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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les produits « bio » 44 % plus chers, le Parisien et le Président Emmanuel Macron

23 Décembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Agriculture biologique, #Alimentation

Les produits « bio » 44 % plus chers, le Parisien et le Président Emmanuel Macron

 

 

(Source)

 

 

Merveilleux télescopage !

 

Le 14 décembre 2020, le Parisien publie : « Les fruits et légumes bio 44 % plus chers en moyenne : pourquoi un tel écart ? » (réservé aux abonnés), avec en chapô :

 

« Selon une étude de la CLCV que nous dévoilons en exclusivité, les fruits et légumes bio restent plus chers que ceux issus de l’agriculture classique, y compris dans les grandes surfaces. »

 

Le même jour, le Président Emmanuel Macron annonce sur un ton martial et conquérant qu'« on » va introduire un chèque alimentaire « pour aider les plus précaires à se nourrir avec des produits biologiques et locaux ». C'est bien sûr, une fuite en avant devant la débâcle de la Convention Citoyenne pour le Climat qu'il a lui-même orchestrée.

 

Pour un bénéfice nul, voire négatif...

 

La notion de « précaires » n'étant pas définie, ni le volume de produits alimentaires en jeu, on en est réduit aux supputations. Avec quelque 8 millions de personnes comptant aujourd'hui, à un moment ou un autre, sur l'aide alimentaire, il faut compter sur 800 millions d'euros par tranche de 100 euros de tickets distribués... une paille... Si l'on prend les pauvres avec un seuil de 60 % du revenu médian, la facture monte à 930 millions.

 

Une paille... pour un bénéfice nutritionnel nul, un impact environnemental souvent négatif – ne serait-ce que par la nécessité d'occuper davantage de surface agricole pour une production identique – et un effet économique probablement négatif, une grande partie des produits « bio » devant être importés et l'étant de pays plus compétitifs.

 

 

44 % à un instant t selon une enquête particulière

 

Revenons donc à l'article du Parisien et l'enquête de CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie). Le résultat est tout simplement une image à l'instant t pour une gamme de sept produits (carotte, courgette, tomate ronde, banane, orange, pomme Golden et raisin blanc avec pépins) et des prix collectés dans deux ensembles de points de vente (370 au total). Le résultat semble être plutôt dans la zone basse des écarts de prix entre « bio » et « conventionnel ».

 

 

(Source)

 

 

L'écart avec le « conventionnel » baisse-t-il ?

 

Ça tombe bien ! Le Parisien écrit, en produisant un formidable non sequitur :

 

« Avec le développement de la filière, l'écart semble toutefois se resserrer. "Il y a quelques années, on parlait d'une différence de 70 %", rappelle Patrick de Ronne, président de Biocoop (680 magasins en France). Aujourd'hui, les achats en fruits et légumes frais biologiques représentent 8 % des quantités achetées, selon des données de France Agrimer. Un chiffre en progression de 6 % par rapport à 2018 alors que la surface agricole dévolue au bio a doublé en cinq ans dans l'Hexagone, selon l'Agence Bio. »

 

L'écart s'est-il (se serait-il) resserré parce que les prix du « conventionnel » ont augmenté ou que ceux du « bio » ont baissé et, dans ce dernier cas, qui supporte la baisse ?

 

Nous sommes cependant prévenus :

 

« Mais attention, même s'il se développe, "le bio n'a pas vocation à être au même prix que le conventionnel", rappelle Patrick de Ronne. La CLCV le reconnaît aussi : "C'est normal que le bio soit plus cher. Il y a un surcoût qui est évidemment lié au mode de production", pointe Lisa Faulet [chargée de mission alimentation à CLCV]. »

 

En d'autres circonstances, on vous expliquerait que le « bio » est aussi productif que le « conventionnel », que si... on peut mettre Paris en bouteille… enfin on peut arriver au même prix.

 

 

(Source : rapport CLCV)

 

 

La faute aux emballages ?

 

Ce qui est intéressant dans l'article du Parision, ce sont les explications, en partie fokloriques.

