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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Du glyphosate dans les écouvillons des tests Covid ?

21 Mai 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Covid-19, #Activisme, #Politique

Du glyphosate dans les écouvillons des tests Covid ?

 

Ludger Weß*

 

 

Les organisations environnementales et les politiciens écologistes hésitent encore à tester les écouvillons et masques Covid pour le glyphosate.

Ludger Weß

 

 

La campagne de vaccination de l'Allemagne est enfin en cours, mais le problème suivant fait son apparition : beaucoup de gens ne vont pas se faire vacciner. Ils ont appris des organisations environnementales, des politiciens et des médias à se méfier des régulateurs et des experts.

 

 

Entre-temps, il y a davantage de vaccins disponibles en Allemagne, mais malheureusement aussi de plus en plus de personnes qui ne veulent pas se faire vacciner. En Hesse, les bureaux de santé signalent jusqu'à 50 % de rendez-vous de vaccination annulés. Il existe des rapports similaires dans d'autres États fédéraux. On peut supposer que la majorité de ces personnes ne refusent pas la vaccination en principe, mais ont simplement peur du vaccin d'AstraZeneca. En conséquence, ils laissent tomber leur rendez-vous ou n'acceptent pas l'offre de vaccination.

 

Le problème ne fera que s'aggraver dans les mois à venir en ce qui concerne la vaccination des mineurs et des enfants. Il y a déjà des parents qui ne veulent même pas que leurs enfants soient testés. Cela dépasse l'entendement ; mais tous les parents qui ont peur de faire tester ou même (bientôt) vacciner leurs enfants contre le SARS-CoV-2 ne sont pas des contestataires. Ils manquent cruellement d'assurance et les pseudo-experts comme Bhakdi et Arvay (qui figurent tous deux sur la liste des best-sellers du Spiegel) ont la vie facile.

 

Il est facile de froncer le nez ou de lever les yeux au ciel devant des parents sceptiques, mais leur attitude est-elle vraiment si surprenante ? Peut-on reprocher aux parents de refuser les tests Covid ou les masques pour leurs enfants parce qu'ils ne veulent « aucun produit chimique » dans le nez et sur les muqueuses de leurs enfants ? Les activistes, les médias tels que le Spiegel, taz, Süddeutsche et même le radiodiffuseur public n'ont-ils pas continuellement mis en garde contre le « glyphosate cancérigène » dans les aliments, les aliments pour bébés, les produits d'hygiène, etc. au cours des dernières années ? N'est-il pas compréhensible que les parents aient peur des produits chimiques dans le nez de leurs enfants alors qu'on leur répète depuis des années dans des campagnes que les vêtements, les jouets et la nourriture des enfants sont « contaminés par des produits chimiques » et que même des traces de glyphosate, de plastifiants, de formaldéhyde, etc. sont capables de provoquer des allergies, des dommages neurologiques et des cancers ? Alors que toute l'année, des mises en garde sont lancées contre les « poisons des champs » présents dans les lièvres de Pâques, les saucisses grillées et les sapins de Noël, parce que les champs allemands sont « arrosés de pesticides » ? Quand on déclare qu'il y a un manque de volonté politique pour enquêter sur les conséquences dévastatrices du « cocktail chimique » auquel nos enfants sont constamment exposés ? Quand il est sous-entendu que les régulateurs ignorent les dangers et sont de mèche avec l'industrie ? Quand les limites de l'eau potable servent constamment d'étalon pour créer des scandales sur les traces de résidus ?

 

 

ZDF : « du glyphosate cancérigène dans les cotons-tiges »

 

C'est la ZDF qui a mis en garde contre la présence de glyphosate dans les cotons-tiges – « à un niveau plus élevé que les limites existantes pour l'eau potable » ! Allégation suivie de la déclaration (fausse) : « L'Organisation Mondiale de la Santé a classé le glyphosate comme "probablement cancérigène". » Andreas Gies, de l'Agence Fédérale de l'Environnement avait alors abondé : « Il ne faut pas l'ignorer ». Et maintenant ? ZDF WISO et l'Agence Fédérale de l'Environnement ont-ils déjà examiné les écouvillons des tests Covid ? Le feront-ils encore ou cela sera-t-il considéré comme hérétique, cynique et « inutile » ?

