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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Recherche : le fumier améliore le sol et la communauté microbienne

1 Juin 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique, #Agronomie

Recherche : le fumier améliore le sol et la communauté microbienne

 

AGDAILY reporters*

 

 

Image : Mme Lindsey Slaughter

 

 

Dans l'air et le sol secs des Hautes Plaines du sud du Texas, améliorer la santé du sol peut être difficile. Nous pensons généralement qu'un sol sain est un sol humide, meuble et riche en matière organique. Mais cela peut être difficile à réaliser dans la région aride du Texas.

 

Mme Lindsey Slaughter, membre de la Soil Science Society of America, a entrepris avec ses collègues chercheurs de tester une solution qui fait d'une pierre deux coups. Ils ont mis du fumier de vache en excès sur ces sols pour voir s'ils pouvaient les rendre plus sains. L'équipe a récemment publié ses recherches dans le Soil Science Society of America Journal.

 

« Nous savons que l'implantation de prairies pérennes pour l'élevage de bovins peut aider à protéger et à restaurer les sols des terres semi-arides susceptibles de s'éroder et de se dégrader à cause de l'agriculture intensive », explique Mme Slaughter . « Mais les producteurs ont besoin de moyens supplémentaires pour augmenter les réserves de carbone et de nutriments du sol. »

 

 

Qu'est-ce qui fait qu'un sol est en bonne ou mauvaise santé ?

 

Mme Slaughter décrit la santé du sol comme la capacité d'un écosystème de sol vivant à remplir une variété de fonctions importantes. Celles-ci comprennent le cycle des nutriments, le stockage et la purification de l'eau, l'aide aux plantes et aux animaux, etc.

 

Cette partie « vivante » est constituée de divers micro-organismes qui contribuent à la santé du sol. Ils contribuent, par exemple, à la décomposition de matières telles que le fumier, afin que celui-ci et ses nutriments soient intégrés au sol.

 

« L'amélioration de la capacité du sol à remplir ces rôles et à soutenir la vie végétale et animale est notre objectif en matière de santé du sol », explique Mme Slaughter. « L'ajout de fumier peut donner un coup de pouce aux matières qui peuvent être incorporées à la matière organique du sol. Cela contribue à fournir une base plus solide pour une plus grande activité microbienne et le cycle des nutriments. »

 

C'est pourquoi, dans leur étude, ils ont appliqué une faible quantité ponctuelle de fumier à deux types de pâturages pour examiner cette question. Les pâturages sur lesquels ils ont appliqué le fumier étaient soit constitués uniquement de graminées fertilisées occasionnellement, soit d'un mélange de graminées et de légumineuses non fertilisé.

 

 

Le fumier aide, mais les résultats prennent du temps

 

Dans l'ensemble, les chercheurs ont constaté que le fumier contribuait à augmenter le carbone organique du sol et le nombre de microbes dans le sol. Ce sont là deux caractéristiques importantes d'un sol sain.

 

Il a fallu près d'un an et demi pour constater ces changements, même si, selon eux, ce n'est pas totalement surprenant.

 

« Cela nous indique qu'il peut falloir beaucoup de temps pour que même un peu de compost ajouté s'incorpore dans la matière organique du sol des prairies semi-arides, mais cela aide définitivement », explique Mme Slaughter.

 

« Nous pensons que cela est principalement dû au climat sec de notre site d'étude », déclare Mme Slaughter. « Nous recevons généralement peu de précipitations par an. La communauté microbienne n'était pas en mesure de travailler rapidement ou efficacement pour décomposer le fumier sans eau. »

 

Leurs résultats ont également montré que les pâturages recevant de l'engrais ont mieux réagi au fumier. Ils pensent que c'est parce que l'azote contenu dans l'engrais a aidé les microbes à mieux décomposer le fumier.

 

« Les microbes aident directement à libérer les nutriments des matières organiques sous une forme utilisable par les plantes, ainsi qu'à décomposer ces résidus pour construire la matière organique du sol », explique Mme Slaughter. « De nombreux travaux ont été réalisés sur la façon dont cela peut contribuer à améliorer les systèmes de culture. Cependant, nous voulions également tester cette méthode sur les pâturages fourragers. »

 

Mme Slaughter ajoute que les prochaines étapes de ce travail consistent à déterminer si plus de fumier ou des applications multiples permettraient d'obtenir des résultats plus rapides. En outre, ils espèrent étudier si l'irrigation ou les engrais aideraient à incorporer le fumier plus rapidement.

 

« Nous avons besoin de plus de recherches dans ce sens pour nous aider à concevoir des stratégies qui augmentent rapidement et efficacement la santé et la productivité du sol dans ces prairies », dit-elle. « Cela aide les agriculteurs à économiser de l'argent sur les nutriments et les amendements tout en renforçant la matière organique du sol et la capacité de recyclage des nutriments. Cela leur permet également d'économiser de l'eau et de se protéger contre la dégradation des sols. »

 

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* Source : Research: Manure improving soil and microbe community | AGDAILY

 

 

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MARC FAURE 07/06/2021 08:48

Bonjour, ? je suis surpris que Mme Lindsey Slaughtere puisse faire une étude sur un sujet, que nous Européens, connaissons depuis fort longtemps. Nos amis Américains me surprendront toujours !