 

Selon Carrefour, le « bio » n’est pas moins cher dans les grandes surfaces à cause des emballages, obligatoires pour éviter les mélanges. Est-ce par rapport au « conventionnel » ou au « bio » vendu par des enseignes spécialisées ? S'agissant de la deuxième hypothèse, on peut émettre quelques doutes quand on a dans cette enquête des carottes et des courgettes plus chères dans les magasins spécialisés et que la CLCV conclut que la différence de prix qu'elle a constatée n'est pas significative...

 

 

(Source : le Parisien)

 

 

Pourquoi les enseignes spécialisées ne sont-elles (seraient-elles) pas moins chères ?

 

Selon le rapport de CLCV, en tenant compte des incertitudes de son enquête, il n'y aurait pas de différence entre enseignes généralistes et spécialisées. C'est exprimé de manière orientée, quoique justifiée quand on connaît la publicité faite notamment par une certaine enseigne :

 

« Dans tous les cas, ces résultats montrent que les GMS ne semblent pas forcément être les plus intéressantes pour acheter des fruits et légumes bio, malgré leurs nombreuses promesses de proposer aux consommateurs des produits biologiques à petits prix et accessibles à tous. »

 

La critique est certes pertinente, s'agissant des « promesses ». Mais on peut retourner l'argument : pourquoi les magazins spécialisés – dont bon nombre ne sont pas des petites surfaces – ne sont-ils pas moins chers ?

 

 

Moins de promos sur le « bio » ?

 

On ferait aussi moins de promos en « bio ». Ah bon...

 

L'article ramène même la crise de la Covid-19 qui aurait incité les distributeurs à multiplier les opérations promotionnelles sur des fruits et légumes (sous-entendu : conventionnels) à prix coûtant pour « soutenir le pouvoir d'achat des consommateurs et des producteurs ». Cet argument relève en partie de la tromperie. D'une part, les ventes à prix coûtant ne sont pas si nombreuses et, d'autre part, CLCV n'évoque pas ces opérations dans son document.

 

Et en admettant qu'il fût exact, que des opérations de promotion plus nombreuses aient été menées et que cela se soit reflété sur les prix du « conventionnel », l'argument plaide en défaveur du resserrement de la différence de prix.

 

 

L'éternelle question des marges

 

Et, croix de bois, croix de fer, on ne ferait pas de marges plus importantes sur le bio qu'en conventionnel. Deux exemples de taux de marge quasiment identiques sont donnés dans l'article. Admettons... mais un taux de marge identique sur des bases différentes produit des marges différentes (dont une partie peut très bien s'expliquer)...

 

Si vous comprenez la logique de l'assertion suivante, vous êtes très fort :

 

« Carrefour abonde : "On ne fait pas de distinction entre le bio et le conventionnel. Les marges sont appliquées selon d'autres critères. Nous partons du prix qui convient le mieux aux clients et notamment en observant ce que fait la concurrence." »

 

 

Production locale vs. importations

 

On nous apprend aussi que le « bio » made in France ne serait pas plus cher que le « bio » importé (sauf exceptions comme le raisin). On nous cite à cet effet la tomate ronde et la courgette. Mais...

 

« "Pour l'exemple de la tomate et de la courgette, cette année a été exceptionnelle", précise Marie Estangoy » [acheteuse fruits et légumes chez Naturalia].

 

Y aurait-il une tendance générale. Selon Mme Marie Estanguoy,

 

« Mais en général, il y a de plus en plus de producteurs bio en France. C'est une très bonne nouvelle, car plus il y a de producteurs, plus les filières se structurent et permettent des économies d'échelle. Les prix sont donc plus compétitifs et se rapprochent des prix de l'import historiquement plus bas. »

 

On peut aussi le traduire de la manière suivante : plus il y a de producteurs, plus on peut faire jouer la concurrence...

 

 

Le Président de la République VRP du « bio »

 

Le Parisien écrit dans son texte :

 

« Mais alors que les pouvoirs publics encouragent les Français à acheter des produits bio, elle [l'enquête] met en exergue le surcoût important que cela représente pour leur portefeuille. »

 

CLCV écrit pour sa part :

 

« La consommation de produits bio est pourtant encouragée par les pouvoirs publics et fait partie des dernières recommandations publiées par Santé Publique France en 2019. Nous interpellons les pouvoirs publics sur la nécessité de rendre accessibles au plus grand nombre les produits issus de l’agriculture biologique.