 

Où est l'Umweltinstitut [institut de l'environnement] de Munich, qui, il y a peu, semait la panique à propos des « traces de glyphosate » et d'autres pesticides dans l'air que nous respirons ? Prévoit-il une analyse des résidus de pesticides dans les écouvillons des tests Covid, suivie de la déclaration habituelle selon laquelle « personne ne peut exclure que... » ; que par exemple, dans le cas d'une blessure due à une mauvaise utilisation, les résidus passent directement dans le sang ? Quels dommages à long terme la Deutsche Umwelthilfe [aide allemande à l'environnement] prévoit-elle en cas d'inhalation de résidus de produits chimiques ou de fibres à travers les masques ? Le risque n'augmente-t-il pas avec le cocktail chimique que les meubles et les fleurs coupées émettent ? Où est Greenpeace pour déplorer la présence de coton génétiquement modifié dans les écouvillons et exiger qu'ils soient étiquetés avec le signe d'avertissement de biosécurité ? Où est le test du masque effectué par le BUND [Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland – ligue pour l'environnement et la protection de la nature de l'Allemagne], une organisation qui, par ailleurs, recherche à chaque occasion des résidus d'huile minérale et d'autres polluants dans le papier d'emballage et les filtres à café ?

 

Et pourquoi faire confiance à la Commission Permanente pour les Vaccinations (STIKO), contre laquelle les Verts ont mené une campagne en 2008 et 2009 pour la discréditer en tant qu'organe de propagande dirigé par l'industrie, parce que le « parti de la science » rejette le vaccin contre le papillomavirus humain [VPH] pour la prévention du cancer du col de l'utérus : « Deux décès en Allemagne et en Autriche survenus en relation temporelle avec la vaccination contre le VPH ont été une raison suffisante pour que nous, les Verts de la commission de la santé du Bundestag, exigions un rapport du gouvernement fédéral ».

 

Dans la petite question du groupe parlementaire du 23 avril 2009, des questions typiques des contestataires ont été énumérées :

 

« Quels examinateurs externes ont suivi ce rapport d'ETS [évaluation des technologies de la santé] ? Ces personnes sont ou étaient-elles liées aux fabricants de vaccins ? »

 

« Existe-t-il des recherches indépendantes des fabricants sur les effets indésirables neurologiques rares et les complications des vaccins en Allemagne ?

 

[...]

 

a) Dans quelle mesure y a-t-il des employés du ministère fédéral de la Santé qui ont été ou sont employés par des fabricants de vaccins ou qui sont liés d'une autre manière à ces derniers ? Dans quels départements ces employés travaillent-ils et quelles sont les tâches qui leur sont confiées ?

 

b) Dans quelle mesure des employés de l'Institut Paul Ehrlich ont-ils été ou sont-ils employés par des fabricants de vaccins ou ont-ils d'autres relations avec eux ? Dans quels départements ces employés travaillent-ils et quelles sont les tâches qui leur sont confiées ? »

 

 

Les Verts au niveau de l'AFD [Alternative für Deutschland, classée à l'extrême droite]

 

On n'oubliera pas la théorie du complot véhiculée dans la même question, selon laquelle l'attribution du prix Nobel 2008 au virologue allemand Harald zur Hausen n'était pas irréprochable : « Existe-t-il des indications que l'influence présumée de l'industrie pharmaceutique sur l'attribution du prix était destinée à des fins de marketing ? » Zur Hausen avait prouvé au début des années 1980 que les virus du papillome humain causaient le cancer du col de l'utérus et avait ainsi jeté les bases de la vaccination contre le VPH et le cancer du col de l'utérus.

 

Une mise en scène au moins aussi scabreuse et du niveau de l'AfD a été faite par les Verts avec la prétendue détection de glyphosate dans le lait maternel à l'été 2015. Au lieu de procéder à des vérifications minutieuses et de s'adresser à un laboratoire disposant d'une réelle expertise, le groupe parlementaire des Verts a fait réaliser une étude dans un laboratoire inadéquat avec des méthodes inadaptées ; il l'a immédiatement rendue publique (le communiqué de presse original et l'« étude » ont été retirés par les Verts de leur site web par précaution, mais sur la page Facebook, il y a encore des vestiges) pour annoncer une nouvelle choquante : que dans des échantillons de lait maternel, des quantités de glyphosate comprises entre 0,210 et 0,432 nanogrammes par millilitre de lait avaient été mesurées – alors que pour l'eau potable, ce n'est que 0,1 nanogramme qui est autorisé. L'étude s'est effondrée lorsqu'elle a été réexaminée par des laboratoires accrédités ; et le parti qui avait prétendu être si responsable (« en tant que groupe parlementaire au Bundestag, nous nous sommes longtemps demandé si nous devions tester le lait maternel pour le glyphosate et nous accommoder du risque de déstabiliser les mères qui allaitent, alors que le lait maternel est si important pour les bébés... ») a été contraint de présenter des excuses publiques. Mais l'incertitude avait été suscitée et l'affirmation selon laquelle le glyphosate peut être trouvé « dans la bière, l'urine et le lait maternel » circule toujours.

