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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Food Science Babe : Le dénigrement d'aliments n'est pas « juste une opinion »

5 Juillet 2021 Publié dans #Alimentation

Food Science Babe : Le dénigrement d'aliments n'est pas « juste une opinion »

 

Food Science Babe, AGDAILY*

 

 

Image : BWM Infinity, Shutterstock

 

 

Le « food shaming », sous couvert de « juste partager mon opinion », est un problème qui sévit sur de nombreuses plate-formes de réseaux sociaux.

 

Il y a quelques semaines, je suis tombée sur une vidéo TikTok d'un coach personnel affirmant à tort que les boissons Premier Protein sont « mauvaises » et « mauvaises pour la santé ». La vidéo ne contenait aucune explication autre que « ces ingrédients sont mauvais, vous ne devriez donc pas consommer ce produit ». Souvent, lorsque ces personnes reçoivent un retour sur leurs messages inexacts, la réponse standard est qu'il s'agit simplement d'une opinion et que l'on doit « accepter d'être en désaccord ».

 

C'est problématique pour de nombreuses raisons.

 

Premièrement, ce n'est pas une simple opinion que d'affirmer qu'un ingrédient est « mauvais » ou «mauvais pour la santé» simplement parce que vous ne comprenez pas pourquoi il se trouve dans un aliment ou parce que vous ne pouvez pas prononcer son nom. Il ne s'agit pas d'une opinion, mais plutôt d'une fausse croyance. Tout comme il est inexact d'affirmer que quelque chose est « toxique », « nocif » ou «mauvais pour la santé» sans que des preuves vérifiées par des pairs viennent étayer cette affirmation. Comme je l'ai déjà expliqué à maintes reprises, si quelqu'un essaie de vous effrayer au sujet d'un aliment ou d'un ingrédient, mais qu'il n'est pas en mesure de nommer le produit chimique, la dose nocive (avec des preuves de sa nocivité à cette dose) et la concentration dans l'aliment, alors soit il n'a aucune idée de ce dont il parle, soit il essaie délibérément de vous tromper, soit il essaie de vous vendre quelque chose. Non seulement ce type d'allégations n'a aucune base scientifique, mais il peut aussi causer de réels dommages. Ce qui m'amène au deuxième point.

 

Cela pourrait être un produit qui contribue à la satisfaction des besoins nutritionnels quotidiens.

 

Lorsque j'ai posté ce sujet sur Instagram, il y avait des dizaines de commentaires de personnes expliquant comment ces boissons les ont énormément aidées tout au long de leur rétablissement après des troubles alimentaires. De nombreuses autres personnes comptent sur elles pour prendre une collation ou un repas rapide dans les moments difficiles où elles peuvent être trop déprimées pour préparer un repas. D'autres peuvent être physiquement incapables de mâcher des aliments ou de manger un repas copieux en raison d'un handicap, d'une convalescence après une opération, de démence dans le cas de personnes âgées, etc. Ainsi, des produits pratiques et faciles à consommer comme les boissons protéinées prêtes à l'emploi peuvent être très importants pour fournir des calories, des protéines et d'autres nutriments nécessaires à ces personnes.

 

Il est incroyablement discriminatoire de faire honte aux gens qui font des choix alimentaires qui sont non seulement plus accessibles pour eux, mais qui pourraient être nécessaires à leur survie.

 

Ma fille est handicapée, et lorsqu'elle était plus jeune, son diététicien lui recommandait certains produits complémentaires pour l'aider à prendre du poids. Nous arrivions à un point où nous devions soit lui faire consommer plus de calories pour prendre du poids, soit envisager une sonde d'alimentation. Je ne peux qu'imaginer à quel point cette situation déjà stressante et difficile aurait été plus stressante et difficile si j'avais été mal informée par les fausses croyances d'un blogueur alimentaire sur les aliments que nous lui donnions.

 

Troisièmement, personne ne devrait avoir à justifier ses choix alimentaires. Si un produit n'a pas de sens pour vous ou si vous ne savez pas pourquoi quelqu'un le consommerait, alors ce produit n'est tout simplement pas fait pour vous. Tout le monde n'a pas besoin de comprendre pourquoi une autre personne choisit de consommer un aliment spécifique, et cette personnes n'a pas besoin de subir un stress supplémentaire en se demandant si les aliments qui lui facilitent la vie sont nocifs en raison de la désinformation qu'elle a vue sur les réseaux sociaux. Occupez-vous simplement de votre assiette.

 

 

 

 

Enfin, une grande partie de ces fausses informations ne provient pas d'un TikTok-er qui partage son opinion au hasard. Dans de nombreux cas, elle provient d'une entreprise ou d'un influenceur populaire qui l'utilise comme tactique de marketing pour l'aider à vendre un aliment ou un complément « plus sain » ou « plus propre ».

 

La Food Babe [ma note : Vani Hari, ce n'est pas la Food Science Babe, auteur de cet article] a récemment posté sur ces boissons Premier Protein pour effrayer ses followers à propos de plusieurs ingrédients sur lesquels elle est très mal informée. Il s'agit notamment d'ingrédients courants sur lesquels elle est souvent alarmiste, comme la carraghénane, dont j'ai parlé à plusieurs reprises. Bien sûr, elle fait cela pour vendre ses poudres protéinées et ses livres.

 

C'est tellement décourageant de lire certains commentaires sur des articles comme celui-là. Les gens qui lui font confiance ont maintenant peur des boissons protéinées qui les ont aidés à se remettre d'un trouble de l'alimentation ou qui les aident à prendre un repas alors qu'ils ne le feraient pas autrement. Maintenant, en plus de ces situations déjà stressantes, ils ont le stress supplémentaire de s'inquiéter inutilement que les ingrédients leur donnent le cancer, alors que ce n'est pas du tout le cas. Les allégations concernant ces ingrédients spécifiques ne sont pas fondées sur des preuves, mais plutôt sur les fausses croyances de quelqu'un qui essaie simplement de vous vendre ses produits ou services.

 

Qu'il s'agisse de la filière biologique et d'organisations telles que l'Environmental Working Group, qui font honte aux consommateurs et leur font peur à propos des aliments non biologiques, ou des influenceurs des réseaux sociaux qui profèrent des allégations fausses sous le couvert d'une « simple opinion » afin de vendre des produits et de gagner des adeptes, la honte alimentaire est une tactique de marketing très populaire. Elle est si efficace qu'elle est susceptible de perdurer, d'où l'importance de savoir la reconnaître. Après tout, il n'y a pas de honte à avoir si nous sommes conscients de la situation et si nous ne nous permettons pas d'avoir honte de nos choix alimentaires.

 

Les seules personnes qui devraient avoir honte sont celles qui diffusent sciemment des informations erronées pour gagner de l'argent.

 

________________

 

Food Science Babe (https://www.facebook.com/foodsciencebabe/) est le pseudonyme d'une agvocate et d'une auteure qui s'intéresse spécifiquement à la science qui se cache derrière notre alimentation. Elle est diplômée en génie chimique et travaille dans l'industrie alimentaire depuis plus de dix ans, tant dans le secteur conventionnel que dans le secteur naturel/biologique.

 

Source : Perspective: Food shaming is not 'just an opinion' | AGDAILY

 

 

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