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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

On peut lire dans le Monde : « Le génie génétique, paradoxalement accepté pour les vaccins mais refusé pour la betterave »

3 Février 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #CRISPR, #critique de l'information

On peut lire dans le Monde : « Le génie génétique, paradoxalement accepté pour les vaccins mais refusé pour la betterave »

 

Glané sur la toile 639

 

 

C'est dans les pages Idées du Monde, pas Planète... et pour cause : pas conforme à la ligne éditoriale. Et c'est à la fois sur Internet et dans l'édition papier

 

Une brochette de dix chercheurs du service public (CEA, CNRS, INRAE...) emmenés dans l'ordre alphabétique par M. David Bouchez, directeur de recherche à l'INRAE, a réussi à faire publier « Le génie génétique, paradoxalement accepté pour les vaccins mais refusé pour la betterave ».

 

En résumé :

 

« Un remède "écologiquement et socialement acceptable" à la destruction du quart de la production agricole mondiale par les maladies des plantes, est bloqué par la plupart des gouvernements, déplore un collectif de scientifiques dans une tribune au "Monde". »

 

Le titre, une citation du texte, est plutôt discutable.

 

Non, ce n'est pas vraiment paradoxal.

 

On a compris que le vaccin était la solution à la pandémie (touchons du bois...) ; les Européens – car la tribune se focalise sur notre continent et Union – sont encore trop bien nourris et lotis pour accepter de réexaminer des positions maintenant solidement ancrées dans l'opinion dite publique. Ancrées et farouchement promues par des acteurs qui en ont fait leur fond de commerce (notamment les ONG et « ONG » anti-OGM) ou un contributeur à leur fond de commerce (notamment le biobusiness).

 

Mais la comparaison est bonne : d'un côté la pandémie de Covid et ses solutions trouvées ou en chantier grâce au génie génétique ; de l'autre la jaunisse de la betterave pour laquelle la vraie solution est aussi génétique :

 

« Pour améliorer la résistance aux infections virales, la stratégie envisagée est de rechercher des résistances génétiques au virus chez des betteraves sauvages, que l’on croisera avec les betteraves cultivées. Cette stratégie souffre de deux défauts. Il n’est pas certain que l’on trouve ces gènes de résistance naturels et, s’ils existent, leur transfert nécessitera plusieurs générations de croisements pour restaurer les qualités agronomiques des betteraves cultivées. Le processus prendra donc une dizaine d’années, sans garantie de succès.

 

L'alternative est d'utiliser la transformation génétique pour l'introduction des gènes de résistance aux virus utilisant soit l'interférence ARN (prix Nobel de médecine 2006), soit l'édition du génome Crispr-Cas9 (Nobel de chimie 2020), soit des anticorps synthétiques [...] »

 

Oui, mais voilà... « Hélas – écrivent-ils – cette solution n'a aucun avenir » dans l'Union Européenne.

 

Cette vision est peut-être un tantinet trop pessimiste. Il est cependant certain que surmonter les pesanteurs politiques et administratives des mammouths de Bruxelles et des capitales sera une véritable gageure.

 

La tribune comporte un intertitre : « L'impossibilité d'une réflexion apaisée ».

 

Pour qu'il y ait réflexion, il faut cependant commencer par alimenter le débat. C'est ce que font les auteurs en apportant une intéressante contribution pédagogique, tant sur les technologies et leurs applications (le papayer hawaïen résistant au virus du ringspot est cité) que sur les enjeux.

 

« C'est un début... continuons [etc.] ».

 

C'est aussi un début en ce sens que des chercheurs de la recherche publique se sont mobilisés et que le Monde a accueilli la tribune.

 

 

Post scriptum

 

Une approche similaire a été utilisée par M. Gérard Kafadaroff dans European Scientist dans « UE : Feu vert pour les biotechs rouges VS Feu rouge pour les biotechs vertes ».

 

Extrait :

 

« Plus grave, est le "refus de savoir" par les militants "faucheurs d’OGM" mais surtout par des organismes publics de recherche agronomique où les biotechnologies vertes utilisant le génie génétique sont jugées politiquement incorrectes, aboutissant à l’arrêt de toute expérimentation et au départ des chercheurs dans des pays plus ouverts à l’innovation. »

 

On ne peut que se réjouir de cette tribune dans le Monde : des directeurs de recherche en activité ou émérites se sont exprimés, bousculant un peu l'apathie et la veulerie générales. Il leur appartient de poursuivre et de faire des émules.

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U
On peut lire, mais si on est abonné.
A quand une publication accessible à tous ?
Répondre
J
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