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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La science a un problème de relations publiques – dans l'agriculture et ailleurs

16 Mars 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

La science a un problème de relations publiques – dans l'agriculture et ailleurs
 

Michelle Miller, AGDAILY*

 

 

 

 

« Oh, juste ce qu'il me faut. Une conférence de l'Hollywood de gauche [liberal]. »

 

C'est une citation d'un épisode de Family Guy dans lequel Sean Penn sauve Stewie Griffin de la mort et s'emploie à sauver la ville en lui livrant des vaccins.

 

Les émissions comme Family Guy et South Park ont tendance à livrer une histoire hilarante et pleine d'entrain sur les sujets brûlants de la science. De The Pandemic Special à l'activisme anti-vaccins, c'est une façon de se moquer des mouvements anti-science tout en mettant en avant le besoin sous-jacent de médecine moderne.

 

L'épisode de Family Guy intitulé « Quahog Under Quarantine » en est un bon exemple : Lois devient une militante anti-vaccins et la ville entière se retrouve confrontée à une terrible épidémie de rougeole – certains habitants de la ville y perdent même la vie. Brian est la voix de la raison et tente de démonter ses convictions, mais c'est finalement Sean Penn qui sauve la situation, et Lois admet qu'elle avait tort et apprend sa leçon.

 

Cela correspond parfaitement à ce que nous vivons avec la Covid-19. Les crises de santé publique n'ont rien de drôle, mais il faut parfois adopter une approche drôle et audacieuse, à la manière des célébrités, pour faire passer le message. Les militants anti-vaccins vont souvent main dans la main avec les groupes anti-OGM, les idéologues extrémistes des droits des animaux vegan et d'autres prêcheurs de croyances généralement suscitées par la désinformation ou la mauvaise science qui est facilement démystifiée.

 

Dans le secteur agricole, nous en faisons l'expérience tout le temps. Les gens peuvent être si incroyablement ignorants de la façon dont leur nourriture est produite qu'ils s'accrochent parfois à la première croyance qu'ils entendent et ne font pas assez d'efforts pour mettre leur point de vue à l'épreuve ou étudier l'autre côté de l'argument. Les célébrités font vendre, la peur fait vendre, l'hyperbole fait vendre, les « secrets qu'ils ne veulent pas que vous connaissiez » font vendre, et ces choses créent des groupes de personnes « culte » qui ont l'impression d'appartenir à une tribu ou à un club.

 

L'argent fait aussi vendre des idéologies. Ce n'est un secret pour personne que les groupes extrémistes de défense des droits des animaux comme PeTA engagent des célébrités (on pense notamment à Pamela Anderson) pour faire valoir leurs points de vue et solliciter des dons pour leurs groupes, même si ce qu'elles disent sur les animaux ou le bétail n'est pas vrai.

 

Robert Saik, auteur de Food 5.0: How We Feed the Future, a écrit ce post sur Facebook qui explique que les célébrités et Hollywood se trompent si souvent.

 

 

 

 

Bien que ce post quelque peu viral ait reçu beaucoup d'attention, et que certains n'aient pas compris ce que cela avait à voir avec Hollywood, c'est bien de cela qu'il s'agit. Regardez des célébrités telles que Joaquin Phoenix, Arnold Schwarzenegger, Ellen Degeneres et Natalie Portman – des gens qui font pression pour répandre leurs convictions biaisées sur l'élevage tout en promouvant l'agenda végétalien par des canaux comme les réseaux sociaux et les cérémonies des Oscars. Ces voix ont un pouvoir majeur, que cela nous plaise ou non.

 

Mais la bonne nouvelle est que le monde de l'agriculture peut les influencer et reprendre la parole. Vous souvenez-vous de la chanson « Got Milk » et des moustaches de lait dans les années 90 ? Tous les personnages célèbres étaient là pour parler de la valeur nutritive du lait, qui était si cool ! Je me souviens d'avoir été enfant et d'avoir vraiment souhaité boire du lait pour ressembler à un athlète professionnel ou à un top model, tout cela grâce à cette campagne incroyable !

 

 

 

 

Les STIM [science, technologie, ingénierie et mathématiques] doivent penser à utiliser ces voix puissantes pour transmettre la science derrière les vaccins, les cosmétiques, la sécurité des soins de la peau, les OGM, les soins au bétail, et bien plus encore. Ce sont des produits importants qui touchent nos vies tous les jours, et il est important que nous donnions à la science une voix plus importante d'une manière amusante, unique, drôle ou intéressante avec des voix puissantes et influentes.

