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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le CIRAD s'égare dans la promotion de l'obscurantisme, de la désinformation, du militantisme et du complotisme (n'en jetons plus...)

17 Mars 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme

Le CIRAD s'égare dans la promotion de l'obscurantisme, de la désinformation, du militantisme et du complotisme (n'en jetons plus...)
 
 

(Source)

 

 

Je ne suis pas tombé de ma chaise : elle a, heureusement, des accoudoirs !

 

L'information n'est plus très fraîche : le 9 février 2021, le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) a publié un communiqué de presse cocorico, « "La fabrique des pandémies" : un livre, et bientôt un film en partenariat avec le Cirad ».

 

Comment ?!

 

« La fabrique des pandémies » est un livre de... Mme Marie-Monique Robin !

 

Le CIRAD sponsorise une aventure livresque et audiovisuelle dont il y a tout lieu de croire – à la lumière des exploits précédents de la dame – qu'il s'agit d'une nouvelle virée dans l'obscurantisme, la désinformation, ce militantisme qui consiste à mettre notre société en accusation et le complotisme.

 

La présentation du livre par son éditeur est à elle seule éclairante :

 

« "Voir un lien entre la pollution de l’air, la biodiversité et la covid-19 relève du surréalisme, pas de la science !", affirmait Luc Ferry en mars 2020, accusant les écologistes de "récupération politique". Voilà un philosophe bien mal informé. Car, depuis les années 2000, des centaines de scientifiques tirent la sonnette d’alarme : les activités humaines, en précipitant l’effondrement de la biodiversité, ont créé les conditions d’une "épidémie de pandémies".

 

C’est ce que montre cet essai, mobilisant de nombreux travaux et des entretiens inédits avec plus de soixante chercheurs du monde entier. En apportant enfin une vision d’ensemble, accessible à tous, Marie-Monique Robin contribue à dissiper le grand aveuglement collectif qui empêchait d’agir. Le constat est sans appel : la destruction des écosystèmes par la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture industrielle et la globalisation économique menace directement la santé planétaire.

 

Cette destruction est à l’origine des "zoonoses", transmises par des animaux aux humains : d’Ébola à la covid-19, elles font partie des "nouvelles maladies émergentes" qui se multiplient, par des mécanismes clairement expliqués dans ce livre. Où on verra aussi comment, si rien n’est fait, d’autres pandémies, pires encore, suivront. Et pourquoi, plutôt que la course vaine aux vaccins ou le confinement chronique de la population, le seul antidote est la préservation de la biodiversité, impliquant d’en finir avec l’emprise délétère du modèle économique dominant sur les écosystèmes. »

 

Lisez bien le premier paragraphe : l'ad hominem à l'encontre de M. Luc Ferry est assorti d'un merveilleux non sequitur... La classe, quoi !

 

Les craintes ne peuvent qu'être exacerbées par le fait que Mme Marie-Monique Robin ait « bénéficié » des conseils « éclairés » de M. Serge Morand, dont la fiche Wikipedia dit qu'il est :

 

« actuellement directeur de recherche au CNRS (Institut des sciences de l’évolution de Montpellier) et chercheur associé au CIRAD (ASTRE). Il est basé en Thaïlande à la faculté de technologie vétérinaire de l’université Kasetsart, et il est également professeur invité à la faculté de médecine tropicale de l’université Mahidol. »

 

Selon la quatrième de couverture du livre, il travaille au Centre d'Infectiologie Christophe-Mérieux du Laos.

 

Le 23 septembre 2020, le CIRAD publiait en effet un communiqué de presse à l'occasion de la publication de son ouvrage, « L’homme, la faune sauvage et la peste » chez Fayard.

