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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les agriculteurs kenyans font une première récolte abondante de coton GM

4 Mai 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Afrique

Les agriculteurs kenyans font une première récolte abondante de coton GM

 

Verenardo Meeme*

 

 

 

 

Mme Winfred Kasambu, une agricultrice de 50 ans et grand-mère de deux enfants de la région orientale du Kenya, nourrit de grands espoirs de prospérité après avoir obtenu une récolte abondante de sa première culture de coton génétiquement modifié Bt.

 

Mme Kasambu est l'un des 1.000 agriculteurs sélectionnés par le gouvernement kenyan en mars 2020 pour recevoir les premières semences de cotonnier génétiquement modifié (GM) résistant à des insectes du pays.

 

Mme Kasambu a cultivé du coton Bt sur un acre de sa ferme [environ 40 ares ou 4.000 mètres carrés] de trois acres et une variété de coton conventionnelle sur un autre acre. La surface restante était consacrée au maïs et aux haricots mungo.

 

Bien qu'elle l'ait planté le 17 novembre, soit plus de deux semaines après avoir planté la variété conventionnelle, le cotonnier Bt a commencé à donner des résultats en quatre mois.

 

« Aujourd'hui, je suis tellement ravie d'avoir récolté jusqu'à présent 400 kilogrammes de coton Bt et je continue à récolter d'autres balles. La variété conventionnelle que j'ai plantée avant le coton Bt n'a pas encore montré de signes de maturité », a noté Mme Kasambu, visiblement impressionnée par sa récolte abondante, tout en soulignant le contraste entre les deux variétés.

 

« Avec le cotonnier Bt, j'ai réduit l'utilisation des produits chimiques puisque je ne l'ai traité que trois fois alors que pour la variété locale [conventionnelle], j'ai jusqu'à présent traité six fois et il y a encore beaucoup de parasites. La chenille est un problème majeur », a déploré Mme Kasambu.

 

 

La récolte de Mme Winfred Kasambu est ensachée et prête pour l'égrenage. Photo contribuée.

 

 

« D'après mon expérience de la culture, je peux dire que le cotonnier Bt est une bonne semence. Si les pluies avaient été bonnes, j'aurais pu récolter encore beaucoup plus de coton. Depuis que j'ai commencé à cultiver le coton il y a cinq ans, je n'ai jamais vu des rendements aussi élevés dans une période aussi courte », a-t-elle déclaré à l'Alliance. « Je vais certainement continuer à planter du coton Bt. Cette fois, je prévois d'arrêter de planter du maïs pour me concentrer sur le coton et les haricots mungo, car je peux acheter du maïs pour ma consommation avec l'argent que je tire de la vente de ma production de coton. »

 

« À la prochaine saison de plantation, je n'attendrai pas les pluies », poursuit-elle. « J'utiliserai l'eau du forage pour la saison de plantation de juillet car ma belle-fille a promis d'installer un panneau solaire pour pomper l'eau dans ma ferme. »

 

Une Kasambu ravie a noté qu'avec l'argent qu'elle espère tirer de la récolte de cette saison et des suivantes, elle prévoit d'agrandir sa maison, d'ajouter une pièce supplémentaire et de poser un nouveau toit pour se conformer aux « normes numériques ».

 

Comme Mme Kasambu, de nombreux agriculteurs kenyans récoltent du coton Bt à des fins commerciales pour la première fois depuis que le gouvernement a approuvé cette culture. Et ils connaissent le même succès.

 

M. Mugo Mangondu, un producteur de coton dans le centre du Kenya, a déclaré que son coton Bt a mûri tôt et qu'il en est aux dernières étapes de la récolte.

 

« Mon coton Bt était prêt à être récolté ce mois-ci après sept mois de plantation », a-t-il déclaré, alors que les variétés conventionnelles prennent généralement environ un an pour arriver à maturité dans sa région en raison des saisons froides.

