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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La recherche montre que la diversité des pollinisateurs améliore la production du canola (colza)

23 Mai 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique, #Agronomie

La recherche montre que la diversité des pollinisateurs améliore la production du canola (colza)

 

AGDAILY Reporters*

 

 

Image : JMP_Traveler, Shutterstock

 

 

Les agriculteurs sont attentifs à de nombreux aspects de leurs cultures. Ils suivent attentivement la quantité d'eau qu'ils leur donnent et la quantité d'engrais qu'ils utilisent. Mais qu'en est-il du nombre d'abeilles et de papillons qui les visitent ?

 

Mariana Paola Mazzei, chercheuse spécialisée dans la pollinisation des cultures, et ses collaborateurs pensent qu'il est temps de commencer à se soucier davantage des pollinisateurs. Ils soulignent qu'il est important de disposer de ce que l'on appelle des zones semi-naturelles autour des champs de culture. Cela permet à davantage de pollinisateurs de visiter les cultures.

 

Les recherches de l'équipe ont été récemment publiées dans Crop Science, une revue de la Crop Science Society of America.

 

Leurs récentes recherches ont permis de vérifier si les plantes de canola en Argentine ont un meilleur rendement si elles sont proches de zones semi-naturelles. Ces zones comptent davantage de pollinisateurs. Ils ont étudié l'influence des pollinisateurs sur différents aspects de la production de canola. Il s'agissait notamment du nombre total de siliques, de graines par silique et de la masse des graines.

 

« Les insectes pollinisateurs visitent les fleurs pour se nourrir de nectar, de pollen, ou des deux », explique Mme Mazzei. « Cette interaction fleur-pollinisateur permet la circulation du pollen entre les fleurs, transporté par les insectes. »

 

Les pollinisateurs peuvent contribuer à augmenter le rendement en déposant un plus grand nombre de grains de pollen sur une fleur. Cela signifie qu'il y aura plus de graines produites par silique. De même, si un plus grand nombre de fleurs par plante sont fécondées, il y aura plus de graines au total dans un champ.

 

Leurs résultats ont montré que la proximité de la culture avec des habitats semi-naturels peut effectivement augmenter le rendement du canola. Plus le canola était proche des pollinisateurs, plus le rendement augmentait.

 

L'équipe a également examiné les pollinisateurs présents dans les champs de canola. Les types de pollinisateurs, la quantité de pollinisateurs et la diversité des pollinisateurs qui visitent les champs de culture sont tous des facteurs importants. Les abeilles domestiques étaient le pollinisateur le plus commun et le plus important. Les chercheurs ont également trouvé des espèces indigènes, comme des types de syrphes, de mouches, de papillons, de guêpes et d'abeilles charpentières. On a trouvé pour la première fois que certaines de ces espèces pollinisaient le canola.

 

« Le nombre d'espèces pollinisatrices est important car une plus grande diversité signifie plus de chances de fertilisation et de production de graines dans cette culture », explique Mme Mazzei. « Voir de nouvelles espèces d'insectes pollinisateurs dans cette culture nous permet de faire de meilleures recommandations pour les habitats semi-naturels. Cela contribue également à la conception des idées futures pour aider les pollinisateurs. »

 

L'équipe de recherche propose de nombreuses stratégies pour augmenter le nombre de pollinisateurs. La plus importante consiste à diversifier le paysage pour le rendre plus accueillant pour les pollinisateurs. Cela peut commencer par la diversification des cultures elles-mêmes.

 

« Une diversité de cultures qui fleurissent à différents moments attirera davantage de pollinisateurs tout au long de l'année », explique M.me Mazzei. « Le fait qu'une grande partie du paysage soit constituée de la même culture réduit la stabilité des espèces pollinisatrices et leur nombre. »

 

« Ces parcelles de cultures diverses devraient être fusionnées avec des habitats semi-naturels », ajoute-t-elle. Avoir des zones semi-naturelles dans tout le paysage aide les pollinisateurs à se déplacer entre elles.

 

« Ces sites fournissent des abris, des sites de nidification et différents aliments aux pollinisateurs tout au long de la saison », explique Mme Mazzei. « La principale recommandation politique pour aider la pollinisation des cultures est d'avoir un niveau minimum d'habitats semi-naturels autour des parcelles de culture. »

 

____________

 

* Source : Research shows diverse pollinators improve canola production | AGDAILY

 

** Voici le résume (découpé) de « Semi‐natural habitats and their proximity to the crop enhances canola (Brassica napus) pollination and reproductive parameters in Argentina » (les habitats semi-naturels et leur proximité avec la culture améliorent la pollinisation et les paramètres de reproduction du canola (Brassica napus) en Argentine) de Mariana Mazzei, Paola Vesprini et José Luis Galetto Leonardo :

 

« La diversité et l'abondance des pollinisateurs sont accrues dans les zones cultivées situées à proximité d'habitats naturels et semi-naturels (pâturages, forêts, lignes d'arbres, etc.). La gestion des services écosystémiques, tels que la pollinisation par les insectes, est essentielle pour augmenter le rendement des cultures.

 

Bien que la pollinisation par les insectes soit liée à de meilleurs rendements dans de nombreuses cultures, les pollinisateurs ne sont généralement pas considérés comme un intrant à gérer dans la production agricole.

 

Dans cette étude, nous évaluons pour la première fois l'influence des pollinisateurs sur les paramètres de reproduction de trois peuplements de colza placés à différentes distances d'habitats semi-naturels dans le centre de l'Argentine. Des inflorescences avec des fleurs exposées et non exposées (recouvertes d'un voile) aux visites des insectes ont été comparées dans des plantes poussant à proximité (<50 m) et à distance (>50 m) d'habitats semi-naturels. Les observations des visites des fleurs par les insectes ont été enregistrées pendant la période de floraison.

 

Le pollinisateur le plus fréquent était Apis mellifera, mais douze autres morpho-espèces de pollinisateurs ont été enregistrées. Sept d'entre elles ont été observées dans les fleurs de colza pour la première fois.

 

Les pollinisateurs ont augmenté la quantité de pollen déposée sur les stigmates et tous les paramètres reproductifs mesurés (nouaison, graines par silique, masse de graines). La production de graines par infructescence a augmenté de 34 % et 35 % respectivement avec la proximité d'habitats semi-naturels et avec les pollinisateurs.

 

Par conséquent, le service écosystémique de pollinisation est un intrant pertinent pour la production de canola dans le centre de l'Argentine. Il serait important de développer des politiques qui encouragent des systèmes agricoles diversifiés garantissant la protection de la flore naturelle et des pollinisateurs. »

 

On peut trouver curieux que les auteurs communiquent sur le nombre de graines par infrutescence plutôt que sur le rendement.

 

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