 

Selon ce communiqué, « Retour sur une épidémie annoncée, avec le nouvel ouvrage de Serge Morand »,

 

« La surprise de la Covid-19 n’en était pas vraiment une pour de nombreux scientifiques qui travaillent sur les maladies émergentes. Serge Morand, dans un nouvel ouvrage paru chez Fayard en septembre 2020, revient sur l’accablement qu’il a ressenti durant les mois qui ont précédé l’épidémie. L’écologue et spécialiste des maladies infectieuses pointe du doigt nos pratiques agricoles et dresse un constat pessimiste mais nécessaire des évolutions récentes. »

 

Nous y voilà... les pandémies, c'est les pratiques agricoles... Enfin, en très résumé. Quoique... Voici de ses déclarations consignées dans ce communiqué de presse :

 

« L’accroissement de la population mondiale ne permet pas de justifier nos pratiques agricoles […] Et s’il fallait parler en termes de résultats, ils ne sont de toute façon pas là : nous sommes dans un monde de mal-nourris, malgré tous ces "efforts". La dénutrition existe toujours, et surtout nous voyons une augmentation des cas d’obésité et de maladies auto-immunes, comme le diabète. Il s’agit là d’un signal : nos systèmes agricoles et alimentaires produisent mal.

 

[…]

 

Je crois au pessimisme actif […] Non seulement nos systèmes agricoles et alimentaires ne fonctionnent pas, au regard des objectifs posés (nourrir sainement la planète), mais ils sont devenus dangereux pour notre santé. Nous devons changer notre relation aux animaux, domestiques comme sauvages. Le pangolin et la chauve-souris ne sont pas responsables de l’épidémie de la Covid-19, nos systèmes mondialisés le sont. Et si nous ne faisons rien, nous serons de nouveau victimes d’autres épidémies dans les années à suivre. »

 

Voili, voilou ! Quel gloubi-boulga !

 

Est-ce la philosophie du CIRAD, qui a les mot « agronomique » et « développement » dans son intitulé ?

 

Nous osons espérer que non. Mais voilà... il y a ce communiqué de presse du 9 février 2021 :

 

« Alors que la documentariste Marie-Monique Robin vient tout juste de sortir son ouvrage "La Fabrique des pandémies", avec la collaboration de Serge Morand, écologue de la santé au Cirad en Thaïlande, le Cirad est heureux d’annoncer son partenariat sur le documentaire du même nom. »

 

La partenariat, ce n'est pas celui de M. Serge Morand, qui a écrit la préface du livre de Mme Marie-Monique Robin, l'a conseillée dans la recherche et la sélection de chercheurs « bien-pensants », et a écrit des encarts « didactiques », c'est celui du CIRAD !

 

 

Un encadré « didactique »...

 

 

Le communiqué de presse explique :

 

« Pour Marie-Monique Robin, le constat est sans appel : la destruction des écosystèmes par la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture industrielle et la globalisation économique menace directement la santé planétaire. Selon l’autrice, appuyée dans son investigation et l’écriture d’encadrés pédagogiques par le scientifique Serge Morand, écologue de la santé au Cirad et au CNRS, cette destruction est à l’origine de la multiplication de maladies émergentes "zoonotiques", c’est-à-dire transmises par des animaux aux humains - d’Ébola à la covid-19. »

 

 

Je ne suis pas tombé de ma chaise : elle a, heureusement, des accoudoirs ! (Bis)

 

Voilà le CIRAD – un organisme (en principe) scientifique – qui, pour un point qui porte sur la science, s'en remet à Mme Marie-Monique Robin !

 

À lire ce paragraphe, « le constat est sans appel » : à l'origine de la Covid-19, il y a « la destruction des écosystèmes »... On croit rêver...

 

À quoi le CIRAD s'associe-t-il ? Voici encore, de l'introduction du livre de Mme Marie-Monique Robin :

 

« Le 12 mars 2020, je l’ai contacté [M. Serge Morand] par Skype – confinement oblige – et je n’oublierai jamais son accueil : "Vous tombez bien, m’a-t-il dit, ça fait longtemps que j’attends qu’un réalisateur fasse ce que vous avez fait dans Le Monde selon Monsanto, à savoir réunir dans un même film tous les scientifiques qui, comme moi, essaient de tirer la sonnette d’alarme, en montrant par leurs travaux qu’il y a un lien direct entre la crise de la biodiversité et la crise sanitaire." »

 

Voilà suffisamment d'éléments réunis pour se convaincre (ironie) que ce qui est en chantier sera le reflet impartial de l'état des connaissances en matière d'épidémies et de leurs origines...

