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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« La Russie, nouvel eldorado du bio ? », une chronique de M. Sébastien Abis dans l'Opinion

28 Avril 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

« La Russie, nouvel eldorado du bio ? », une chronique de M. Sébastien Abis dans l'Opinion

 

Glané sur la toile 659

 

 

 

 

M. Sébastien Abis a produit, comme de coutume, une excellente chronique, mais sous un titre quelque peu étroit.

 

« La Russie, nouvel eldorado du bio ? » nous informe bien des ambitions – faut-il dire de la Russie ou de M. Vladimir Poutine, sachant que le second dirige et personnifie la première sur le plan international ? – mais cet article a une portée bien plus vaste.

 

L'illustration en couverture est aussi intéressante. Cela a l'air d'être du hors-sol, en serre... à ne pas mettre sous les yeux des fondamentalistes du bio...

 

En chapô :

 

« Depuis le début de ce siècle, Moscou n’a jamais caché ses ambitions en matière agricole. L’un de ses nouveaux paris, surprenant, semble être celui de l’agriculture biologique, sujet devenu stratégique. »

 

Si nous avons bien compris, ce nouveau pari vise surtout le marché intérieur (évidemment) et des marchés tels ceux du golfe... c'est bien vu.

 

L'article déborde beaucoup de ce cadre. Il nous rappelle que la Russie est devenue une grande puissance en matière agricole et alimentaire, en particulier après les sanctions économiques imposées par l'Union Européenne et les États-Unis d'Amérique après l'invasion de la Crimée.

 

« Si un produit symbolise cette obsession de souveraineté nationale et de reconquête internationale, c’est le blé. Près de 1 200 millions de tonnes ont été produites depuis 2000. La Russie réalise aujourd’hui 12 % de la récolte mondiale et 20 % des exportations de cette denrée consommée partout sur le globe. En 2019, le total des ventes agricoles et alimentaires russes dans le monde a atteint 23 milliards de dollars. Le double par rapport à 2010, six fois plus qu’au début du siècle. Simultanément, le pays a réduit ses importations, de 35 milliards de dollars en moyenne au tournant des années 2010 à 20 milliards environ depuis 2015. »

 

Et, pendant ce temps, dans l'Union Européenne, on rêve de convertir une part importante de notre agriculture au mode biologique, moins productif...

 

L'article rappelle également les perspectives de développement en Sibérie du fait du réchauffement climatique.

 

« Celui-ci [le réchauffement climatique] pourrait accroître les superficies et les rendements. Sorte de continent à l’intérieur de la Fédération de Russie, la Sibérie représente avec ses 14 millions de km2 s’étendant de l’Oural au Pacifique, les trois quarts de la superficie du pays. A ce stade, les seules grandes zones cultivées se trouvent le long du corridor qui correspond à la ligne ferroviaire du Transsibérien au sud de la région. La céréaliculture y est importante, profitant des terres noires qui s’étirent depuis les rivages de la mer Noire jusqu’à ces confins orientaux.

 

Les hypothèses agricoles offertes par la Sibérie font l’objet de nombreux travaux. Des travaux de prospective récemment publiés à propos de ce futur grand grenier à grains de la planète prédisent un potentiel d’un milliard de tonnes de céréales à l’horizon 2080. C’est loin certes, et bien entendu, de nombreuses variables – techniques, financières, environnementales – détermineront la faisabilité d’y produire un tel volume. Mais il s’agit là d’un scénario à même de transformer certains équilibres de la sécurité alimentaire mondiale et de renforcer la puissance géopolitique de l’agriculture russe. Davantage de végétal et une gamme diversifiée de productions, y compris dans l’arboriculture ou l’animal, la Sibérie promet beaucoup à long terme. »

 

Ce n'est pas dit dans l'article, mais d'aucuns y ont pensé : quel est l'intérêt de la Russie de participer aux efforts de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre quand s'ouvre une telle perspective ?

 

En conclusion de l'article :

 

« En 2016, a été créé le premier Institut national de l’agriculture biologique. Le sujet s’installe dans les communications stratégiques du pays. Tout porte à croire qu’il s’agit bien d’une distillation soigneusement organisée. Russie, Sibérie : prochains eldorados de l’agriculture bio ? Rendez-vous dans soixante ou dans dix ans ? »

 

Nous pensons que l'on peut déconnecter la question du bio de la Sibérie. La Russie est suffisamment vaste et les règles de la conversion au bio ne sont pas draconiennes. Le bio peut donc facilement se développer dans des régions de tradition agricole ancienne.

 

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