La plateforme « Pour une autre PAC » fait l'article dans Libération... M. Jean-Paul Pelras répond dans l'Opinion
Glané sur la toile 661
Libération a ouvert ses colonnes le 6 avril 2021 à la plate-forme « Pour une autre PAC » pour une tribune, « Politique agricole commune : à quand un virage agroécologique ? ».
En chapô, ce qui constitue un bon résumé (avec un « et » à la place du « ou ») :
« Une cinquantaine d’organisations exhorte le gouvernement à engager une politique orientée vers la transition écologique, en rémunérant les pratiques vertueuses pour l’environnement et le bien-être animal, ou en soutenant les fermes les plus petites, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée. »
On peut résumer un peu différemment : c'est, selon l'identité du signataire, un appel à donner les sous de la PAC à eux, à leurs amis ou à leurs fournisseurs.
Voici la liste des signataires :
Guillaume Riou, président de la FNAB, Michel Vampouille, président de la Fédération Terre de Liens, Julien Kieffer et Pierre-Henri Roussel, coprésidents de Reneta, Françoise Vernet, présidente de Terre et Humanisme, Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, Raphaël Bellanger, co-président de la FADEAR, Fabrice Bouin, président du Réseau Civam, Cédric Letourneur, secrétaire national du MRJC, Christian Pons, président de l’Unaf, Bertrand Auzeral, président de l’Association Bee Friendly, Philippe Hirou, président de l’Afac-Agr Nicolas Hulot, président d’honneur de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH), François Veillerette, porte-parole et responsable plaidoyer de Générations Futures, Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et Biodiversité, Jacques Caplat, secrétaire général d’Agir Pour l’Environnement, Justine Ripoll, co-présidente de Combat Monsanto, Ghislain Zuccolo, directeur général de Welfarm, Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement, Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France, Leopoldine Charbonneaux, présidente de CIWF, Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France, Michaël Weber, président de la Fédération des Parcs naturels régionaux de France (FPNRF), Christophe Lépine, président de la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels, Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat, Clotilde Bato, déléguée Générale SOL, Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac, Anne-Françoise Taisne, déléguée générale du CFSI, Jean-Louis Marolleau, secrétaire du Réseau Foi et Justice, Luc de Ronne, président d’ActionAid France, Robert Levesque, président d’aGter, Philippe Collin, président d’AVSF, Tanguy Martin, administrateur d’Ingénieurs Sans Frontières – Agrista, Evelyne Boulongne, porte-parole du Miramap, Clémentine Nordon, co-responsable du Pôle Lobbying de Citoyens pour le Climat, José Tissier, président de Commerce Équitable France, Dominique de Viviès et Jean-François Hivert, co-présidents de Chrétiens dans le Monde Rural, Marc Mangenot, administrateur des Amis de la Conf, Henri Rouillé d’Orfeuil, pilote du programme alimentation responsable et durable, Julie Potier, directrice générale de Bio Consom’acteurs, Vincent Destival, délégué général du Secours Catholique, Sophie Marie, présidente de WWOOF France, Bastien Beaufort, représentant de Slow Food France, Félix Lallemand, administrateur des Greniers d’Abondance.
C'est évidemment de bonne guerre. Dans une autre tribune publiée dans l'Opinion, 164 parlementaires se sont ainsi prononcés pour « une PAC créatrice de valeur dans l’ensemble des filières et des territoires » qui insistait surtout sur les grandes cultures.
De bonne guerre ? Enfin... Comme le laisse entendre le chapô, la rhétorique du financement préférentiel (sinon exclusif) de la vertu alléguée – à tous égards – implique une allégation de l'existence du vice, le dénigrement d'une agriculture honnie (celle qui fournit la base de notre alimentation) :
« Mais avec seulement 4 % du budget actuel de la PAC dédiés aux mesures d’accompagnement de la transition agroécologique et de la conversion au bio, la stratégie de nos politiques s’est avérée inefficace. La surface agricole bio progresse très lentement et n’atteint que 9 %, l’usage des pesticides continue à augmenter (6), et l’élevage reste largement dépendant du soja importé d’Amazonie. Agriculteurs et agricultrices sont pourtant prêts à faire évoluer leur système et les citoyens se tournent résolument vers une alimentation choisie, respectueuse des paysans, de l’environnement et des animaux.
La note 6, c'est : « Etude des financements publics et privés liés à l’utilisation agricole de pesticides en France - BASIC pour la FNH 2021 » – un document qui a fait hurler et que nous avons évoqué dans « Pesticides et Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme : mensonge d'ONG ou incurie médiatique ? ».
Notez le « soja importé d'Amazonie »... tout est bon pour noircir le « camp d'en face »... Et la fin de la dernière phrase citée est d'un angélisme bien naïf.
M. Jean-Paul Pelras a répondu par une tribune dans l'Opinion du 23 avril 2021, « Si les écologistes veulent aider les paysans, qu’ils leur fichent la paix ! »
À quoi répond-il ?
« Cette nouvelle tribune réclame, entre autres doléances, un virage agroécologique concernant la future Politique agricole commune, avec une réorientation des soutiens. Ce qui, de facto, va susciter la mise en place de nouvelles contraintes, de nouveaux contrôles, de nouvelles normes coercitives et si peu compétitives dans un contexte où les pays concurrents se frottent les mains en observant nos tribulations agro-environnementales franco-françaises. »
Passons à la conclusion :
« La question, puisqu’elle est politique, n’est pas de savoir pourquoi les écologistes veulent imposer leurs dogmes aux agriculteurs, mais plutôt pourquoi les agriculteurs, dans leur grande majorité, ne supportent plus les leçons qui leur sont assénées par les mouvements environnementalistes.
Plutôt que de rédiger des tribunes matinées de compassion en prenant à témoin le contribuable-électeur et en réclamant plus de contraintes, que les écologistes laissent travailler les paysans. Ou bien, d’ici quelques années, le criquet importé, le nugget de fourmi lyophilisé et la tartine de tofu congelé auront remplacé ces productions agricoles locales traditionnelles qui, jour après jour, garantissent sur le plan quantitatif et qualitatif une autonomie alimentaire à 67 millions de Français.
Un challenge que l’écologie politicienne, beaucoup moins rompue au maniement des outils qu’à celui des idées, aura certainement beaucoup de mal à remporter. »
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