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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Pour la défense de l'agriculture : utiliser les faits et la science

24 Juin 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Pour la défense de l'agriculture : utiliser les faits et la science

 

Jonathan Lawler, AGDAILY*

 

 

Image : Fotokostic, Shutterstock

 

 

En parcourant les réseaux sociaux il y a quelques jours, j'ai eu l'agréable surprise de tomber sur un message du Ohio Farm Bureau (Bureau Agricole de l'Ohio). Il s'agissait d'une lettre ouverte adressée aux législateurs pour démonter les mythes entourant l'élevage. Je connais l'auteur de la lettre, Ty Higgins, et je suis toujours impressionné par sa passion pour l'agriculture et sa volonté de défendre les agriculteurs chaque fois que j'ai l'occasion de lui parler.

 

Ce qui m'a le plus impressionné dans cet article et cette lettre ouverte, c'est simplement le fait qu'ils aient été écrits. Ce que je vois Ty et son équipe du Bureau Agricole de l'Ohio faire, c'est ce que chaque bureau agricole d'État devrait faire dans tout le pays. J'entends et je lis des agriculteurs de tout le pays, et du monde entier, par le biais de mes propres expériences agricoles et de mes activités sur les réseaux sociaux.

 

 

« Il est important pour le Bureau Agricole de l'Ohio de partager des informations précises provenant de sources scientifiques fiables sur ces questions. Il est impératif que tous les partenaires de ces efforts travaillent avec nous et s'abstiennent de perpétuer les faussetés répétées ad nauseam par ceux qui s'opposent tout simplement à l'agriculture. Nous devons nous interroger sur les véritables intentions de certains de ces groupes, car les attaques sans fondement et les solutions non fondées ne semblent pas être conçues de manière constructive. » – Tony Seegers, directeur de la politique nationale du Bureau Agricole de l'Ohio.

 

 

Ce que je constate constamment, c'est la frustration qu'ils ressentent face au manque d'éducation des consommateurs et à la désinformation diffusée par les réseaux sociaux et les organisations.

 

Je constate également que, même si ces agriculteurs sont une mine d'informations sur le métier qu'ils ont choisi, la plupart d'entre eux sont tout simplement trop occupés à cultiver leurs terres pour s'adresser aux consommateurs et au grand public en leur expliquant ce qui est crédible et factuel en matière d'agriculture. Je comprends, il est difficile de se tenir au courant des réseaux sociaux. Et il existe des organisations qui sont carrément hostiles aux agriculteurs et à certains styles d'agriculture, dépensant des millions pour ce qui n'est rien d'autre que de la propagande.

 

C'est pourquoi, plus que jamais, nous avons besoin d'entreprises, d'organisations agricoles, de médias favorables à l'agriculture et d'autres personnes disposant d'une plate-forme publique pour défendre ces hommes et ces femmes et notre activité. Le silence est synonyme de complicité. Il est temps de commencer à riposter avec des faits et des données scientifiques, et cela doit venir de personnes qui travaillent réellement dans l'agriculture.

 

J'ai une plate-forme et je rencontre fréquemment des personnes mal informées sur divers aspects de l'agriculture. Elles veulent savoir, de la part d'un agriculteur, si ce qu'elles ont entendu ou lu est effectivement exact. Je suis heureux de rétablir la vérité, et si je ne connais pas la réponse, je trouve une bonne source à leur communiquer.

 

Et bien qu'il existe de nombreuses organisations qui se consacrent à fournir des ressources et des informations sur l'agriculture, certaines d'entre elles se sont malheureusement transformées en chambres d'écho. Cela peut être quelque chose qui se produit « naturellement » lorsque des personnes partageant les mêmes idées se regroupent. Je comprends, c'est une communauté et une source de soutien mutuel. Je pense que certaines personnes, entreprises et même organisations agricoles qui représentent les agriculteurs ont peur de la « culture de l'annulation ». Elles ne devraient pas, car annuler une exploitation agricole, c'est aussi annuler de la nourriture, des fibres et du carburant pour une population en constante augmentation.

 

 

Une immense ferme biologique que General Mills s'est engagé à utiliser comme centre éducatif pour enseigner les « pratiques d'agriculture régénératrice » fait l'objet d'accusations de la part de voisins qui estiment qu'elle fait plus de mal que de bien à l'environnement.

