Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'agriculture biologique et les OGM ne sont pas incompatibles

3 Mars 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Agriculture biologique

L'agriculture biologique et les OGM ne sont pas incompatibles

 

 

Rencontré au cours de mes pérégrinations, voici un article scientifique, « Genetically Modified Organisms Can Be Organic » (les organismes génétiquement modifiés peuvent être biologiques [au sens de : « conformes aux principes de l'agriculture biologique]) de Tijerino, Maria Belen Salazar ; Darbishire, Lily C. ; Chung, Monique Mi Song ; Esler, Grace C. E. ; Liu, Alexander Chang ; et Savaiano, Dennis Alan.

 

Les auteurs sont de l'Université de Perdue, Lafayette, Indiana, et l'article a été publié dans Nutrition Today.

 

En voici le résumé :

 

« Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ou la technologie de la modification génétique sont actuellement considérés comme une "méthode exclue" qui ne peut pas être utilisée ou ajoutée aux produits agricoles biologiques en vertu du Code of Federal Regulations des États-Unis. Malgré les preuves que les OGM peuvent servir d'alternative sûre aux cultures conventionnelles, ils sont fréquemment associés à des pratiques agricoles nuisibles et non durables. Nous discutons des problèmes économiques, environnementaux, nutritionnels et de sécurité alimentaire que posent les OGM dans l'agriculture biologique, et de la manière dont la technologie des OGM pourrait lui être bénéfique. Nous proposons (1) d'autoriser l'utilisation de la modification génétique dans l'agriculture biologique et (2) de redoubler d'efforts pour diffuser aux consommateurs des informations fondées sur la science. »

 

Il y a un autre résumé et, comme il faut normalement s'y attendre, une conclusion en fin d'article :

 

« RÉSUMÉ

 

En résumé, nous pensons que les consommateurs rejettent les OGM pour de nombreuses raisons. Sur le plan philosophique, beaucoup achètent des produits biologiques parce qu'ils pensent que ces produits sont en quelque sorte moins destructeurs pour l'environnement, et nous espérons que c'est vrai. D'autres achètent des produits biologiques parce qu'ils croient qu'il s'agit de "l'authentique agriculture biologique" d'antan, sur la base d'affirmations commerciales impliquant davantage la rentabilité que la durabilité. Les consommateurs sont mal informés sur la réalité du système biologique existant. Les pratiques biologiques actuelles ne sont pas plus "naturelles" que celles des OGM. Les semences biologiques ont été hautement sélectionnées grâce à des pratiques de sélection. Par exemple, le maïs biologique du XXIe siècle ne ressemble en rien au maïs "naturel" dont il était issu il y a des siècles. La sélection rigoureuse et intensive et les pratiques biologiques à grande échelle imitent et dépassent souvent l'agriculture conventionnelle en termes de taille et d'intensité d'utilisation des ressources. Aujourd'hui, l'"agriculture biologique authentique" est la minorité des exploitations biologiques. Peut-être qu'avec l'utilisation appropriée de la technologie des OGM, ces systèmes authentiques qui fonctionnent avec la nature pourraient être étendus et les petits agriculteurs locaux pourraient être soutenus. La technologie des organismes génétiquement modifiés a été mal utilisée, tout comme les technologies de sélection intensive. Le développement approprié des OGM peut être moins destructeur et soutenir des pratiques agricoles plus durables. Ignorer une occasion précieuse en raison d'une mauvaise utilisation passée revient à répéter des erreurs historiques.

 

CONCLUSION

 

La politique actuelle selon laquelle les OGM ne peuvent pas être inclus dans la production d'aliments biologiques est dépassée. Des recherches substantielles menées depuis l'adoption de la restriction sur les OGM dans les aliments biologiques ont clairement démontré leur innocuité. Un changement de politique et, si nécessaire, une législation permettant l'utilisation des OGM dans l'agriculture biologique, ainsi que l'exclusion de la technologie de l'ADN recombinant de la définition des "méthodes exclues" qui fait actuellement partie du CFR[code des règlements fédéraux] américain sont nécessaires. Pour maintenir les meilleures pratiques, la sécurité alimentaire devrait continuer à être évaluée au cas par cas, la production de semences génétiquement modifiées devrait suivre les mêmes normes que la production biologique, et les produits génétiquement modifiés devraient être soumis aux mêmes méthodes de certification que les cultures biologiques traditionnelles. Les organismes génétiquement modifiés peuvent apporter une solution durable à l'agriculture traditionnelle en augmentant le rendement des cultures et en diminuant la quantité de pesticides et d'herbicides utilisés. Par conséquent, les OGM devraient être autorisés à entrer dans la définition de l'agriculture biologique. »

 

Il va de soi que cet article est hérétique, blasphématoire et sacrilège pour le haut clergé et les bedeaux de l'agriculture biologique qui répondent à quasiment tous les progrès technologiques par un tonitruant « niet » et, le cas échéant, une escalade d'engagement. Même les outils liés à l'informatique, les télécommunications, les satellites sont répudiés (smartphone et outils de communication pour « prêcher la bonne parole » évidemment exclus).

 

 

(Source)

 

 

M. Urs Niggli, à l'époque directeur du FiBl, l'Institut de Recherche de l'Agriculture Biologique de Frick, en Suisse, avec des antennes en Allemagne et en Autriche, avait plaidé « contre une diabolisation générale du nouveau génie génétique » en 2017. Précédemment, il avait été condamné au bûcher... Il était par exemple taxé de « victime de la fascination pour les techniques manipulatives d'amélioration des plantes et leurs succès temporaires ».

 

Les nouvelles technologies d'amélioration des plantes n'ont rien d'éphémère. Les producteurs bio qui font honnêtement leur travail feraient bien d'interpeller les hautes sphères de leur filière.

 

Le problème se pose déjà maintenant avec les très cruelles décisions de la Cour de Justice de l'Union Européenne et du Conseil d'État qui font des variétés obtenues par mutagenèse (et leurs descendants contenant le ou les gènes mutés) des « OGM », les uns réglementés, les autres non, mais tous en principe exclus de l'agriculture biologique..

 

 

(Source)

 

 

Quel sera leur avenir lorsque viendront des variétés améliorées sur le plan agronomique (par exemple une résistance à des bioagresseurs ou à la sécheresse) ou sur le plan nutritionnel (par exemple une meilleure composition en acides gras) et que le jusqu'au-boutisme rigoriste des gardiens du cahier des charges leur en interdira l'accès ?

 

L'article scientifique évoqué ci-dessus est une lecture à méditer.

 

Les auteurs proposent notamment « de redoubler d'efforts pour diffuser aux consommateurs des informations fondées sur la science ». En France, cela commence par faire cesser l'agribashing, le dénigrement frénétique de l'agriculture conventionnelle, et même des gens honnêtes.

 

 

(Source)

 

 

Il semble qu'il y ait un début de prise de conscience.

 

 

(Source)

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
il faut faire attention quand on parle du bio de ne pas tomber dans le piège de sa validation à preserver l'environnement... le bio repose sur une attitude dogmatique et arbitraire,
Répondre