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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Voici pourquoi les agriculteurs doivent commencer à parler sérieusement du changement climatique

13 Avril 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Voici pourquoi les agriculteurs doivent commencer à parler sérieusement du changement climatique

 

Amanda Zaluckyj, AGDAILY*

 

 

Image : Bryan East, Shutterstock

 

 

Fait : le changement climatique est réel.

 

Autre fait : Al Gore a été un terrible porteur d'eau pour cette question.

 

Voilà. C'est dit. Le changement climatique est bien réel. Nous pourrons discuter des détails plus tard. Nous pouvons nous battre pour savoir s'il est juste que les États-Unis prennent des mesures alors que la Chine et l'Inde continuent de polluer (ce n'est pas le cas). Nous pouvons débattre de la question de savoir s'il est réaliste de penser que notre planète en perpétuel changement aura toujours un climat respectueux de l'homme (ce ne sera pas le cas). Et nous pouvons tous admettre que Greta Thunberg est trop en colère pour quelqu'un de si jeune (désolé, pas désolée).

 

Mais voilà le marché : les agriculteurs américains vont soit contribuer à la discussion sur le changement climatique, soit être contraints de mettre en œuvre le résultat.

 

Nous avons encore la possibilité d'intervenir et d'influencer la politique. Nous pouvons prendre place à la table des négociations et partager notre expertise. Nous pouvons prendre la tête. Ou nous pouvons attendre que le gouvernement nous dise quelles méthodes de production nous allons mettre en œuvre pour réduire notre empreinte carbone. Nous pouvons attendre que des bureaucrates malavisés rédigent les règlements. Et nous pouvons renoncer à l'autonomie dont nous disposons encore dans nos exploitations.

 

Voilà le choix : se bouger ou se mettre à l'écart.

 

 

 

 

Je comprends parfaitement pourquoi les agriculteurs hésitent à s'engager dans cette voie. Les écologistes accusent injustement l'agriculture de littéralement tous les malheurs qui se produisent sur cette planète. Pour eux, l'agriculture moderne est la racine de tous les maux. Nous sommes donc naturellement sur la défensive lorsque nous entendons ces groupes parler de quelque chose. Et en ce moment, ce sont ces groupes qui influencent les dirigeants en matière de politique agricole sur le changement climatique.

 

Réfléchissez ! L'agriculture ne contribue qu'à raison de 10 % à l'ensemble des gaz à effet de serre aux États-Unis. Pourtant, l'agriculture est toujours le secteur économique que les gens veulent changer en premier. Nous sommes censés abandonner les meilleures pratiques, les méthodes de production sûres et nos moyens de subsistance, tandis que les responsables des 90 % restants des émissions ne font rien. Pas étonnant que nous ne soyons pas intéressés.

 

Mais le changement climatique est différent. Parce que l'agriculture est un leader dans la réduction des émissions de carbone – et nous n'avons même pas fait à desseain ! Nous avons réussi à augmenter les rendements tout en réduisant nos intrants. Et selon l'American Farm Bureau Federation (qui a adopté le changement climatique comme priorité politique l'année dernière), les agriculteurs pourraient réduire de moitié leur empreinte carbone simplement en adoptant davantage les techniques que nous utilisons déjà !

 

C'est le message que les gens doivent entendre. L'agriculture devrait être un modèle pour les secteurs de l'électricité et des transports, qui contribuent à hauteur de 55 % aux émissions. Nous pouvons montrer à d'autres industries comment le faire de manière durable. Car la durabilité signifie adopter des pratiques qui sont bonnes pour l'environnement et nos portefeuilles. Les agriculteurs le font depuis des décennies sans réglementation gouvernementale supplémentaire, sans crise environnementale imminente, ni même sans demande du public. Nous adoptons de nouvelles technologies, intégrons les dernières avancées scientifiques et actualisons nos méthodes de production parce que cela a du sens.

 

En d'autres termes, nous avons compris.

 

Je sais que cela ne plaira pas à tout le monde. C'est pourquoi je mentionne Al Gore. Un homme politique partisan ne devrait pas être le porte-drapeau de ces questions dévorantes. Il a réussi à sensibiliser les gens, mais il a aussi rendu le changement climatique inutilement conflictuel. Permettez-moi donc de me dissocier de lui et de sa famille. Je ne pense pas que le monde va disparaître dans 12 ans. Je ne soutiens pas le Green New Deal. Et la réponse au changement climatique n'est pas de rejeter le capitalisme au profit du socialisme.

 

Mais c'est un problème. Nous pouvons l'admettre sans pour autant adopter une mauvaise politique. Le changement climatique est une chose à laquelle nous devons réfléchir. C'est quelque chose que notre pays va aborder, avec ou sans nous. Et nous pouvons y contribuer de manière significative. Imaginez un monde qui s'appuie sur l'agriculture pour prendre l'initiative de résoudre un problème mondial.

 

J'espère que nous saisirons cette opportunité.

 

____________

 

Amanda Zaluckyj tient un blog sous le nom The Farmer's Daughter USA. Son objectif est de promouvoir les agriculteurs et de lutter contre la désinformation qui circule autour de l'industrie agroalimentaire américaine.

