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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

MM. Philippe Stoop et Gil Rivière-Wekstein sur l'agriculture « locale », réputée « durable » et plus intéressante sur le plan économique

6 Juin 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

MM. Philippe Stoop et Gil Rivière-Wekstein sur l'agriculture « locale », réputée « durable » et plus intéressante sur le plan économique

 

Glané sur la toile 672

 

 

 

 

Un rapport intitulé « Pour une alimentation durable ancrée dans les territoires » du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) présenté par Mme Florence Denier-Pasquier et M. Albert Ritzenthaler et datant de décembre 2020 a été remis le 19 mai 2021 au Sénat.

 

Atlantico a saisi l'occasion pour interroger M. Philippe Stoop, directeur recherche & innovation à ITK et membre de l'Académie d'Agriculture de France. Cela a donné un article au titre long et percutant : « Douche froide sur le localisme : les aliments produits en circuit court ne sont pas meilleurs pour la planète (et autres vérités piquantes pour écologistes dogmatiques) ».

 

Première réponse de M. Philippe Stoop :

 

« Ce rapport porte sur la durabilité de l’agriculture et les enjeux de la relocalisation de l’agriculture à l’échelle nationale. Il est intéressant de le rapprocher d’un autre rapport publié par le Ministère de l’Agriculture en janvier dernier, qui portait plus précisément sur les produits locaux, au sens où on l’entend le plus souvent, c’est-à-dire les circuits courts. Quand on met ces deux rapports en regard, on voit bien que les enjeux environnementaux de l’agriculture "locale" ne sont pas là où on le croit souvent. Quand on pense agriculture durable, on pense d’abord aux circuits courts, avec des aliments produits à proximité immédiate de leur lieu de consommation, et avec des modes de production employant peu d’intrants comme l’agriculture bio. Or ce modèle "hyperlocaliste" et extensif n’est pas forcément le modèle le plus vertueux sur le plan de l’environnement. »

 

Pour en savoir plus, il faudra aller sur site.

 

L'« autre rapport », c'est – semble-t-il – « Les produits locaux », un rapport du Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER). Voici un extrait du résumé :

 

« L’engouement pour les produits locaux est porté par les caractéristiques supposées de ces derniers. Pour la mission, les produits locaux permettent de favoriser la reterritorialisation l’alimentation et de rétablir du lien entre les producteurs et les consommateurs. La vente de produits locaux permet de stabiliser les revenus des producteurs impliqués, sans les améliorer néanmoins. En revanche, la mission ne relève pas de causalité entre le caractère local d’un produit et ses qualités nutritionnelles. De plus, le caractère local des approvisionnements alimentaires ne constitue pas en soi un levier substantiel d’amélioration de la durabilité environnementale des systèmes alimentaires, sans critères vérifiables sur les modes logistiques notamment. »

 

Sur Agriculture et environnement, M. Gil Rivière-Wekstein a produit un bref résumé au titre tout aussi percutant : « Circuit court : Aucune valeur ajoutée pour le localisme, selon le CGAAER »

 

Extrait :

 

« En guise d’introduction, les trois auteurs du rapport rappellent que, dans toutes les théories économiques classiques, "les circuits d’approvisionnement locaux ne seraient pas en mesure de générer une valeur ajoutée supérieure aux circuits classiques", et cela en raison des fameux "avantages comparatifs" qui permettent, en produisant ce qu’on produit de mieux, de faire une plus-value pour pouvoir commercialiser le reste. "En relocalisant l’alimentation, on perd une partie de cette efficacité économique", notent-ils ainsi.

 

Reste à savoir si les externalités supposées – sanitaires, écologiques ou économiques pour le producteur – ne compensent pas cette moindre efficacité économique générale, se demandent ensuite les auteurs. Leur réponse est sans appel : c’est non, dans tous les cas de figure ! »

 

Le site Grands troupeaux Mag en a une autre lecture dans « Produire local "stabilise le revenu" ».

 

Nous avons eu au moins un ministre de l'agriculture qui rêvait de l'agriculture de grand-papa, même biodynamique, et voyait le Saint Graal dans les circuits courts. L'actuel est plus réaliste. Mais le Ministère de l'Agriculture faisait encore l'article pour les circuits courts en novembre dernier, dans « Les circuits courts, un levier important pour s’approvisionner en produits frais ».

 

Les circuits courts ont bien sûr leur intérêt, tant pour les producteurs que pour les consommateurs. Il faut cependant tenir compte des réalités. Les deux rapports sont là pour nous le rappeler.

 

 

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jacques lemiere 07/06/2021 07:26

bah, comme si ça les dérangeait..tiens j'ai revu un article de reporterre " on sait que l'aimentation bio est meilleure pour la santé" pas eu le courage de regarder l'étude.

jacques lemiere 08/06/2021 21:57

ça ne sert à rien ils discutent un peu au départ puis ostracisent quand ils sont coincés.

Hbsc Xris 08/06/2021 21:53

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