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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le changement climatique réduit l'abondance et la diversité des abeilles sauvages, selon une étude américaine

11 Février 2021 , Rédigé par Seppi Publié dans #Abeilles

Le changement climatique réduit l'abondance et la diversité des abeilles sauvages, selon une étude américaine

 

Sara LaJeunesse, Penn State University*

 

 

Les chercheurs ont analysé un ensemble de données sur 14 ans de l'United States Geological Survey concernant les occurrences d'abeilles sauvages [au sens large, incluant par exemple les bourdons] dans plus de 1.000 endroits du Maryland, du Delaware et de Washington, D.C., et examiné spécifiquement la façon dont les différentes espèces et communautés d'abeilles réagissent aux facteurs liés à l'utilisation des terres et au climat. L'image montre une abeille de printemps, une des espèces (Andrena nida) étudiées par l'équipe. Image : USGS Bee Inventory and Monitoring Lab.

 

 

Les abeilles sauvages sont plus affectées par le changement climatique que par les perturbations de leur habitat, selon une équipe de chercheurs dirigée par la Penn State. Les résultats suggèrent que la seule résolution des problèmes d'utilisation des terres ne suffira pas à protéger ces importants pollinisateurs.

 

« Notre étude a montré que le facteur le plus critique qui influence l'abondance des abeilles sauvages et la diversité des espèces est le temps, en particulier la température et les précipitations », a déclaré Christina Grozinger, professeure distinguée d'entomologie et directrice du Centre de Recherche sur les Pollinisateurs de l'Université de l'État de Pennsylvanie. « Dans le nord-est des États-Unis, les tendances passées et les prévisions futures montrent un changement de climat avec des hivers plus chauds, des précipitations plus intenses en hiver et au printemps, et des saisons de végétation plus longues avec des températures maximales plus élevées. Dans presque toutes nos analyses, ces conditions ont été associées à une moindre abondance d'abeilles sauvages, ce qui suggère que le changement climatique constitue une menace importante pour les communautés d'abeilles sauvages. »

 

Selon Melanie Kammerer, étudiante diplômée en entomologie à Penn State, peu d'études ont pris en compte les effets du climat et de l'utilisation des terres sur les abeilles sauvages.

 

« Nous avons pensé que c'était un oubli car, comme de nombreux organismes, les abeilles subissent simultanément la perte de leur habitat et le changement climatique », a-t-elle déclaré. « En examinant les deux facteurs dans la même étude, nous avons pu comparer l'importance relative de ces deux facteurs de stress. »

 

Les chercheurs ont découvert que les régimes de température et de précipitation sont des facteurs importants pour les communautés d'abeilles sauvages, plus importants que la quantité d'habitat approprié ou les ressources florales et de nidification dans le paysage. L'image montre une abeille de la sueur vert métallique (famille des Halictidae), une des espèces étudiées par l'équipe. Image : Kate Anton, Penn State

 

Pour mener leur étude, les chercheurs ont analysé un ensemble de données de la United States Geological Survey sur 14 ans concernant les occurrences d'abeilles sauvages dans plus de 1.000 endroits du Maryland, du Delaware et de Washington, D.C., et examiné spécifiquement comment différentes espèces et communautés d'abeilles réagissent aux facteurs liés à l'utilisation des terres et au climat.

 

« Pour vraiment comprendre les effets de la météo et du climat, en particulier lorsque les régimes climatiques deviennent plus variables avec le changement climatique, nous devons utiliser ces très grands ensembles de données à long terme », a déclaré Mme Grozinger. « Nous espérons que notre étude, et d'autres du même type, contribueront à encourager la collecte et l'intégration de ces ensembles de données pour les recherches futures. »

 

En utilisant des cartes de la couverture terrestre et des modèles spatiaux, l'équipe a décrit le paysage entourant chacun des lieux d'échantillonnage, y compris la taille de l'habitat et les ressources florales et de nidification disponibles. Enfin, les chercheurs ont compilé une vaste série de variables climatiques et ont utilisé des modèles d'apprentissage automatique pour identifier les variables les plus importantes et quantifier leurs effets sur les abeilles sauvages.

