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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Dix choses que l'agriculture sud-asiatique doit aborder dans l'ère post-pandémique

2 Mars 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Dix choses que l'agriculture sud-asiatique doit aborder dans l'ère post-pandémique

 

Najib Rubayat Khan et Zahid Mohammad Imran*

 

 

 

 

Dans le sillage de la pandémie de Covid-19, l'agriculture sud-asiatique a une chance de devenir plus inclusive – si certains paradigmes de développement sont réalisés.

 

Environ 60 % des 1,8 milliard de citoyens de l'Asie du Sud sont impliqués dans l'agriculture. Le Bangladesh, l'Inde, l'Afghanistan et d'autres pays dépendent fortement du secteur agricole pour leur prospérité économique. Des petits exploitants agricoles aux entrepreneurs, les femmes et les hommes de différents contextes socio-économiques auront besoin d'instruments agricoles durables pour obtenir des revenus réguliers.

 

Voici dix points que l'agriculture sud-asiatique doit aborder dans la période post-pandémique :

 

 

1) Rechercher l'égalité entre les hommes et les femmes

 

Les économies de l'Asie du Sud ont considérablement gonflé, mais l'agriculture n'a pas suivi le rythme. Étant donné que les hommes et les femmes contribuent tous deux au secteur agricole, les relations entre les sexes influencent le fonctionnement du mécanisme agronomique. Selon l'objectif de développement durable (ODD) 5 des Nations Unies, l'égalité des sexes est essentielle pour atteindre l'objectif de la faim zéro, car les femmes jouent un rôle important dans la production alimentaire. L'ODD 5 se concentre sur l'amélioration de l'accès des femmes à la terre et aux ressources naturelles. Si les agricultrices obtiennent la propriété des terres et des ressources naturelles, elles pourront accroître leur productivité dans la production alimentaire. La nutrition des ménages augmentera également.

 

 

2) Prendre le changement climatique au sérieux

 

Le changement climatique n'est plus un avertissement lointain que l'Asie du Sud peut ignorer. En raison de facteurs géographiques, cette partie du monde est particulièrement sensible aux risques climatiques. L'augmentation des températures a un impact négatif sur la production agricole, avec à la fois des récoltes déficitaires à court terme et une diminution de l'agriculture à long terme qui devient évidente. Les sécheresses, les inondations, la sédimentation, l'érosion des sols, les coulées de boue et autres conditions météorologiques extrêmes continueront à poser des problèmes aux agriculteurs. Si les pays de l'Asie du Sud veulent préserver leur héritage agricole, il n'y a qu'une seule solution : prendre le changement climatique au sérieux.

 

 

3) S'attaquer au lien entre les prix élevés des denrées alimentaires et la malnutrition infantile

 

L'Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI) prévoit que les rendements des cultures dans la région de l'Asie du Sud connaîtront une baisse importante d'ici 2050 en raison du changement climatique. Les rendements de cultures importantes, telles que le blé, le riz et le maïs, devraient diminuer de 50 %, 17 % et 6 % respectivement, ce qui entraînera une hausse des prix des produits de base. La nourriture devenant moins abordable, les enfants n'auront pas de repas convenables, ce qui portera le nombre d'enfants mal nourris en Asie du Sud à 59 millions d'ici 2050. C'est une perspective intimidante pour la génération future.

 

 

4) Mettre fin à la malnutrition et à la faim chez les femmes et les enfants

 

L'indice de la faim dans le monde (GHI – Global Hunger Index) de l'Asie du Sud pour 2019 était de 29,3, le plus élevé au monde. Le GHI de la région est fortement influencé par les taux de cachexie et de retard de croissance des enfants qui, à 17,5 % et 37,6 % respectivement, sont également les plus élevés au monde. Une mauvaise nutrition chez les femmes avant et après la grossesse, des installations sanitaires inadéquates et des enfants mal nourris sont les principaux facteurs à l'origine de cette situation.