 

 

Je vois aussi de l'apaisement. Je n'en reviens pas quand je vois des entreprises comme General Mills, qui tirent leurs profits de la sueur des agriculteurs, se mettre à dos la grande majorité d'entre eux juste pour profiter de la dernière tendance alimentaire. J'ai vu des bureaux agricoles au niveau des États soutenir des personnes qui non seulement méprisent l'agriculture moderne et conventionnelle, mais gagnent leur vie en la vilipendant. Un membre de la direction d'une organisation agricole m'a dit : « Nous devons tous travailler ensemble et il y a assez de place pour tout le monde. » Bien sûr, il a tout à fait raison ! Le problème est que ces personnes et ces organisations avec lesquelles elles s'alignent travaillent sur des campagnes médiatiques et avec les législateurs pour nuire à l'agriculture.

 

Ici, dans l'Indiana, j'ai vu des militants des droits des animaux et des agriculteurs qui vendent des protéines étiquetées comme « meilleures » grâce au pâturage et des aliments non GM travailler ensemble pour saper l'agriculture conventionnelle. Je n'ai aucun problème avec les agriculteurs qui adoptent une approche holistique et font paître les animaux au lieu de les parquer, mais cela a un prix que le consommateur moyen ne peut pas payer. Lorsqu'ils utilisent la supériorité morale et la culpabilité pour vendre leurs produits, ce n'est pas acceptable. Ce n'est pas juste et acceptable pour les autres agriculteurs qui ne bénéficient pas du soutien des médias et des relations publiques des ONG.

 

En tant qu'agriculteurs, nous devons commencer à demander des comptes à ces organisations et entreprises. Faites-leur savoir que nous n'acceptons pas la désinformation. Nous n'acceptons pas d'être traités de pollueurs, d'empoisonneurs ou, dans le cas de l'élevage, de meurtriers. S'ils peuvent acheter la récolte d'un agriculteur et en tirer un profit, alors ils peuvent aussi défendre cet agriculteur.

 

Le métier d'agriculteur est déjà difficile et maintenant on attend de nous que nous fassions nos propres relations publiques en plus de tout le reste.

 

Alors, merci au Bureau Agricole de l'Ohio pour votre soutien.

 

Sincèrement,

 

Les agriculteurs du monde entier

 

__________

 

Jonathan Lawler exploite Brandywine Creek Farms dans l'Indiana et milite pour la lutte contre la faim et pour l'agriculture. Il travaille sur une émission de télévision intitulée Punk Rock Farmer qui sera diffusée prochainement. Sa devise est FARM OR DIE.

 

Source : In defense of agriculture: Using facts and science | AGDAILY

 

 

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douar 25/06/2021 10:21

"les entreprises qui exploitent les agris"
un discours quelque peu idéologique; je ne vois absolument pas l'intérêt qu'aurait une entreprise à "exploiter" des agris (sauf quelques margoulins qui promettent monts et merveilles).
Si des entreprises peuvent le faire, leur pérennité n'est pas assurée. J'ai en tête une grosse entreprise d'intégration qui se souciait peu de ses éleveurs, ni de son personnel d'ailleurs, elle a disparu et c'était très prévisible.

le plus ennuyeux aujourd'hui, c'est quand même une tendance à vouloir faire table rase du passé et de l'expérience par des personnes qui vivent en théorie (vous savez, ce pays où tout marche bien).
Je veux bien entendre que "tous les systèmes peuvent cohabiter" mais je n'y crois guère, l'un (bio) étant basé sur le dénigrement systématique de l'autre (conventionnel).

Il est là, fils spirituel de Seppi 25/06/2021 14:33

Oui je reconnais quand je parle d'exploitation j'exagère un peu. Il y a des entreprises qui rémunèrent très mal les agris (comme Lactalis) mais ce n'est pas le cas de toute.
Cependant toutes les entreprises, qu'elles exploitent les agris ou qu'elles cherchent à bien les traiter, vivent grâce au travail de ces derniers. Du coup je pense qu'elles devraient mieux les défendre face à ceux qui les critiquent.

Sinon je pense que vous exagérez sur le bio. Tous les agris en bio ne sont pas pour l'attaque contre le conventionnel, certains agris en bio prônent la cohabitation entre les agricultures et déplorent le discours anticonventionnel. Je pense par exemple à l'éleveuse de poule qui tient la châine Les Jolies Rousses, elle cherche à rendre son élevage bio mais elle défend le conventionnel. Ou alors quand la FNAB a attaqué Mac Lesggy on a vu sur twitter des agris en bio qui ont critiqué la FNAB en disant qu'il faut cohabiter avec le conventionnel et non l'attaquer en permanence.