 

Les résultats de l'équipe sont publiés aujourd'hui (12 janvier) dans Global Change Biology.

 

« Nous avons découvert que les régimes de température et de précipitation sont des facteurs très importants pour les communautés d'abeilles sauvages dans notre étude, plus importants que la quantité d'habitat approprié ou les ressources florales et de nidification dans le paysage », a déclaré Mme Kammerer.

 

Il est intéressant de noter, a ajouté Mme Grozinger, que différentes espèces d'abeilles sont les plus touchées par différentes conditions météorologiques. Par exemple, a-t-elle dit, les régions où il pleut plus ont moins d'abeilles au printemps.

 

« Nous pensons que la pluie limite la capacité des abeilles de printemps à collecter de la nourriture pour leur progéniture », a déclaré Mme Grozinger. « De même, un été très chaud, qui pourrait réduire la floraison des plantes, a été associé à une diminution du nombre d'abeilles d'été l'année suivante. »

 

De plus, les hivers chauds ont entraîné une réduction du nombre de certaines espèces d'abeilles.

 

« Ce résultat coïncide avec les études montrant que, avec un début de printemps plus précoce, les adultes qui hivernent ont une perte de poids et une mortalité plus élevées en pré-émergence et une durée de vie plus courte en post-émergence », a déclaré Mme Grozinger.

 

Mme Kammerer a noté que ces changements climatiques vont probablement s'aggraver dans les années à venir.

 

« À l'avenir, on prévoit des hivers chauds et des étés longs et chauds plus fréquents, ce qui, selon nous, constituera un sérieux défi pour les populations d'abeilles sauvages », a-t-elle déclaré. « Nous commençons tout juste à comprendre les nombreuses façons dont le climat influence les abeilles, mais pour conserver ces pollinisateurs essentiels, nous devons déterminer quand, où et comment le changement climatique perturbe le cycle de vie des abeilles, et nous devons passer de la prise en compte d'un seul facteur de stress à la quantification de pressions multiples, potentiellement en interaction, sur les communautés d'abeilles sauvages. »

 

Selon les chercheurs, l'étude fait partie de leur projet Beescape, plus vaste, qui permet aux individus – y compris les agriculteurs, les défenseurs de l'environnement et les jardiniers – d'explorer la qualité du paysage sur leur site et éventuellement de faire des ajustements pour améliorer les conditions pour les abeilles. Compte tenu de leurs nouvelles conclusions, les chercheurs prévoient d'étendre le projet Beescape aux conditions météorologiques et climatiques.

 

Parmi les autres auteurs de l'article figurent Sarah Goslee, écologiste, Service de Recherche Agricole du Département Américain de l'Agriculture, Margaret Douglas, professeure adjointe d'études environnementales, Dickinson College, et John Tooker, professeur d'entomologie, Penn State.

 

L'Institut National pour l'Alimentation et l'Agriculture du Département Américain de l'Agriculture, la Fondation pour la Recherche sur l'Alimentation et l'Agriculture et le Collège des Sciences Agricoles et Programme d'Études Supérieures Inter-universitaires en Écologie de la Penn State ont soutenu cette recherche.

 

_____________

 

* Source : Climate change reduces the abundance and diversity of wild bees, study finds | Penn State University (psu.edu)

 

** Kammerer, M., et al. (2021) Wild bees as winners and losers: Relative impacts of landscape composition, quality, and climateGlobal Change Biology. doi.org/10.1111/gcb.15485.

 

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MARC FAURE 11/02/2021 11:32

Bonjour, effectivement, ces chercheurs ne vont pas dans le sens de nos écolos bobos ! Cette étude, venant des US, ne sera jamais reprise en France, ou alors substantiellement revue et corrigée.

MARC FAURE 11/02/2021 11:31

Bonjour, effectivement, ces chercheurs ne vont pas dans le sens de nos écolos bobos ! Cette étude, venant des US, ne sera jamais reprise en France, ou alors substantiellement revue et corrigée.

Justin 11/02/2021 08:26

Un article qui cite autre chose que les pesticides réponsable de la mortalité des abeilles... on en entendra pas parler dans Le Monde donc, si?