 

Hélas oui ! Comme nous l'avons décrit dans « Programme National Nutrition Santé (PNNS) et bio : on nous prend pour des buses », le « bio » s'est infiltré sournoisement dans les recommandations alimentaires.

 

Le pompier-pyromane Président de la République n'a manifestement pas répondu à l'interpellation de CLCV – cela aurait été chronologiquement difficile – mais à la nécessité d'éteindre les incendies qu'il a allumés avec la Convention Citoyenne pour le Climat.

 

Il a une solution : ponctionner les finances publiques – dont l'impôt payé par les contribuables imposables – pour financer encore davantage une filière dont une partie se sucre déjà confortablement.

 

 

 

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Alex 24/12/2020 06:41

"Viande bio ou viande industrielle, même impact environnemental
Produire une viande bio ne réduit pas pour autant l'empreinte de cette production sur l'environnement, selon le quotidien « The Guardian ».
La viande bio, un produit à l'empreinte environnementale moins élevée que la viande « conventionnelle » ? Pas vraiment, à en croire une étude publiée dans la revue Nature communications et relayée par le quotidien britannique The Guardian. En effet, en ce qui concerne la viande de boeuf et de mouton, les productions bios et non-bios ont le même impact sur l'environnement. Quant aux poulets, la production bio a un effet plus important sur l'environnement et pour le porc bio, c'est un peu mieux que la version « non-bio »."
https://www.lepoint.fr/societe/viande-bio-ou-viande-industrielle-meme-impact-environnemental-24-12-2020-2406963_23.php

Hbsc Xris 25/12/2020 19:50

Aller ramasser les déjections des bêtes en plein air avec les employés ? Mais diable comment ? Une brouette, une pelle, un racloir et arpenter des hectares de pré en quadrillant de manière rationnelle vu le dépôt très aléatoire des déjections ? Combien de temps et combien de personnes pour ramasser une tonne ? Le fumier se négocie à plus ou moins 20 € la tonne, un peu plus du double en bio. En tout cas, à moins d'exploiter une armée de woofeurs qu'on ne paye pas, il est impossible de rentabiliser l'opération. Ok, je sais, les pauvres des campagnes ramassaient le fumier autrefois au seau et à la brouette dans les rues et les chemins, mais s'ils le faisaient, c'est qu'ils n'avaient pas le choix pour essayer de survivre.

Il est là, fils spirituel de Seppi 25/12/2020 12:05

Hbsc Xris

Oui je me doutais bien qu'élevage bio et élevage en bâtiment pouvait être compatibles, mais bon je pense que la majorité des éleveurs bios font ce qu'ils peuvent un peu comme la majorité des éleveurs en non bio.
Je ne sais pas ce qu'il est des exploitations jumelées, je dirai que certains éleveurs laissent les bêtes en plein air et rammassent les excréments avec leurs employés de temps à autres. Enfin bon ces questions liées à l'élevage sont très complexes, comme souvent en agriculture.

Hbsc Xris 24/12/2020 20:16

@Il est là : La plupart des gens s'imaginent qu'élevage bio veut dire élevage en plein air, et bien aussi incroyable que cela puisse paraitre NON, ce n'est pas une obligation. Les différentes normes font état d'un accès au pâturage lorsque le temps le permet, mais sans normer celui-ci ce qui laisse toute latitude à l'éleveur. Un élevage en stabulation avec accès très épisodique à la pâture est donc tout à fait possible. Il suffit que les aliments donnés en stabulation aient été produits selon les normes bio. Pire (à mon sens) l'ensilage qui permet de pousser les bêtes en viande ou en lait, au détriment de la qualité (selon moi notamment le lait de bêtes nourries à l'ensilage est, sans traitement industriel, tout simplement infect), et bien l'ensilage est tout à fait autorisé en bio, du moment que les fourrages ou céréales en ensilage soient cultivées en bio, ce que je trouve incroyable. Pour finir, penchez vous sur ces exploitations agricoles bio jumelées, un agriculteur ou maraicher d'un côté et un éleveur de l'autre qui fournit le fumier bio. Avez vous déjà vu des aspirateurs à m. dans les champs ? Moi non plus, cela signifie que pour fournir en fumier, il faut des bêtes qui passent le maximum de temps sur un espace restreint de stabulation où le fumier est récoltable... cqfd ! Donc l'éleveur bio qui fournit beaucoup de fumier à ses petits camarades ne sort guère ses bêtes en pâture. C'est des normes de secoué !

