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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Pourquoi taxer les engrais azotés est un non-sens » dans l'Opinion

24 Mars 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Politique

« Pourquoi taxer les engrais azotés est un non-sens » dans l'Opinion

 

Glané sur la toile 655

 

 

(Source)

 

 

Avec « Pourquoi taxer les engrais azotés est un non-sens », Mme Emmanuelle Ducros nous a livré le 23 mars 2021, dans l'Opinion, une bien belle analyse d'une bien belle bœufferie – le mot est un helvétisme admis au scrabble qui a aussi cours dans les Savoie et dans le Doubs.

 

En chapô :

 

« Un problème, une taxe. Le vieux dicton français ne se dément jamais. Une nouvelle application agricole est en préparation, qui pourrait bien se solder par une auto-pénalisation

 

Il manque dans le titre : « de synthèse » ou « minéraux ».

 

La Convention Citoyenne sur le Climat, dûment cornaquée par des anticapitalistes, décroissantistes et promoteurs du « bio », a proposé d'instaurer une taxe sur les engrais azotés de synthèse. Ils sont coupables à leurs yeux d'émettre du protoxyde d'azote, un gaz à effet de serre, et de l'ammoniac, un précurseur de particules fines.

 

C'est en partie vrai, bien que plus compliqué... les fertilisants organiques dont se sert l'agriculture biologique – et dont une partie est constituée d'engrais de synthèse « blanchis » par le passage dans un estomac animal ou sur une plate-forme de compostage – y contribuent aussi.

 

Mais l'azote est un élément essentiel pour la vie des plantes et, partant, la production agricole et alimentaire.

 

Le gouvernement – fort marri – a proposé, et l'Assemblée nationale a adopté, une usine à gaz (article 62 du projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets).

 

« […] il est envisagé de mettre en place une redevance sur les engrais azotés minéraux si les objectifs annuels de réduction de ces émissions [...] ne sont pas atteints pendant deux années consécutives et sous réserve de l’absence de dispositions équivalentes dans le droit de l’Union européenne. »

 

Mme Emmanuelle Ducros écrit :

 

«  La possibilité de les taxer est prévue dans le projet de loi Climat et Résilience, bientôt en débat. "Nous défendons une taxe à compter de 2024, qui s’appliquerait seulement si les trajectoires de baisse des usages, à définir, ne sont pas respectées pendant deux ans. Et seulement si la taxe est européenne", explique le cabinet du ministre de l’Agriculture.

 

Pour notre part, nous avons la fâcheuse impression que le cabinet se trompe, en tout cas s'il se réfère au projet de loi. À supposer que le texte passe la rampe, le gouvernement s'est mis en fâcheuse posture car, bien évidemment, l'industrie de la protestation et de la décroissance se mettra en branle dès lors que les conditions sont réunies pour une pénalisation de l'agriculture conventionnelle.

 

Mme Emmanuelle Ducros écrit encore :

 

« Insuffisant pour la députée LREM Sandrine Le Feur, agricultrice bio, qui fait de la taxation immédiate et unilatérale par la France son cheval de bataille. Elle compare même ces engrais "aux néonicotinoïdes et au glyphosate" dans une récente interview donnée à l’agence spécialisée Agra. Curieuse façon d’envisager les choses. "L’azote est un nutriment essentiel, rappelle le cabinet du ministre de l’Agriculture. Sans azote, pas de croissance des plantes." Autrement dit : il n’est envisageable pour aucune agriculture de s’en passer.

 

Pour la suite, un exercice didactique, on ira sur site.

 

Voici tout de même la conclusion :

 

« Les usages d’engrais azotés ont baissé de plus de 25 % depuis 1990, selon l’Unisa, l’interprofession du secteur, et de 7 % entre 2008 et 2017 selon le ministère. Cela témoigne d’un travail agronomique de fond, efficace et qui se poursuit… Mais qui est moins vendeur politiquement que de plaider pour une nouvelle taxe. »

 

Nous ajouterons que plaider pour une nouvelle taxe sur la seule agriculture conventionnelle, c'est une manière détournée de favoriser d'autres intérêts...

