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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les agriculteurs montrent la voie en tant que fondement de notre système alimentaire mondial

3 Juillet 2021 Publié dans #Divers

Les agriculteurs montrent la voie en tant que fondement de notre système alimentaire mondial

 

Onyaole Patience Koku et Paul M. Temple*

 

 

 

 

Des ambitions mondiales animeront le prochain sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, mais les agriculteurs comme nous savent que pour atteindre les objectifs des Nations Unies en matière de sécurité alimentaire, il faudra se concentrer sur le niveau local.

 

Nous devons nous rappeler que l'innovation agricole ne vient pas du haut vers le bas. Elle naît du bas vers le haut. Elle commence dans les exploitations agricoles individuelles – la base de la production alimentaire – et chaque agriculteur a son histoire unique à raconter.

 

C'est peut-être la principale leçon que nous avons tirée d'une paire de conversations parrainées par CropLife International, qui a permis à chacun de nous d'organiser un dialogue indépendant au sommet, alors que le monde se prépare à la réunion au sommet des Nations Unies à Rome et à New York plus tard cette année.

 

 

 

 

Nous ne semblons pas avoir grand-chose en commun. L'une d'entre nous est une femme qui pratique l'agriculture dans le climat tropical du Nigeria ; l'autre est un homme qui produit des aliments dans des conditions totalement différentes au Royaume-Uni. Mais nous partageons une passion pour la production alimentaire, une fascination et un respect pour le sol, nous connaissons la joie et la douleur de travailler avec la météo, et nous nous engageons à apprendre les uns des autres et à prêter nos voix pour garantir que les points de vue des agriculteurs sur la façon dont nous utilisons et traduisons la science et l'innovation sur le terrain soient entendus et intégrés dans les discussions politiques. Nous sommes également tous deux membres du Réseau Mondial d'Agriculteurs (Global Farmer Network), qui cherche à unir les agriculteurs et à amplifier nos voix pour promouvoir les avantages du commerce, de l'accès aux technologies, de l'agriculture durable et de l'appréciation des sciences solides.

 

En 2015, l'Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé une liste de 17 « objectifs de développement durable » [français] concernant l'économie, l'environnement, le rôle des femmes, etc. Elle a fixé l'échéance de 2030 pour atteindre ces repères ambitieux.

 

Le deuxième objectif global concerne directement les agriculteurs : éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l'agriculture durable.

 

Éliminer la faim, c'est beaucoup demander. Y a-t-il jamais eu un moment dans l'histoire où la faim n'existait pas dans le monde ? Cela nécessite une ambition mondiale et, surtout, un soutien. Il faut une communication qui permette aux citoyens du monde entier de mieux comprendre ce qu'est l'agriculture moderne et les défis qu'elle doit relever.

 

La pandémie de Covid-19 nous rappelle que, malgré tous les progrès scientifiques et technologiques que nous continuons à réaliser, y compris dans le domaine de la production alimentaire, le monde a le don de compliquer nos objectifs.

 

Pourtant, les agriculteurs peuvent continuer à persévérer, en s'efforçant toujours de faire mieux. Peut-être qu'un objectif audacieux peut nous motiver à nous améliorer continuellement. Après tout, c'est une question que nous, agriculteurs, nous posons sans cesse : comment puis-je faire mieux demain, ou la saison prochaine, ou l'année prochaine ?

 

C'est également cet esprit qui nous a encouragés à participer avec d'autres agriculteurs aux dialogues indépendants organisés dans le cadre du sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires.

 

En écoutant nos collègues agriculteurs, en découvrant leurs succès et leurs échecs face aux défis de notre époque, une chose est apparue clairement : le développement durable doit adopter un large éventail d'approches et rester sensible à l'incroyable diversité de l'agriculture, tout en encourageant le progrès économique. Ce qui fonctionne pour la gestion des mauvaises herbes et des ravageurs au Royaume-Uni ne fonctionnera probablement pas au Nigeria, et ce qui fonctionne dans une région du Nigeria peut ne pas fonctionner dans une autre.

 

Une bonne réglementation a un rôle à jouer dans les futurs systèmes alimentaires. Elle ouvre la voie à une recherche efficace, encourage les investissements et est essentielle pour permettre l'accès aux nouvelles techniques. Si elle est mal appliquée, elle fausse les marchés et désavantage les agriculteurs qui doivent faire face à un défi croissant dans leur production. Un sommet mondial offre une occasion unique d'examiner la réglementation d'un point de vue global afin de résoudre les problèmes plutôt que de les créer.