 

« Le coton Bt est synonyme de bonnes affaires pour nous car nous le vendons aux égreneurs suffisamment tôt et pouvons donc nous concentrer sur autre chose », a-t-il ajouté. « Ce que j'ai observé avec le cotonnier Bt, c'est que la tige continue de produire des pousses même après la récolte, ce qui signifie que je peux continuer à récolter longtemps après la première cueillette. »

 

Il a également observé d'autres avantages. « Une tige de cotonnier Bt produit 40 capsules alors que les variétés conventionnelles produisent 15 à 20 capsules. En outre, j'ai compté et mesuré. La capsule du cotonnier Bt est un peu lourde et semble ne pas être sujette à la destruction par le ravageur qu'est le ver de la capsule. »

 

« Les progrès remarquables indiqués jusqu'à présent m'ont convaincu d'investir dans des semences de cotonnier Bt. Je n'attendrai pas de recevoir des semences du gouvernement comme la dernière fois. J'espère que les semences pourront être disponibles dans mon agrovet local afin que je puisse les acheter, tout comme nous accédons commodément aux variétés de maïs hybride », a déclaré M. Mangondu.

 

 

M. Mugo Mangondu récolte sa première culture de coton Bt. Photo contribuée.

 

 

D'autres agriculteurs ont pris note de ses rendements. « Les agriculteurs ont commencé à demander où ils pouvaient obtenir les semences. Le gouvernement devrait investir dans une production adéquate de semences, surtout maintenant que nous attendons la saison des pluies longue. »

 

M. Mugo dit qu'il a économisé de l'argent qui, autrement, aurait été utilisé pour acheter des produits chimiques pour traiter la culture. « J'avais l'habitude de traiter neuf à douze fois par saison, mais avec le cotonnier Bt, je n'ai traité que trois fois au cours de la dernière saison », a-t-il confié avec joie à l'Alliance. « La différence m'a permis d'économiser le temps consacré aux traitements. Cela m'évite aussi de porter des sacs à dos [pour les traitements] et me permet de me concentrer sur d'autres activités génératrices de revenus. »

 

Le Dr Charles Waturu, chercheur principal du projet de recherche sur le cotonnier Bt à l'Organisation de Recherche sur l'Agriculture et l'Élevage du Kenya (KALRO), a déclaré que bien que le cotonnier ait été planté tardivement et qu'il ait connu le défi d'une pluie insuffisante dans certaines régions, la germination a été bonne.

 

Sur les 16,3 tonnes de semences de cotonnier Bt distribuées, le coton a été planté et bien accueilli par les agriculteurs, bien qu'il y ait eu des problèmes de distribution tardive, a-t-il reconnu.

 

« La relance de la production de coton ne devrait pas dépendre des semences gratuites du gouvernement », a déclaré M. Waturu dans un entretien téléphonique avec l'Alliance. « Les semences devraient maintenant être disponibles et accessibles aux agriculteurs, car ces derniers sont prêts à en acheter, tout comme ils le font pour les variétés hybrides de diverses cultures, en raison de la valeur qu'ils en retirent. »

 

M. Waturu a déclaré que les agriculteurs devraient être en mesure d'accéder aux semences Bt chaque fois qu'ils en ont besoin, notant que l'Autorité Agricole et Alimentaire (AFA) du gouvernement kenyan et Mahyco Seed, une société de production de semences, s'efforcent de répondre à la demande tout en soutenant les agriculteurs avec des connaissances en agronomie.

 

_____________

 

* Source : Kenyan farmers reap bountiful first harvest of GM cotton - Alliance for Science (cornell.edu)

 

Ma note : Les résultats décrits dans cet article illustrent principalement la supériorité de la nouvelle génétique « conventionnelle » dans laquelle le gène Bt a été introduit. L'effet de celui-ci, évoqué dans l'article est de protéger la culture du ver de la capsule et de réduire le nombre de traitements.

 

Et dire que certains milieux politiques et « associatifs » (des « organisations » dont le but premier est devenu d'assurer leur pérennité et prospérité) européens militent contre les semences issues de la génétique moderne...

 

Les « sacs à dos » ne sont pas une erreur de traduction... Mais je pense qu'il s'agit plutôt d'un pulvérisateur à dos.

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