 

Kevin Folta, communicateur scientifique et professeur à l'Université de Floride, a récemment réalisé ce podcast pour essayer d'aider les gens à comprendre la science et la sécurité du vaccin contre la Covid. Mais si vous l'écoutez, il raconte qu'il a contacté les entreprises qui fabriquent les vaccins et qu'aucune d'entre elles n'était disponible pour contribuer à son podcast. C'est un énorme échec de communication scientifique. Comment pouvons-nous nous sentir à l'aise avec leurs produits si leurs propres scientifiques ne s'expriment pas publiquement ou ne sont pas autorisés à le faire ?

 

« The Eco Well » est une autre excellente plate-forme de podcast et de réseaux sociaux. Elle est dirigée par Jen Novakovich, qui explique que les scientifiques en cosmétiques ne sont pas autorisés à parler de ce qu'ils font au grand public car, souvent, cela interfère directement avec les entreprises et leurs campagnes de marketing. Par exemple, « sans paraben » est l'une des plus grandes tendances de ces derniers temps dans le monde des cosmétiques, mais les scientifiques comme elle savent que les parabens sont l'un des ingrédients les plus sûrs que l'on puisse actuellement inclure dans ces produits de soins de la peau. J'ai été invitée à participer à son podcast pour parler de ce sujet et du croisement entre le monde des soins de la peau et celui de l'alimentation. Malheureusement, dans nos filières, le marketing n'est généralement pas associé à la science.

 

La science a un problème de relations publiques et a besoin d'une voix plus forte, d'une manière sexy, drôle, unique et mainstream. Les scientifiques ont besoin de s'exprimer, et il faut leur permettre de le faire. Les célébrités, les influenceurs des réseaux sociaux, les publicités et la télévision doivent être honnêtes dans leurs messages. Ce n'est que lorsque la science sera intéressante et « cool » que nous serons pleinement en mesure d'aller de l'avant de manière positive pour le bien de la société.

 

_____________

 

Michelle Miller, la Farm Babe (@thefarmbabe, www.facebook.com/IowaFarmBabe) est une agricultrice, conférencière et auteure de l'Iowa. Elle vit et travaille avec son compagnon dans une ferme qui comprend des cultures, des bovins et des moutons. Elle pense que l'éducation est essentielle pour combler le fossé entre les agriculteurs et les consommateurs.

 

Source : Perspective: Science has a public relations problem | AGDAILY

 

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H
Enfin, les scientifiques qui ne fichent les pieds dans la nature que pour l'étudier en mettant en oeuvre des procédures "usines à gaz", vu ce qu'il ressort de leurs études, il y a de quoi tomber sur les fesses parfois.<br /> Je n'ai jamais décoléré contre cette étude néerlandaise affirmant que les renards faisaient diminuer les populations de tiques. Et cette étude absurde a fait le buzz dans tous les médias européens. N'importe quel bouseux ou bouseuse de mon espèce qui a déjà tué un renard en saison de tiques sait que les renards sont communément porteurs de tiques, à priori uniquement sur la tête car ils ne peuvent pas se les retirer. Par contre jamais vu de tiques sur une souris, un rat, un loir, un mulot, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'en ont pas. Les hérissons par contre sont complètement infestés de tiques mais "la science" nous invite à les accueillir dans nos jardins contre les gastéropodes, allez comprendre ! Tout cela pour dire que cette pseudo étude a entrainé un grand mouvement de sympathie pour le renard qui est une calamité non seulement pour les tiques qu'il porte mais pour toutes les autres maladies dont il est un vecteur. Qui connait le ténia du renard ? Qui se souvient que le renard fut le premier vecteur de la rage et combattu comme tel dans les années 1960 et 70. J'étais enfant et j'accompagnais mon père dans cette lutte qui était extrêmement noble à l'époque. Les chasseurs protégeaient les français ! Et au delà des maladies transportés, le renard et ses acolytes destructeurs, fouines, belettes et apparentés font un massacre inouï sur les oiseaux en particulier nicheurs au sol, pensons à la perdrix. Et on a le toupet de mettre cela sur le dos des agriculteurs !<br /> Et n'oublions pas le chat, si rare autrefois, si courant aujourd'hui, un autre fléau pour les oiseaux et un sacré danger potentiel car sortant librement dans les campagnes, il est le plus susceptible de ramener une maladie venue de la faune sauvage. Une griffure anodine peut-être funeste.
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