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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Quand le politique se méfie de la science » de M. Olivier Babeau dans les Échos

7 Décembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Politique

« Quand le politique se méfie de la science » de M. Olivier Babeau dans les Échos

 

Glané sur la toile 616

 

 

(Source)

 

 

Les Échos ont publié le 17 novembre 2020 une opinion de M. Olivier Babeau, économiste, cofondateur de l'Institut Sapiens, « Quand le politique se méfie de la science ».

 

Il n'est pas sûr que le titre soit approprié : « se contrefiche » semble plus pertinent que « se méfie » !

 

En bref,

 

« Le gouvernement a salué l'attribution du Nobel de chimie à Emmanuelle Charpentier. Pourtant, sa découverte sur les "ciseaux moléculaires" ne s'est pas faite dans un laboratoire français et, surtout, les applications potentielles de cette technique ne sont pas autorisées dans l'Hexagone, regrette Olivier Babeau. »

 

M. Olivier Babeau regrette aussi que le gouvernement ne suive pas – ou semble ne pas vouloir suivre – l'avis du Haut Conseil des Biotechnologies sur les variétés issues d'une mutagenèse in vitro – et plus généralement des avis de nombre de comités consultatifs.

 

Et d'en déduire :

 

« Tout cela prêterait à rire si cette histoire n'était pas symptomatique du rapport dégradé de nos politiques avec le savoir scientifique. Il ne viendrait naturellement à l'idée de personne de critiquer directement la science, mais force est de constater que sa prise en compte semble de plus en plus optionnelle dans le processus de décision politique. »

 

La peur est aussi un puissant ressort politique :

 

« Ce phénomène tient sans doute au poids toujours plus grand de l'émotion dans le débat politique. Le bruit des associations militantes et des médias sur certains sujets - nucléaire, glyphosate ou encore OGM - rend impossible un examen serein de ces questions. Si les politiques sont prêts à soutenir le consensus scientifique (et à raison !) sur les questions climatiques, ils sont moins nombreux à défendre la vérité scientifique sur des sujets moins populaires.

 

Pour le politique, forte est au contraire la tentation de la surenchère, pour mettre en scène sa capacité à agir : interdire telle ou telle substance ne coûte pas grand-chose, ou seulement aux industriels. Il est beaucoup plus facile de prendre les sujets par le petit bout de la lorgnette que de définir de grandes orientations stratégiques. On adore décréter des interdictions qui donnent au public le sentiment immédiat de l'action, quitte à multiplier discrètement les rétropédalages. On est beaucoup moins enclins à définir une véritable vision d'ensemble, en dépit de tous les discours ambiants sur la promotion de l'innovation.

 

En agissant de la sorte, les décideurs contribuent toutefois à l'inquiétante décrédibilisation de la science. [...]

 

Illustrations : la « sortie » du glyphosate pour la mise en scène de la capacité à agir, les dérogations pour l'enrobage des semences de betteraves avec un néonicotinoïde pour le rétropédalage...

 

 

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T
"interdire telle ou telle substance ne coûte pas grand-chose, ou seulement aux industriels."<br /> Je ne suis pas d'accord: les agriculteurs sont parmi les premières victimes de toutes ces interdictions infondées.
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D
Oui mais...quand je lis:<br /> " Si les politiques sont prêts à soutenir le consensus scientifique (et à raison !) sur les questions climatiques, "<br /> A raison? Ben non, tous les scientifiques ne sont pas d'accord, loin de là, mais vu la pression, il faut mieux la fermer si vous n'êtes pas d'accord.<br /> Et quand bien même, le RCA est il vraiment si terrible? J'attends depuis plus de 30 ans, les effroyables catastrophes annoncées.<br /> Et j'observe les décisions stupides prises justement pour lutter contre ce RCA (genre arrêt de la consommation de viande, limitation des voyages, d'avoir des enfants et j'en passe), décisions qui impactent les plus pauvres d'ailleurs.
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H
Puisqu'on a dévié sur la question des événements climatiques extrêmes et de leur prétendue augmentation de fréquence, voilà une étude sur laquelle je me suis penchée, tout au moins pour la France. Si cela intéresse quelqu'un pour en savoir plus : http://hbscxris.over-blog.com/2020/01/evenements-climatiques-extremes-plus-nombreux-qu-autrefois-ou-bases-de-donnees-historiques-non-renseignees.html et notamment la dernière partie qui concerne particulièrement la base de référence de l'université de Louvain.<br /> Ne pas renseigner le passé dans une base de données remontant officiellement à 120 ans est effectivement la meilleure façon de convaincre tout le monde que cela va plus mal depuis 20 ou 30 ans... Et c'est pire quand des sociétés privées de "prévention et assistance aux événements climatiques" se montent et font le buzz auprès de la presse avec en toile de fond le message :"Ayez peur braves gens, vous viendrez nous voir et on fera de l'argent sur vos peurs !"
J
@Il est là, fils spirituel de Seppi - 08/12/2020 12:55<br /> <br /> « 99% des climatologues partagent l'avis du RCA d'après les enquêtes récentes »<br /> Pratiquer la science, c'est une démarche longue et compliquée.<br /> Décrétons, une fois pour toute et pour en finir, la réalité du RCA… par référendum, alors !
D
¨Plus de catastrophes violentes?<br /> Ben non, si on regarde de plus près.<br /> https://www.climato-realistes.fr/rapport-de-lonu-sur-les-catastrophes-naturelles-une-analyse-detaillee/<br /> <br /> Enorme biais de perception avec des populations plus concentrées et plus nombreuses, des infrastructures plus couteuses.
I
Oui enfin 99% des climatologues partagent l'avis du RCA d'après les enquêtes récentes et rien ne prouve que ces climatologues y croient par pure pression (sinon pourquoi pas dire la même chose pour le fait que la majorité des agronomes défend les OGM). Pour les catastrophes, on voit bien ces dernières années des étés plus chauds et des catastrophes naturelles qui, si elles sont pas plus nombreuses, n'en sont pas moins plus violentes.
U
Hélas, la devise des politiciens actuels est plutôt :<br /> Essayons l'ignorance !
Répondre
M
Oui enfin 99% des climatologues partagent l'avis du RCA d'après les enquêtes récentes<br /> Ha bon ça marche comme ça maintenant ? C'est encore de la science, c'est sûr ?
M
Bonjour, nos "chers" politiques n'ont qu'une ambition : se faire ré-élire aux prochaines élections, avec le soutien des journaleux. Ils se moquent des débats de fond, car ils n'ont pas.
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