Il est là, fils spirituel de Seppi 24/06/2021 12:49

Il est un peu sévère quand même. Les agris se sont bien lancés dans la communication avec le public pour l'informer sur leurs pratiques, hélas, la plupart des gens refusent de les écouter et préfèrent faire confiance aux journalistes, aux activistes et à la minorité infime d'agronomes et d'agris qui vont dans le sens des dogmes biotausaurus et antiélevages.
Par contre oui les entreprises qui ne se privent pas pour exploiter els agris feraient mieux de soutenir ses derniers au lieu de les abandonner aux foules en colères. Cela dit je trouve cocasse que ces entreprises soient dénoncées comme un gros lobby alors que la plupart ne cherchent jamais à défendre leurs producteurs et que les médias (pas tous mais la majorité) donnent plus la parole aux biotausaurus et antiélevages qu'aux autres. Un lobby pas très efficace quand même

JC 25/06/2021 18:39

"Vous connaissez un capitalisme non-libéral ?"

Oui, le communisme, c'est un capitalisme d'état où les moyens de productions sont détenus par l'état et non par des entreprises privées. Mais ma phrase de départ (celle que vous citez) n'était pas très juste, car pour moi le capitalisme et le libéralisme sont 2 notions différentes mais qui peuvent se combiner, la preuve avec le fonctionnement de l'économie mondiale actuelle.

Je tiens à préciser que je ne suis aucunement contre le remplacement des tâches humaines, qu’elle soient mécaniques ou intellectuelles, par des automates, bien au contraire. En cela je vous rejoins totalement sur le fait que cela fait émerger de nouveaux métiers souvent plus gratifiants.

Pour les questions d’emplois, je pense qu’il y a un problème idéologique de fond. Le but de la mécanisation est de libérer l’humain du travail, alors pourquoi se plaindre qu’il y a moins de travail alors qu’on devrait s’en réjouir! Mais non, le manque de travail humain devient un « problème » à résoudre pour lequel on crée quantités de nouveaux services pas toujours utiles, et souvent extrêmement énergivores alors que certains services essentiels (Santé, Agriculture, habitat…) ne sont pas rendus.

Après je vois aussi les avancées fantastiques que nous faisons, mais c’est assez pesant de voir tout ça gâché par une économie de marché trop subite. On dirait que le progrès actuel est un gros « package » dans lequel il faut tout prendre sinon rien.

L’économie au service de l’homme plutôt que l’homme au service de l’économie, c’est bien cela qu’on dit?

Il est là, fils spirituel de Seppi 25/06/2021 14:38

Ce que vous dîtes est nuançable JC.

Déjà plusieurs postes remplacés par des machines étaient des travaux pénibles, par exemple avant les machines pour composter le billet de train, c'était des gens qui faisait cette tâche. Honnêtement, ce poste était très pénible, rébarbatif pour ne pas dire ennuyeux, est-ce si mal que ce soit maintenant des machines qui s'en occupent ? Ou en agriculture, la mécanisation permet de ne plus embaucher des ouvriers pour désherber à la main. Alors oui ce sont des emplois en moins, mais quand on voit ce qu'est le désherbage à al main, est-ce si mal de laisser des machines s'en occuper ?

Ensuite la mécanisation oblige à développer de nouveaux métiers faisant qu'il y aura tj des emplois humains.

Cependant il est vrai que l'on va peut-être trop loin dans la mécanisation et qu'il ne vaut mieux pas remplacer tous les métiers. Du coup oui il vaut mieux éviter de remplacer tous les agris par des machines, mais je ne suis pas sûr que cela arrivera avant un bout de temps.

"Ensuite le but du capitalisme surtout dans sa forme libérale est de faire des bénéfice"

Vous connaissez un capitalisme non-libéral ?

JC 25/06/2021 11:44

Oui, bien sûr, c'est un commentaire rempli d'intuition que j'ai donné. Mais les intuitions sont nourrit par ce principe propre aux industries qui est le remplacement du travail humain, physique et maintenant intellectuelle par des machines.
Il y a encore peu de temps, je n'aurai pas été aussi affirmatif, mais avec les développements récents au niveau entre autre de l'intelligence artificielle, beaucoup d'ouvrier qualifié vont être remplacés par des machines et le big data.
Il faut bien se dire que le but de l'industrie est de remplacer le travail humain. Ensuite le but du capitalisme surtout dans sa forme libérale est de faire des bénéfices. Les deux imbriqués font que dés qu'on le peut, on remplace un humain par un automate car ça reviendra toujours moins cher à long terme. Je ne vois pas comment la production agricole pourrai être épargné de ce phénomène.

Il est là, fils spirituel de Seppi 25/06/2021 09:27

Possible que certaines entreprises aient cette idée, en effet. Mais bon il faut des preuves pour pouvoir l'affirmer

JC 24/06/2021 15:19

Les entreprises qui exploitent les agris ne les soutiennent pas car ils envisagent de se passer d'eux à plus ou moins long terme, juste le temps qu'un système informatisé puisse prendre leur place pour moins cher, ce qui vu les avancées technologiques peut arriver d'ici 10 à 20 ans.