Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Commerce de produits biologiques 1.01 : l'accord entre les États-Unis et le Canada

20 Mai 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Agriculture biologique

Commerce de produits biologiques 1.01 : l'accord entre les États-Unis et le Canada

 

Amanda Zaluckyj, AGDAILY*

 

 

Image : Aleksandar Malivuk, Shutterstock

 

 

La certification biologique du Département américain de l'Agriculture est aujourd'hui plus reconnaissable que jamais, même si les consommateurs ne savent pas toujours ce qu'elle signifie réellement (indice : les agriculteurs biologiques peuvent utiliser – et utilisent – des pesticides). Ce n'est pas forcément de leur faute, compte tenu de la complexité des règlements du programme et du marketing (souvent trompeur) qui l'accompagne. Mais les importations de produits biologiques portent la confusion à un niveau supérieur.

 

Saviez-vous, par exemple, que des légumes cultivés dans un autre pays peuvent être vendus aux États-Unis avec un label de certification biologique de l'USDA ? Ou que des accords commerciaux régissent les règles d'importation et varient d'un pays à l'autre ? Dans une série d'articles, j'épluche ces accords et, je l'espère, j'apporte un peu de clarté. J'ai déjà examiné l'accord d'équivalence entre les États-Unis et l'Union Européenne. Et j'ai été surprise d'apprendre que l'USDA a des certificateurs biologiques qui vivent et travaillent au Mexique.

 

Cette fois, je reste en Amérique du Nord et j'analyse l'accord commercial entre les États-Unis et le Canada. Ayant grandi dans un État frontalier du nord, la relation des États-Unis avec le Canada me semble bien différente de celle que nous entretenons avec le Mexique. Le gouvernement canadien semble plus stable et plus fiable. Et on a l'impression, à tort ou à raison, que les produits importés du Canada sont plus fiables.

 

 

 

 

Il est donc logique que les États-Unis aient conclu un accord d'équivalence avec la certification biologique du Canada. En général, les produits cultivés conformément au programme biologique canadien peuvent être importés aux États-Unis et vendus avec le label biologique de l'USDA. Et les produits cultivés en conformité avec la réglementation américaine sur l'agriculture biologique peuvent être expédiés au Canada et vendus avec le label biologique canadien. Les produits admissibles comprennent les cultures, les plantes sauvages, le bétail et les produits transformés.

 

L'exception à la règle met en évidence les différences entre les réglementations biologiques des deux pays. L'USDA exige des agriculteurs canadiens qu'ils franchissent un obstacle supplémentaire pour obtenir la certification américaine. Les produits animaux ne peuvent pas être commercialisés en tant que produits biologiques si l'animal a reçu des antibiotiques. Il s'agit d'une politique controversée ici, qui n'a manifestement pas d'équivalent chez notre voisin du Nord.

 

La certification biologique du Canada comporte en fait plus d'exigences que les programmes américains. Les agriculteurs qui espèrent vendre leurs produits biologiques au Canada doivent donc faire face à des contraintes supplémentaires. Par exemple, les produits agricoles issus de méthodes de production hydroponiques ou aéroponiques ne peuvent pas être certifiés biologiques. Les produits contenant du nitrate de sodium ne peuvent pas être vendus comme produits biologiques. Et les produits animaux doivent respecter les taux de chargement du bétail exigés par la loi canadienne.

 

Les deux pays exigent que les produits importés soient accompagnés d'un certificat biologique attestant qu'ils ont été produits conformément à la réglementation du pays concerné.

 

Et à mesure que les programmes et les règlements changent, les deux pays reconnaissent ces différences. Un groupe de travail technique suit les écarts entre les deux programmes biologiques et recommande toute attestation supplémentaire nécessaire à la conformité. Les pays procèdent également à des examens mutuels par les pairs pour s'assurer que l'accord d'équivalence est respecté sur le marché.

 

Les différences entre l'approche de l'USDA au Mexique et au Canada ne pourraient pas être plus marquées, ce qui renforce les perceptions dont j'ai parlé précédemment. Au Mexique, l'USDA engage ses propres agents pour certifier les produits biologiques cultivés au Mexique. Il n'y a pas vraiment de collaboration entre les deux pays. Mais avec le Canada, le niveau de confiance est plus élevé. Donc, à part quelques différences, les produits acceptés pour la certification dans un pays sont acceptés dans l'autre. Et chaque pays compte sur ses propres employés pour agir en tant que certificateurs.

 

C'est une dichotomie intéressante qui en dit probablement long sur le commerce et les relations continentales.

 

_______________

 

Amanda Zaluckyj blogue sous le nom The Farmer's Daughter USA. Son objectif est de promouvoir les agriculteurs et de lutter contre la désinformation qui tourbillonne autour de l'industrie agroalimentaire américaine.

 

Source : Organic trade 101: The U.S.-Canada agreement | AGDAILY

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article