Il est là, fils spirituel de Seppi 24/12/2020 13:17

Perso les études sur l'élevage dans Nature je reste prudent, c'est pas toujours des agronomes qui les publient mais des nutritionnistes souvent éloignés du monde agricole et fréquentant très peu d'agriculteurs.

Après cela dit qq remarques
1) QU'est-ce qu'ils appellent viande bio et non bio ? est-ce qu'un élevage en plein air mais où les techniques bios ne sont pas utilisés ou très peu en font partis ?
2) Quelle aire géographique ?
3) Qu'en disent les agriculteurs qui ont participé aux expériences ?

Hbsc Xris 23/12/2020 20:24

Article bien optimiste, qui ne concerne que la grande distribution bio avec des produits venus d'on ne sait où, cultivé on ne sait comment, mais étiqueté bio.
Il est intéressant de se pencher sur le prix souvent exorbitant du bio en vente directe par le producteur. Constaté au fin fond de la Bourgogne ce printemps, des prix en vente directe entre le double et le triple de la grande distribution en conventionnel. Pour la petite histoire, je me suis intéressé à ces maraichers bio après avoir découvert lors d'une de mes errances par monts et vaux, des champs recouverts de plastique noir mais également entourés de fragments de plastique noir des années précédentes. Je me suis demandé quels étaient les s...gauds qui laissaient des déchets pareils. Le pire est que ces maraichers bio ne s'en sortaient pas et étaient partis retravailler à côté, passant leur week end et temps libres dans leurs serres et champs. J'aimerais d'ailleurs également savoir quels sont les autres s...gauds qui les ont envoyé dans une galère pareille.

Il est là, fils spirituel de Seppi 24/12/2020 13:21

En fait faudrazit faire comme L214. S'infiltrer dans les exploitations biotausaurus avec une caméra cachée pour montrer les réalités des pratiques de plusieurs fermes biotausaurus. En plus nous au moins ce serait des images non truquées et non décontextualisées.

Marc FAURE 23/12/2020 15:33

Bonjour, je ne me rappelle pas avoir connu une intoxication alimentaire avec les produits conventionnels, alors qu'avec les produits bio ? (datura, toxines sur les graines germées, ...) sans parler de toutes ces fausses informations sur le bio !

Justin 24/12/2020 17:16

@Hbsc Xris: je ne vais pas vous rassurer, les infirmières ont aussi des problèmes pour appliquer la règle de trois....

Hbsc Xris 24/12/2020 04:24

Bonjour Marc, je défends farouchement l'agriculture conventionnelle, mais je crois qu'il faut être lucide et transparent si on veut la défendre efficacement. Si, il y a eu des intoxications, malheureusement, par exemple l'affaire du métam sodium il y a 2 ans. Cette triste histoire, même si elle a été sans gravité, a résulté de non respect de règles de délai avant culture et c'est lamentable, car dans la foulée, on a interdit ce produit qui ne présentait pas de problèmes dans des conditions normales d'utilisation. Un produit phytosanitaire, c'est un peu comme un médicament, il y a des règles en respecter impérativement sinon cela peut se transformer en poison.
En faisant une formation dans le domaine des phytosanitaires, j'ai découvert que 10 à 15% des agriculteurs (conventionnels et bio d'ailleurs) ont des problèmes avec les dosages car ils ont du mal à faire des conversions genre hectares, ares, m2 et millilitres centilitres, milligrammes, etc... Et soyons honnête, c'est grave ! C'est une des raisons pour lesquelles je suis pour une formation obligatoire dans ce domaine, avec examens et remise à niveau régulière. Et c'est déjà très bien qu'il y ait maintenant des techniciens hautement formés pour régler les très complexes buses de pulvérisation qui permettent désormais de travailler très précisément.
Pour être crédible, l'agriculture conventionnelle doit être professionnelle et irréprochable.
Ensuite bien sûr, les intoxications du bio, c'est juste, elles sont extraordinairement étouffées, et pour moi qui suis une passionnée de l'histoire de l'agriculture, à vouloir revenir en arrière, on va y arriver, et on va pleurer. Nos ancêtres mangeaient mal sans variété, souvent peu et très rarement sainement, les intoxications étaient légions.

