour fabriquer la protéine spicule du SARS-CoV-2.

 

L'ARNm du vaccin a une courte durée de vie et est rapidement dégradé après avoir fait son travail, comme c'est le cas pour tous vos autres ARNm.

 

 

Voici pourquoi l'ARNm ne peut pas s'insérer dans votre code génétique

 

Votre code génétique est composé d'une molécule différente, mais apparentée à l'ARNm du vaccin, appelée ADN ou acide désoxyribonucléique. Et l'ARNm ne peut pas s'insérer dans votre ADN pour deux raisons.

 

Premièrement, les deux molécules ont une composition chimique différente. Si les ARNm pouvaient s'insérer dans votre ADN de manière aléatoire, cela perturberait la production de protéines. Cela brouillerait également votre génome, qui est transmis aux cellules et générations futures. Les formes de vie qui agiraient ainsi ne survivraient pas. C'est pourquoi la vie a évolué pour que cela ne se produise pas.

 

La deuxième raison est que l'ARNm du vaccin et l'ADN se trouvent dans deux parties différentes de la cellule. Notre ADN reste dans le noyau. Mais l'ARNm du vaccin va directement dans le cytoplasme, sans jamais entrer dans le noyau. Il n'existe pas de molécules transporteuses connues pour transporter l'ARNm dans le noyau.

 

 

Mais n'y a-t-il pas des exceptions ?

 

Il y a quelques exceptions extrêmement rares. L'une d'elles est celle où des éléments génétiques, appelés rétro-transposons, détournent l'ARNm cellulaire, le convertissent en ADN et intègrent cet ADN dans votre matériel génétique.

 

Cela s'est produit sporadiquement au cours de l'évolution, produisant quelques anciennes copies d'ARNm dispersées dans notre génome, pour former ce qu'on appelle des pseudogènes.

 

Certains rétrovirus, comme le VIH, insèrent également leur ARN dans notre ADN, en utilisant des méthodes similaires à celles des rétro-transposons.

 

Cependant, il y a une chance infime qu'un rétro-transposon naturel devienne actif dans une cellule qui vient de recevoir un vaccin à ARNm. Il y a également très peu de chances d'être infecté par le VIH au moment précis où l'on reçoit le vaccin ARNm.

 

Même si un rétro-transposon devenait actif ou si un virus tel que le VIH était présent, les chances qu'il trouve l'ARNm du vaccin contre la Covid, parmi les dizaines de milliers d'ARNm naturels, sont extrêmement faibles. En effet, l'ARNm du vaccin est dégradé dans les heures qui suivent son entrée dans l'organisme.

 

Même si l'ARNm du vaccin devenait un pseudogène, il ne produirait pas le virus SARS-CoV-2, mais seulement l'un des produits viraux, l'inoffensive protéine de pointe.

 

 

Comment pouvons-nous réellement le savoir ?

 

À notre connaissance, aucune étude n'a recherché l'ARNm du vaccin dans l'ADN de personnes ayant été vaccinées. Il n'existe aucune base scientifique permettant de soupçonner cette insertion.

 

Cependant, si ces études devaient être réalisées, elles devraient être relativement simples. En effet, nous pouvons désormais séquencer l'ADN dans des cellules isolées.

 

Mais en réalité, il sera très difficile de satisfaire un opposant convaincu de l'existence de cette insertion génomique ; il pourra toujours faire valoir que les scientifiques doivent chercher plus profondément, plus âprement, chez d'autres personnes et dans d'autres cellules. À un moment donné, il faudra mettre un terme à cet argument.

 

 

Alors, comment ce mythe a-t-il vu le jour ?

 

Une étude a mis en évidence l'intégration d'ARN du coronavirus dans le génome humain dans des cellules cultivées en laboratoire qui avaient été infectées par le SARS-CoV-2.

 

Toutefois, cette étude ne portait pas sur le vaccin à ARNm, manquait de contrôles essentiels et a depuis été discréditée.

 

Ces types d'études doivent également être considérés dans le contexte de la méfiance du public à l'égard de la technologie génétique en général. Cela inclut les préoccupations du public à l'égard des organismes génétiquement modifiés (OGM), par exemple, au cours des quelque 20 dernières années.

 

Mais les OGM sont différents de la technologie ARNm utilisée pour fabriquer les vaccins contre la Covid. Contrairement aux OGM, qui sont produits en insérant de l'ADN dans le génome, l'ARNm du vaccin ne sera pas dans nos gènes, ni transmis à la génération suivante. Il est décomposé très rapidement.

 

En réalité, la technologie de l'ARNm a toutes sortes d'applications, au-delà des vaccins, notamment la biosécurité et l'agriculture durable. Il serait donc dommage que ces efforts soient freinés par la désinformation.

 

____________

 

Archa Fox est professeur associé et ARC Future Fellow à l'Université de l'Australie Occidentale ; Jen Martin dirige le programme d'enseignement de la communication scientifique à l'Université de Melbourne et Traude Beilharz est professeur associé et ARC Future Fellow en biochimie et biologie moléculaire au Monash Biomedicine Discovery Institute de l'Université Monash.

 

Cet article a été initialement publié sur The Conversation.

 

Source : Can the Pfizer or Moderna mRNA vaccines affect my genetic code? - Alliance for Science (cornell.edu)

 

 

 

 

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Commenter cet article

Jeremia 06/07/2021 16:15

Je crois que c'est surtout des gens comme le Dr Perronne qui ont accusé les vaccins à ARNm d'être de la thérapie génique. Ils se gardent bien de la définir et jouent sur la peur du génie génétique répandue en France.

max 05/07/2021 13:00

"Même si un rétro-transposon devenait actif ou si un virus tel que le VIH était présent, les chances qu'il trouve l'ARNm du vaccin contre la Covid, parmi les dizaines de milliers d'ARNm naturels, sont extrêmement faibles."
Je pense que si ça m'arrivait ma première réaction serait "merde j'ai le sida".