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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

164 parlementaires se prononcent pour « une PAC créatrice de valeur dans l’ensemble des filières et des territoires » dans l'Opinion

26 Avril 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Politique

164 parlementaires se prononcent pour « une PAC créatrice de valeur dans l’ensemble des filières et des territoires » dans l'Opinion

 

Glané sur la toile 658

 

 

 

 

Ah, que les tribunes peuvent être belles...

 

Le 21 avril 2021, l'Opinion a publié « "Pour une PAC créatrice de valeur dans l’ensemble des filières et des territoires". La tribune de 164 parlementaires » emmenés par MM. Guillaume Kasbarian, Julien Dive, Philippe Vigier et Luc Lamirault.

 

Le journal a retenu en chapô :

 

« La durabilité ne peut pas se limiter aux seules dimensions environnementales : elle suppose une réelle prise en compte de la dimension économique de l’activité agricole. »

 

On en conviendra aisément.

 

Voici la mise en route :

 

« Alors que notre pays traverse une crise inédite, l’agriculture française — et singulièrement sa production de grandes cultures — doit disposer de moyens adaptés pour répondre pleinement aux objectifs qui sont les siens : produire de manière durable une alimentation de qualité ; contribuer à la lutte contre le changement climatique ; participer pleinement à la relance économique grâce à des filières ancrées dans les territoires. »

 

C'est, en plus consistant, ce que l'Opinion a retenu pour son chapô.

 

S'il y a une tribune, c'est à l'évidence que le compte n'y est pas sur le fond, singulièrement pour les producteurs de grandes cultures.

 

Nos parlementaires bombent ensuite le torse :

 

« Nous, élus, sommes résolument à leurs côtés pour que le gouvernement tienne pleinement compte, dans les orientations qui seront arrêtées dans la future PAC, de ces réalités ainsi que des équilibres entre les filières de production et entre les territoires. […]

 

Il est [...] impératif que la future PAC soit à la hauteur des défis à relever par les producteurs de grandes cultures. »

 

Là aussi, on en conviendra aisément.

 

Mais on peut aussi s'interroger sur la vision – étroite – de ces parlementaires dont certains n'ont sans doute pas été aux côtés des producteurs à des moments où ils auraient dû l'être, ou n'ont pas été suffisamment vocaux pour faire cesser les délires au niveau du gouvernement et du Parlement.

 

Réclamer une répartition juste et judicieuse de la « manne » des aides et subventions est parfaitement légitime et sain.

 

Mais en amont de la PAC il y a des projets et des actions politiques plus vastes – telle le plan d'action « de la ferme à la fourchette » de l'Union Européenne – ou qui paraissent plus étroits – tel le démantèlement, par une tactique du salami, de la boîte à outils de protection des plantes ou encore le projet encore un peu nébuleux de taxation des engrais azotés de synthèse.

 

« ... produire de manière durable une alimentation de qualité », etc. requiert une action beaucoup plus vaste et profonde qu'un appel à la raison au sujet de la déclinaison française de la PAC.

 

On se réjouira cependant que 164 parlementaires se soient retrouvés autour d'une tribune en défense d'un secteur de l'activité économique dont le ministre est deuxième dans l'ordre protocolaire... en commençant par la fin.

 

Une tribune qui rappelle que :

 

« Assurer le maintien de ces exploitations sur nos territoires, c’est assurer la durabilité d’un secteur structuré qui génère plus de 460 000 emplois, c’est assurer une activité économique en milieu rural, c’est assurer l’équilibre de notre balance commerciale, c’est assurer la souveraineté alimentaire de notre pays. »

 

C'est grandiloquent. Assurer le maintien des exploitation n'assure pas la suite, mais y contribue fortement.

 

 

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François Tursan 26/04/2021 21:51

Ils ne se mouillent guère. L'art de parler pour ne rien dire. Ca ne mange pas de pain.