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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les agriculteurs doivent être plus actifs et moins réactifs au fur et à mesure que la politique est déterminée

8 Mars 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Les agriculteurs doivent être plus actifs et moins réactifs au fur et à mesure que la politique est déterminée

 

Jane Smith*

 

 

 

 

Les protestations en tracteurs ne suffisent pas.

 

Mener des équipements agricoles dans les centres urbains locaux pour montrer sa désapprobation de la politique gouvernementale est un excellent moyen de faire la une des journaux. Mais le temps que nous fassions tourner nos moteurs, nous avons déjà perdu.

 

C'est pourquoi les agriculteurs doivent prendre la résolution de devenir plus actifs et moins réactifs lorsque les fonctionnaires élaborent des règlements qui déterminent la manière dont nous travaillons.

 

Pour cela, il faudra que nous tous, femmes et hommes, fassions preuve de leadership et travaillions ensemble pour obtenir de meilleurs résultats. En tant qu'agricultrice et femme, je pense qu'il est vraiment urgent que nous nous impliquions, surtout à l'occasion de la Journée Internationale de la Femme, le 8 mars.

 

Nous l'apprenons à la dure ici, dans les collines de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, où mon mari et moi élevons des moutons et des bovins dans des pâturages. Nous produisons de la viande et fournissons des béliers et des taureaux à nos collègues éleveurs dans notre pays ainsi qu'en Australie.

 

Nous nous engageons également à préserver l'environnement. Nous avons planté 200.000 arbres sur notre propriété, introduit des arbustes indigènes et clôturé les cours d'eau. Nous luttons contre l'érosion en limitant le travail du sol au strict minimum. Nous avons renoncé aux antibiotiques et aux anthelminthiques car nous pensons que cette pratique contribue à la santé humaine et animale.

 

En outre, nous avons laissé la science nous montrer comment faire plus avec moins. L'utilisation d'une génétique efficace nous permet de maintenir nos niveaux de production même si nous élevons moins de bétail. Cela nous aide à atteindre une durabilité environnementale et économique, et nous prévoyons de faire encore mieux dans ce domaine, à mesure que la technologie s'améliore.

 

Malgré tout cela, le gouvernement néo-zélandais veut micro-gérer notre utilisation de l'eau douce avec une approche « taille unique » de l'agriculture.

 

Un nouvel ensemble de règles arbitraires concernant l'eau légifère sur le comportement de toute la Nouvelle-Zélande. Ces décrets imposent des dates obligatoires pour le semis des cultures fourragères sans tenir compte des grandes différences de climat, des contraintes saisonnières et de l'intensité de l'agriculture dans notre pays. Ce qui a du sens pour une ferme laitière située près de la côte sur l'île du Nord peut ne pas en avoir pour une ferme située à des centaines de kilomètres de là et près des montagnes sur l'île du Sud.

 

Les nouvelles directives omettent également d'apprécier ce que les agriculteurs font déjà par eux-mêmes pour protéger notre eau. Avec les autorités régionales et les groupes environnementaux, nous nous efforçons d'obtenir de meilleurs résultats. Ces dernières années, par exemple, les agriculteurs néo-zélandais ont clôturé plus de 25.000 km de cours d'eau, afin d'en exclure le bétail.

 

De plus, nos producteurs laitiers ont dépensé plus d'un milliard de dollars en initiatives environnementales. Ils ont fait ces investissements bénévolement, en travaillant avec les gens de leurs propres communautés pour trouver des solutions aux problèmes locaux. Personne au sein du gouvernement national ne leur a dit quoi faire.

 

Malheureusement, certains au pouvoir semblent encore penser que nous avons besoin d'un encadrement lourd, comme les enfants ont besoin de la supervision des adultes. La différence est que si les parents ont tendance à savoir ce qui est le mieux pour leurs enfants, ces régulateurs ne semblent pas comprendre les gains énormes que les agriculteurs ont déjà réalisés dans le domaine de l'environnement et le fait que lorsqu'on nous laisse proposer nos propres solutions environnementales proactives, nous nous assurons que ces innovations sont également bénéfiques pour l'économie, la communauté ainsi que l'environnement. Leurs règles en matière d'eau entraîneront une hausse des prix des denrées alimentaires, une baisse de la production alimentaire et une stagnation des résultats environnementaux.

 

Nous craignons qu'avec la mise en place de cette réglementation, les agriculteurs ne consacrent trop de temps et d'argent à remplir des rapports de conformité et à demander des autorisations pour respecter les règles, au lieu de se concentrer sur des solutions particulières et de les développer pour améliorer leur environnement, étape par étape.

 

Nos protestations en tracteurs ont attiré l'attention sur ce problème, mais elles ne sont pas suffisantes. Nous devons mieux anticiper les menaces qui pèsent sur l'agriculture et y faire face avant qu'elles ne se manifestent.

 

L'une des choses les plus importantes que nous puissions faire est de raconter nos histoires. Nous pouvons nous exprimer en public, participer à des émissions de radio et devenir actifs sur les réseaux sociaux. La voix de chaque agriculteur compte. Nous sommes nos meilleurs défenseurs. L'apathie est notre ennemi.

 

Lorsque nous décrivons ce que nous faisons pour produire des aliments et conserver les ressources, nous sommes en mesure de présenter des arguments équilibrés qui favorisent la compréhension entre ceux d'entre nous qui travaillent dans l'agriculture et ceux qui n'y travaillent pas, pour un bénéfice mutuel.

 

Les agriculteurs néo-zélandais sont déjà connus dans le monde entier pour leurs engagements et leurs innovations. Nous avons l'empreinte carbone la plus faible de la planète par kilogramme de viande, de lait et de fibre de laine naturelle. Nous y sommes parvenus en grande partie sans incitations financières : nous produisons sans subventions gouvernementales depuis 1984.

 

Si nous nous concentrons davantage sur la prévention aujourd'hui, nous n'aurons pas à nous battre pour trouver des remèdes plus tard.

 

_____________

 

Jane Smith, agricultrice, Nouvelle-Zélande

 

Elevage ovin et bovin pour la reproduction avec exportation de génétique vers l'Australie et le Bangladesh. Production de cultures fourragères. Membre du conseil d'administration du Conseil Vétérinaire de Nouvelle-Zélande et de The Red Meat Partnership.

 

Source : Farmers Must Be More Active and Less Reactive As Policy Is Determined – Global Farmer Network

 

 

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