 

 

Je ne suis pas tombé de ma chaise : elle a, heureusement, des accoudoirs ! (Ter)

 

Il y a mieux encore :

 

« Le Cirad est heureux d’annoncer qu’il sera l’un des co-producteurs du documentaire du même nom auquel est associée la comédienne Juliette Binoche et qui devrait sortir en 2022. »

 

est-il écrit en gras dans le communiqué de presse du CIRAD.

 

 

(Source)

 

 

Mme Juliette Binoche ? Son nom été évoqué à propos de la déprogrammation de « Food Evolution » d'un festival de cinéma de province.

 

Mme Juliette Binoche a, semble-t-il, évoqué sa collaboration avec Mme Marie-Monique Robin dans l'Express, dans « Juliette Binoche : "Tous ceux qui osent parler sont rangés dans la case 'complot'" ».

 

Sur Twitter, Mme Emmanuelle Ducros a eu un commentaire aussi cruel que pertinent :

 

« Et on a vraiment hâte de voir ce documentaire que vous allez tourner avec Marie-Monique Robin. Je ne sais pas laquelle apporte le plus de crédibilité à l'autre. »

 

 

(Source)

 

 

Pour la crédibilité du CIRAD, on peut craindre de déjà savoir.

 

Quel naufrage !

 

 

(Source)

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Maître Folace 18/03/2021 08:44

Encore plus fort la pollution industrielle et agricole serait responsable d'un accroissement spectaculaire de la non descente de testicules chez les jeunes garçons. Cette étude a été relayée par Santé publique France (Mme Le Moal) Ci-après copier-coller d'un extrait:
"Les PCB, les pesticides et les dioxines sont soupçonnés de jouer un rôle dans la cryptorchidie et d'autres problèmes testiculaires en perturbant les hormones"
Décidément l'agriculture est reponsable de tous les maux de la terre, l'ennui c'est que l'on ne peut s'en passer.

Hbsc Xris 17/03/2021 20:13

Rien d'étonnant, il y a un moment que les CIRAD ne s'occupent plus guère d'aider les agriculteurs.....
Cet article fait quelque part écho à un livre que je viens de lire : Guillaume Blanc "L'invention du colonialisme vert". Le livre est parfois un peu confus, mais il m'a fait découvrir comment au nom du culte de la nature, dès la fin du XIXème siècle et plus encore après les indépendances africaines, les proto khmerts verts blancs ont rendu responsables de dommages environnementaux les agriculteurs et éleveurs africains et ont bâti une rhétorique permettant de les expulser des centaines de milliers d'ha dans tous les pays africains pour la création de parcs naturels à l'usage exclusif de touristes aisés. La rhétorique a été adoptée par l'UNESCO, les anciens colonialistes souvent promus conseillers ou plutôt épouvantables gardes verts de ces parcs, des milliards de dollars investis avec un mépris le plus total des populations africaines vivant dans les lieux désignés comme parcs ou futurs parcs nationaux. Je savais déjà que les agriculteurs et éleveurs africains riverains de ces parcs qui sont rarement clos, vivent un calvaire en terme de destructions de récoltes, mais j'ignorais ces déplacements de population forcé et ces drames humains partout sur le continent africain.

un physicien 18/03/2021 10:02

Je recommande aussi la lecture de ce livre.

MARC FAURE 17/03/2021 16:56

Bonjour, le CIRAD est financé par nos impôts; il devrait aller vers, des faits et non des suppositions, un comportement objectif et non tendancieux. Mais, pour le CIRAD, comme de nombreuses ONG, il lui faut des populations pauvres, non instruites, mal informées des progrès de la génétique et de la protection des plantes, afin qu'il puisse en vivre. Si ces peuples acquièrent l'information vraie par eux mêmes, le CIRAD n'aura plus de fonds de commerce ! et donc plus d'argent pour ces "divulgateurs" de fausses bonnes idées.