 

Et que pour les bœufferies politico-économico-sociales, nul besoin d' EÉLV et des formations qui tentent de se positionner sur le même créneau : le gouvernement et la majorité actuels sont tout à fait à la hauteur.

 

 

Ajout de 8 heures

 

Mme Sandrine Le Feur conteste.

 

 

(Source)

 

 

Ce qu'elle a dit :

 

« Le gouvernement prévoit une redevance sur les engrais en 2024, en l’attente d’une mesure européenne. Aurait-il fallu aller plus loin ?

 

Cela fait trop longtemps que nous avons des politiques publiques sur les engrais : il est temps de dire stop. Et puis il y a eu l’expérience du glyphosate, des néonicotinoïdes : cette fois je ne lâcherai pas. Je demande que nous mettions en place dès maintenant une redevance sur les engrais azotés, en les inscrivant aux côtés des phytos dans la redevance pour pollution diffuse. L’argent serait collecté par les agences de l’eau, qui le reverseraient aux agriculteurs au travers de programmes dédiés à l’agroécologie.

 

On ne voit pas très bien ce que viennent faire le glyphosate et les néonicotinoïdes ici, mise à part la manifestation de dépit aprèsl'échec des tentatives précédentes de saper l'agriculture qui nous nourrit.

 

Et, pendant qu'on y est :

 

« Que représente cette sécurité sociale de l’alimentation pour laquelle vous demandez un rapport gouvernemental dans un autre amendement ?

 

Cela m’énerve, d’entendre un syndicat agricole dire tout le temps que nous avons besoin des agricultures industrielles pour nourrir les plus pauvres. Je ne suis pas du tout d’accord avec ça : ce n’est pas parce qu’on est moins aisé qu’on n’a pas le droit de manger bio. Je souhaite donc que le gouvernement puisse s’engager sur cette idée sur laquelle je travaille depuis un moment, bien que tout ne soit pas encore précis. Il s’agirait d’une sorte de carte Vitale, alimentée par des prélèvements sur les salaires, comme la Sécurité sociale. En fonction de leurs revenus, les consommateurs qui passent à la caisse n’auraient alors rien à payer pour certains produits alimentaires, comme leurs achats de fruits et légumes.

 

Je n'ai pas souvenir d'un syndicat agricole quit dit « tout le temps que nous avons besoin des agricultures industrielles pour nourrir les plus pauvres ». Pour la suite, c'est cousu de fil blanc. Sandrine Le Feur, agricultrice bio...

 

 

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pphilippe 27/03/2021 01:17

Bonjour

"L'azote c'est la nourriture des plantes sans lesquelles elles ne peuvent pas grandir"

Je ne crois pas avoir vu qu'on épandait des engrais azotés dans les forêts, et pourtant elles poussent !

Paul Aubrin 31/03/2021 07:18

Quatre siècles de fertilisation
https://www.afes.fr/wp-content/uploads/2017/10/EGS_2_4_boulaine95.pdf
Extrait : « La solution fut trouvée vers le milieu du XXᵉ siècle parla fourniture, en couverture et par des apports fractionnés, d’engrais nitriques de synthèse dont la production était désormais possible. Cette possibilité est illustrée par la règle donnée par les agronomes de l’ONIA dans le sud-ouest : en prenant comme base la production de 30 quintaux de céréales par hectare sans apport d’azote, l’apport de 150unités d’azote permet d’obtenir 60 quintaux. Cette règle doit naturellement, comme toujours en agriculture, être nuancée suivant les conditions locales et saisonnières et doit être adaptée pour les cultures autres que la culture de référence :le blé d’hiver. L’usage des engrais azotés de synthèse s’est généralisé après la seconde guerre mondiale et a permis à l’agriculture française d’atteindre en moyenne nationale interannuelle, des niveaux de production inespérés qui ont permis de supprimer presque toutes les importations et de multiplier les exportations de produits agricole »

Bebop76 24/03/2021 09:01

Et voilà comment naissent les réglementations, usines à gaz, idiotes, une de plus.