Justin 23/12/2020 15:13

2 remarques
1) le bio sous plastique.... C'est pas écolo
2) le plastique est là pour prolonger la durée de vie des produits bio qui se gâtent plus rapidement

Question qui tue, sans frais de pesticides, pourquoi le bio est plus cher ?

Il est là, fils spirituel de Seppi 24/12/2020 13:18

Je pense, Justin, que c'est parce que le travail est plus pénible en raison du refus d'utiliser des produits et des techniques efficacés et que les aliments bio comme vous le rappelez se gâtent plus rapidement faisant qu'il faut en produire beaucoup et rapidement.

Hbsc Xris 24/12/2020 03:27

Exact, les cahiers des charges des différents labels bio n'excluent aucunement l'utilisation de pesticides bio. Ces pesticides dit bio sont des pesticides appelés naturels car issus de plantes ou de minéraux. Pour ce motif, le législateur, dans un accès de grande ignorance ou de grand délire, leur impose moins de contrôles et études avant mise sur le marché que les pesticides dit conventionnels. C'est ainsi qu'on a eu dans les années 2000 le scandale de la roténone, un très vieil insecticide issu d'une plante, et considéré sans danger et donc peu testé, jusqu'à ce qu'on fasse le lien avec la roténone et un excès de maladie de parkinson chez les agriculteurs, bio ou non d'ailleurs, car la roténone était très efficace et beaucoup l'ont utilisé. A noter que la roténone était toxique pour les abeilles, mais il semblerait que quand c'est bio, cela n'a pas d'importance. Prochain scandale à venir, je pense l'azadirachtine, un insecticide que l'on sait reprotoxique pour l'humain, mais qui a été autorisé en bio assez récemment. Il est également toxique pour les abeilles. Et parlons du très commun pyrèthre, celui des bombes insecticides domestiques, insecticide bio également et insecticide tueur d'abeilles, mais là chutttttt...
En fait dans la petite revue de ma chambre agricole, j'ai tous les mois un listing de produits phytosanitaires selon les attaques en cours ou possibles selon les cultures et la saisons. Chaque produit phytosanitaire conventionnel a, dans la case à côté, le produit bio utilisable.
Maintenant, j'ai rencontré une fois à un stage sur des maladies et parasites des plantes, un couple de jeunes maraichers bio qui appartenait à je ne sais quelle chapelle de cette religion et n'utilisait pas d'insecticides. On l'a appris avec les autres stagiaires, quand la femme a craqué et s'est mise à pleurer, racontant leurs dernières nuits à ramasser des insectes à la main et à la lampe frontale, dans je ne sais plus quelle culture. La jeune femme était au bout du rouleau. On se serait cru dans les siècles passés quand les plus pauvres des campagnes, femmes, enfants et vieillards partaient nuit et jour gagner quelques misérables sous dans les hannetonnages, les papillonages, les échenillages...

pierre marie 22 23/12/2020 20:06

@ Justin

- La bio utilise beaucoup de pesticides (pyrèthre, spinosad, azadirachtine, bactospeine, souffre, cuivre,etc. En tonnage très important. Des produits parfois d'une efficacité de courte durée (donc plus de traitements dans l'année). Et pas toujours avec beaucoup d'efficacité (cuivre quand il pleut, etc.)

- Les rendements sont en moyenne 30% inférieurs (tout dépend bien sûr des productions)

- la bio se ferme la voie prometteuse de l'agriculture de conservation des sols.