 

Ce n'est pas seulement la taille des exploitations qui compte, mais aussi l'ouverture aux technologies qui permettra à l'agriculture de rester vivante, non seulement d'ici à 2030, mais aussi au moment où nous nous efforçons d'attirer une nouvelle génération d'agriculteurs qui nous mènera vers un avenir lointain. Les jeunes adoptent la technologie. Ils y voient, à juste titre, une solution aux grands problèmes. Nous devons leur permettre d'y accéder, afin qu'ils puissent profiter au maximum des outils qui aideront chaque exploitation à atteindre son plein potentiel.

 

 

 

 

Finalement, les agriculteurs sont la base de nos systèmes alimentaires. On leur fait confiance et ils doivent montrer la voie dans les discussions et les débats. La participation ne suffit pas. C'est trop passif. Nous devons jouer un rôle actif dans les dialogues sur l'amélioration de la sécurité alimentaire, en tirant les leçons de nos propres expériences en tant qu'agriculteurs et en les partageant avec d'autres agriculteurs confrontés à des problèmes similaires, ainsi qu'avec les décideurs politiques chargés d'élaborer une réglementation créant un environnement propice à l'investissement et au développement.

 

Pour que la politique soit efficace, elle doit se fonder sur l'expérience des agriculteurs, qui exposent les défis réels et non perçus et proposent des solutions réelles et pratiques. Comme l'a fait remarquer l'un de nos participants, une bonne réglementation gouvernementale donne confiance aux entreprises commerciales pour investir à long terme. Cela renforce la nécessité de viser des principes réglementaires mondiaux, non seulement pour le commerce, mais aussi pour les niveaux d'investissement des sociétés multinationales responsables, car aucun gouvernement ne peut investir et atteindre les marchés de manière efficace.

 

Nous ne mettrons peut-être pas fin à la faim d'ici 2030, mais nous pourrons peut-être rendre le monde moins affamé – et nous pourrons peut-être y parvenir si nous permettons aux systèmes alimentaires locaux de libérer les innovations qui les encourageront à faire mieux.

 

______________

 

Onyaole Patience Koku, agricultrice, Nigeria

 

La ferme de Patience est située sur le projet d'irrigation de Jere Azara, du gouvernement local de Kagarko, dans l'État de Kaduna au Nigeria. La ferme est un terrain loué de 500 hectares et produit deux récoltes par an sous irrigation à pivot central. Elle produit principalement du maïs semence pour Monsanto et du maïs grain pour de grandes entreprises de transformation alimentaire au Nigeria, comme Flour Mills of Nigeria.

 

Patience a reçu le prix Kleckner 2019 du Réseau Mondial d'Agriculteurs (Global Farmer Network) et le prix Agriculteur de l'Année 2018 de l'Alliance Cornell pour la Science. Elle est également membre du conseil consultatif de l'Alliance Cornell pour la Science. En peu de temps en tant que membre du GFN, elle a déjà plaidé sur des scènes importantes, notamment au GES de 2019, un événement parallèle du Comité de la Sécurité Alimentaire Mondiale de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture à Rome, en Italie, et au Dialogue sur l'Avenir de l'Agriculture à Monheim, en Allemagne.

 

 

Paul M. Temple, agriculteur, Royaume-Uni

 

Les fermes de Paul Temple sont situées dans le nord de l'Angleterre, au Royaume-Uni. L'exploitation comprend une production de viande bovine, les bovins étant engraissés et leur viande vendue dans des magasins. Du côté des cultures, Paul produit du blé pour la semence, de l'orge, du colza, du pois et des haricots. Cette ferme est en train de passer du travail du sol conventionnel à l'agriculture de conservation. Ils ont ajouté des prairies temporaires dans la rotation des cultures. De plus, la ferme est inscrite dans une démarche de haute valeur environnementale.

 

Source : Farmers Leading the Way as the Bedrock of Our Global Food System – Global Farmer Network

 

 

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U
Ce texte est un peu en contradiction avec le suivant. Les avancées de l'agriculture comme de la médecine se font et se feront de plus en plus dans les laboratoires, avec les agriculteurs bien sûr.
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