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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Néonicotinoïdes au Canada : « Appliquons le principe de précaution au principe de précaution », de M. Colin Hélie-Harvey, aka Agricolincrédule

29 Avril 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Néonicotinoïdes, #critique de l'information

Néonicotinoïdes au Canada : « Appliquons le principe de précaution au principe de précaution », de M. Colin Hélie-Harvey, aka Agricolincrédule

 

 

 

 

Mme Marie-Claude Lortie a publié une chronique dans la Presse le 2 avril 2021, « Qui ne veut pas qu’on interdise les "néonics" ? »

 

En chapô :

 

« La décision de Santé Canada, annoncée mercredi, de ne pas interdire les néonicotinoïdes – contrairement à ce qui avait été affirmé il y a deux ans – est tellement décevante que je ne sais pas par où commencer pour exprimer mon désarroi. »

 

Ça commence plutôt mal, me semble-t-il : je n'ai pas le souvenir d'une affirmation de Santé Canada à propos d'une interdiction généralisée (mais d'un retrait des autorisations de la clothianidine et du thiaméthoxame en usage extérieur).

 

Ça commence plutôt mal aussi pour le texte – tout pour l'émotion avec un soupçon d'arrogance :

 

« Quelle mauvaise idée !

 

On sait que ces pesticides sont mauvais pour l’environnement en général et pour les abeilles et autres insectes pollinisateurs en particulier.

 

On sait qu’ils sont pratiquement inutiles en agriculture et n’aident que marginalement les cultivateurs à augmenter leur productivité…

 

Vous ne saviez pas ça ? »

 

On bascule ensuite dans le complotisme et les insinuations. Relevons dans ce contexte les dégâts que peuvent causer l'hystérie européenne :

 

« Pourquoi est-ce que le Canada ne fait pas comme les pays européens qui ont décidé de les interdire par précaution ?

 

Vous connaissez ce principe, chers élus et fonctionnaires ? La pré-cau-tion. Si c’est potentiellement dangereux, on s’inquiète et on met le pied sur le frein. »

 

Sans avoir cherché à approfondir le sujet, l'auteure s'est cantonnée à la fabrique du doute :

 

« Qui a convaincu Santé Canada que c’était une mauvaise idée de vouloir tout interdire. Et que, contrairement à l’Union européenne, notre pays n’avait pas besoin de mesures musclées ?

 

[…]

 

Qui ne veut-on pas irriter ? Pourquoi ? »

 

 

 

 

Sur son blog, M. Coline Hélie-Harvey a apporté une réponse circonstanciée dans « Voulez-vous vraiment le savoir Madame Lortie? »

 

Voici le début :

 

« Qui ne veut pas qu’on interdise les "néonics" ?

 

Chère Marie-Claude Lortie,

 

J’essaie d’éviter de lire vos chroniques agricoles, car elles me mettent généralement en rogne. Je ne peux pas vraiment vous en vouloir : vos intentions sont sûrement pures, mais couvrir la scène agricole nécessite de posséder ou d’acquérir un minimum de connaissances (biologie, toxicologie, agronomie, économie, etc.). Pourtant quand j’ai lu le titre d’une récente chronique , “Qui ne veut pas qu’on interdise les ‘’néonics ? ’’, j’ai cliqué, j’ai lu et j’ai soupiré.

 

Qui ne veut pas qu’on interdise les néonics? Vous posez la question et vous invitez même les gens qui le savent à vous répondre. De bonne foi ? J’en doute : les réponses sont assez facilement accessibles sur les z’internet. Pourquoi ne pas avoir posé la question aux gens compétents ? Tsé, c’est un peu ça la job de journaliste. Je sais, vous êtes chroniqueuse, mais la responsabilité journalistique demeure. »

 

On lira le reste sur site.

 

Relevons cependant ce merveilleux aphorisme mis en sous-titre :

 

« Appliquons le principe de précaution au principe de précaution »

 

Mme Marie-Claude Lortie avait conclu son bidule par :

 

« Est-ce que ceux qui le savent pourraient me le dire ? »

 

Eh bien, M. Colin Hélie-Harvey lui a dit...

 

Santé Canada avait aussi expliqué :

 

« Pour ces examens spéciaux, le Ministère a mobilisé et consulté un grand nombre de personnes de l’industrie, de parties prenantes et de Canadiens et a reçu plus de 47 000 commentaires dans le cadre de ce processus. Pendant les examens, il s’est également penché sur une grande quantité de nouvelles données de surveillance de la qualité de l’eau ainsi que d’études et d’articles scientifiques récents. »

 

Notons incidemment à l'intention des militants – titulaires d'une carte de presse ou gérants d'un commerce de la trouille et de l'indignation –, qui ne peuvent s'empêcher le pavlovien « inscticides tueurs d'abeilles » que la question posée était celle des risques pour les insectes aquatiques.

 

Mais on pourra toujours attendre que Mme Marie-Claude Lortie rectifie le tir et présente ses excuse à Santé Canada soupçonnée d'avoir failli à sa mission et aux milieux soupçonnés d'avoir exercé une « influence » indue... elle est déjà passée à autre chose.

 

 

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