 

 

« ... sont-ils indépendants ? »

 

Mais l'incertitude des plus de 60 ans (qui ont grandi au rythme des avertissements du Club de Rome et des campagnes contre l'énergie nucléaire, le génie génétique et le dépérissement des forêts) est également compréhensible. Ils ont appris à se méfier par principe des autorités de régulation et des experts (dans le cas de l'énergie nucléaire, il était même de bon ton de ne pas être un expert), à les accuser d'être proches de l'industrie (« les portes tournantes ») ou d'être vénaux. Ils ont appris à supposer un parti pris (« toute personne qui s'y connaît et pense que c'est bien y a un intérêt personnel et/ou gagne son pain avec ») ou un optimisme aveugle quant au progrès, mais en tout cas une irresponsabilité et l'imprudence. La question habituelle des politiciens verts en matière de génie génétique ou de pesticides est la suivante : « Dans quelle mesure le BfR, l'EFSA, l'ECHA, la Commission Européenne, le Ministère de l'Agriculture, etc. sont-ils indépendants ? ». Et par défaut, le travail des forces secrètes de lobbying est présumé avoir été à l'œuvre dès qu'une expertise scientifique ne tourne pas comme le parti le souhaite. Le lobby pharmaceutique, chimique, du génie génétique ou de l'agriculture a alors été à la manœuvre et la question est murmurée : « À qui profite la nouvelle expertise ? »

 

 

Retournement de situation avec la pandémie

 

Dans la pandémie, ces mêmes régulateurs et experts sont soudainement considérés comme dignes de confiance par tous ces partis et organisations qui font un profit pécuniaire et politique avec le commerce de la peur : ils ont réalisé que leur propre clientèle serait en danger s'ils restaient sur la même stratégie.

 

Une situation similaire peut être observée en Suisse en ce moment : pendant des années, on a dit au public que l'agriculture biologique pouvait se passer de pesticides et d'engrais. Aujourd'hui, les agriculteurs biologiques et les Verts suisses élèvent la voix contre l'initiative sur l'eau potable, qui veut légiférer sur le renoncement à touts les pesticides et à tous les engrais. Selon l'initiative, les sels de cuivre, sans lesquels aucune ferme biologique ne peut exister, disparaîtraient également.

 

Rien ne discrédite plus ces partis et organisations clientélistes et les médias qui leur sont associés que de tels rebondissements. Mais les dégâts qu'ils ont causés sont importants. Il est devenu habituel en Europe, grâce à ces roulements de tambour, de ne voir avant tout que les risques des nouvelles technologies, de minimiser, rejeter ou déclarer superflus les bénéfices attendus (il suffit d'abolir l'agriculture industrielle, les inégalités, le capitalisme, et il n'y aura plus d'épidémies, plus de mauvaises récoltes, plus de faim, plus de maladies), et d'exiger le risque zéro. La gestion des risques est perçue comme une tentative répréhensible d'un lobby industriel d'imposer ses intérêts par la petite porte.

 

Aujourd'hui, pour la première fois, nous voyons le prix que la société paie pour cette vile politique clientéliste : le prix, ce sont des personnes mortes. De plus en plus chaque jour.

 

____________

 

Ludger Weß écrit sur la science depuis les années 1980, principalement le génie génétique et la biotechnologie. Avant cela, il a fait des recherches en tant que biologiste moléculaire à l'Université de Brême. En 2006, il a été un des fondateurs d'akampion, qui conseille les entreprises innovantes dans leur communication. En 2017, il a publié ses polars scientifiques « Oligo » et « Vironymous » chez Piper Fahrenheit et, en 2020, un ouvrage sérieux « Winzig, zäh und zahlreich - ein Bakterienatlas » (petits, robustes et nombreux – un atlas des bactéries) chez Matthes & Seitz. Cet article a été écrit par Ludger Weß à titre privé.

 

 

Source : Glyphosat in Covid-Teststäbchen? - Salonkolumnisten

 

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max 21/05/2021 15:59

Cela devrait faire réfléchir Foucart, Horel et Lucet qui n'hésitent pas à donner la parole à des personnes faisant la promotion de science et médecine alternative ainsi que défiance envers la médecine conventionnelle et les agences d'évaluation sanitaire.
Le livre les gardiens de la raisons est brandi par les antivax et complotiste sur les réseaux sociaux pour tenter de discréditer leurs adversaire. Et ça ne semble pas déranger les auteurs, ni les pousser à se remettre en question.