 

 

 

 

5) Rétablir les capacités socio-économiques freinées par la Covid-19

 

La Covid-19 a provoqué un ralentissement socio-économique qui aura des effets durables. En raison de la pandémie, 3,9 millions d'enfants supplémentaires de moins de cinq ans souffriront d'une forme grave de malnutrition appelée « émaciation ». Bien que les services de nutrition essentiels aient pu reprendre dans une certaine mesure, les effets à long terme de l'émaciation empêcheront l'économie d'atteindre son plein potentiel, laissant probablement l'agriculture dans un état pire qu'avant la pandémie. Les activités agricoles ont été entravées pendant la période d'arrêt. Il est important que les agriculteurs reçoivent les vaccins contre la Covid-19 dès le début du déploiement afin qu'ils puissent reprendre leur travail dans les champs. Plus tôt ils seront vaccinés, plus il sera facile pour l'économie de rebondir.

 

 

6) Investir dans des innovations fondées sur des données probantes

 

Il est de plus en plus difficile de nourrir la population toujours croissante de l'Asie du Sud et la sécurité alimentaire reste un défi dans de nombreux pays. Au Bangladesh, le secteur agricole doit être considéré comme un secteur à forte valeur ajoutée. Pour stimuler la croissance de l'agriculture, les décideurs politiques devraient collaborer avec les acteurs du développement pour être le fer de lance d'innovations fondées sur des données probantes chez les petits exploitants agricoles.

 

Les investissements dans l'agriculture mécanisée, les installations d'irrigation et les variétés de cultures à haut rendement peuvent aider le secteur agricole à obtenir des résultats prometteurs. Cela est également étroitement lié au développement du capital humain.

 

 

7) Les politiques et réglementations commerciales doivent être davantage axées sur la réalité

 

Le développement agricole ne doit pas seulement être beau sur le papier, il doit être effectif. Dans cette partie du monde, il est évident que l'élaboration de la politique agricole est en proie à la bureaucratie. Les politiques doivent être axées sur la réalité et répondre aux besoins pour assurer la sécurité alimentaire.

 

 

8) Adopter la biotechnologie pour améliorer la sécurité alimentaire

 

Le développement fondé sur les biotechnologies peut apporter une révolution indispensable dans l'agriculture, en nous permettant d'obtenir un rendement élevé, une meilleure nutrition et une utilisation moindre de produits chimiques nocifs. Prenons l'exemple du brinjal (aubergine) Bt résistant à des insectes. Les agriculteurs du Bangladesh ont adopté cette culture génétiquement modifiée développée par le secteur public et les avantages sont déjà visibles. Les rendements ont augmenté de 20 % et le coût des pesticides a été réduit de 61 % pour les agriculteurs qui ont cultivé le brinjal Bt.

 

 

9) Stabiliser les prix des denrées alimentaires

 

La Covid-19 a fait pression sur les prix des matières premières, puis sur les revenus agricoles. Mais ce fait ne peut expliquer à lui seul la tendance à la baisse de l'indice alimentaire, qui a commencé à s'effondrer avant que la pandémie ne soit en marche. Des mesures doivent être prises pour stabiliser les prix afin que les agriculteurs soient assurés d'un bénéfice et que les consommateurs aient la certitude de pouvoir se procurer des denrées alimentaires.

 

 

10) Stimuler la productivité par la mécanisation agricole

 

La mécanisation généralisée pourrait changer le paradigme du travail dans l'agriculture. Les machines jouent un rôle essentiel dans l'intensification de la productivité des terres et du travail. Les femmes effectuent une grande partie du travail dans l'agriculture sud-asiatique. La mécanisation profiterait aux femmes en réduisant la pénibilité et en leur permettant de consacrer du temps à des activités plus productives. La mécanisation contribue également à stimuler la production et les bénéfices, permettant aux agriculteurs et agricultrices d'augmenter leurs revenus.

 

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* Source : 10 things South Asian agriculture needs to address in the post-pandemic era - Alliance for Science (cornell.edu)

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