 

Source : Farmers need to start seriously talking about climate change | AGDAILY

 

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Christian 14/04/2021 05:55

Encore les épouvantails. Si on veut avoir l'heure juste, c'est pas Al Gore (heu, on est en 2021, pas en 2001!) ou Greta Thunberg qu'il faut regarder mais bien les institutions scientifiques publiques et les publications scientifiques. Et l'écrasante majorité vont dans le sens du réchauffement climatique.
Faire porter le blâme sur Al Gore et compagnie pour dire que le réchauffement climatique est conflictuel, c'est faire une inversion des rôles. Ce sont ceux qui ont tout fait pour dénier cette réalité depuis les années 60 qui ont amené le conflit.
De plus, je rigole un peu quand je vois la peur du socialisme alors que le milieu agricole américain est fortement subventionné tout comme l'industrie aéronautique.
Par contre si les agriculteurs américains s'engagent vers des changements de moyens de productions moins émetteurs de GES, on ne peut pas être contre. Ça va prendre un effort de tous les secteurs industriels pour que les réductions de GES soient notables.

douar 14/04/2021 09:06

Ce n'est qu'une astuce de plus pour aider l'agriculture US.
Mais je crains que ceci ne détourne l'allocation des ressources vers la chasse aux subventions, un grand classique.
Quant au débat du le RCA, il me semble qu'il y ait eu dans le passé proche aux US, des périodes particulièrement éprouvantes comme les années 30 et ses épisodes de dust bowl. A l'époque, on n'incriminait pas l'action de l'homme.
Le monde agricole fera comme il l'a toujours fait, il s'adaptera et il n'a nul besoin de pressions politiques, je crois même que c'est le pire remède.
Le problème principal est que l'on risque de partir sur des modèles contreversés et de partir vers de mauvaises solutions: l'exemple type est la place de l'élevage. Selon les modèles, l'élevage est le mal absolu et selon d'autres, pas du tout.

un physicien 13/04/2021 11:37

@Paul Aubrin
Des mesures fiables montrent un augmentation de la température depuis 60 ans, et une augmentation du CO2 dans l'atmosphère. La dernière est fortement soupçonnée de causer la première. Donc il parait raisonnable d'être prudent et de limiter les émissions de CO2.
En Belgique, où les écolos sont au pouvoir, ils ont choisi des les augmenter ...

Paul Aubrin 15/04/2021 08:42

Si l'on regarde les courbes de variation de concentration de CO2 et celles de variations de températures, il est facile de constater que les variations de température précèdent les variations de CO2 (utilisez les données de Mauna Loa, et celle du CRU et prenez les dérivées), même dans le cas des variations de température causées par les poussières volcaniques ou l'oscillation pacifique.

joletaxi 13/04/2021 15:34

si on regarde les courbes de l'un et de l'autre, c'est loin d'être une évidence

Maître Folace 13/04/2021 14:18

Eh oui mais la Belgique a encore du nucléaire et on se tue à proclamer urbi et orbi sur tous les media que c'est l'abomination absolue. La preuve aujourd'hui sur BFMTV à propos du variant brésilien du SARS-Cov2, "Un Fukushima sanitaire", sachant que le Brésil enregistre 354000 décès (et c'est pas fini) ça laisse rêveur, à part ça les centrales au charbon de la vertueuse Allemagne provoquent au bas mot 20000 décès prématurés par an mais tout le monde s'en fout.

Paul Aubrin 13/04/2021 10:49

J'ai trouvé cette position d'un climato-réaliste à laquelle je souscris presque totalement (traduction) :

Les "gaz à effet de serre" ont bien un effet sur la transparence de l'atmosphère dans l'infrarouge.
La combustion des substances carbonées augmente bien la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone.

Les valeurs proposées par le GIEC de la "sensibilité climatique" (1,5°-4,5 °C) ne reposent pas sur de bases scientifiques très solides. Les valeurs du GIEC supposent des rétroactions positives qui a leur tour supposent une instabilité du système atmosphérique alors que, dans le même temps, ils le supposent "naturellement" stationnaire. L'énorme fourchette de valeurs estimées (à dire d'expert) montre que la climatologie est très loin d'être une science aboutie.

Les modèles climatiques utilisés par le GIEC prédisent systématiquement des tendances plus grande que ce qui est observé. Ils divergent les uns des autres dans des proportions énormes et aucun dans le détail ne reproduit correctement les observations, ni de près, ni de loin. Les écarts sont tellement énormes qu'il n'y a rien à en tirer. Rien ne permet donc de supposer que leurs prédictions à 30 ou 100 ans aient le moindre rapport avec la réalité.

Le scénario RCP8.5 du GIEC, qui sert à prédire toutes les catastrophes est reconnu par les climatologues comme impossible.

Il existe un consensus des climatologues sur un nombre limités de points. Il n'y a pas de consensus sur les évaluations de la sensibilité climatique (le paramètre essentiel). Il ne saurait y avoir aucun consensus sur les futures "projections" et encore moins sur leurs conséquences économiques ou écologiques. Tout ce que les journaux racontent là-dessus est de la pure spéculation.

Les estimations de dommages de 2% de PIB dans 80 ans ne permettent de justifier aucune "urgence climatique" qui justifierait d'engager des processus de "transition" extraordinairement contraignants et coûteux.

Le réchauffement du climat depuis l'ère préindustrielle a été jusqu'ici bénéfique et devrait le rester. La végétation bénéficie d'une façon prouvée des concentrations plus élevées de dioxyde de carbone, particulièrement dans les zones semi-arides et toute la vie sur terre (biodiversité) avec elle. Un réchauffement de plus de 1,5 °C ou de 2 °C ne serait en aucun cas un désastre, il ne justifierait, pour tant est qu'il se produise jamais, aucun sacrifice socio-économique.

Les plans de mitigation des 10 ou 30 prochaines années sont aussi irréalistes qu'inefficaces.
Il y a un problème d'adaptation aux évolutions du climat.
Il n'y a pas d'urgence climatique.

joletaxi 13/04/2021 15:36

cette théorie ne repose sur rien
elle n'a jamais pu être validée par expérience
elle n'a jamais été validée par les observations
faut juste croire, ou avoir un autre agenda