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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« La viande "cultivée" en laboratoire pose finalement plus de problèmes qu’elle n’en résout » sur 20 Minutes

15 Décembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Alimentation, #élevage

« La viande "cultivée" en laboratoire pose finalement plus de problèmes qu’elle n’en résout » sur 20 Minutes

 

Glané sur la toile 620

 

 

 

 

20 Minutes a conclu, semble-t-il, un accord de partenariat avec The Conversation pour publier chaque jour une de ses analyses.

 

C'est une heureuse initiative – encore plus si le choix éditorial est fait avec discernement – car cela met un peu plus de science sur un site d'information plutôt populaire. Découvrir cela est encore plus réjouissant quand l'actualité bruisse de la mauvaise nouvelle que la France est devenue un cancre en matière de culture mathématique et scientifique.

 

Le 10 décembre 2020, 20 Minutes a ainsi mis en ligne « La viande « cultivée » en laboratoire pose finalement plus de problèmes qu’elle n’en résout », donc publié à l'origine par The Conversation (on y lira des compléments intéressants de M. Éric Muraille dans les commentaires).

 

En résumé :

 

  • « Le coût environnemental de la viande artificielle vient d’être réévalué à la hausse, selon une étude publiée par notre partenaire The Conversation.

 

  • La consommation de nuggets à base de viande « fabriquée » vient pourtant d’être autorisée par les autorités sanitaires de Singapour.

     

  • L’analyse de ce phénomène a été menée par Éric Muraille, biologiste, immunologiste et maître de recherches au FNRS (Université Libre de Bruxelles). »

 

L'article n'apporte aucune réponse précise, et pour cause : elles sont impossibles dans l'état actuel de la recherche-développement, qui n'en est qu'à ses balbutiements, quoi qu'en disent les start-ups très enthousiastes car en mal de financements.

 

Mais il présente un panorama des différentes problématiques qui se posent en la matière (il manque cependant, à notre sens, des indications sur la composition des liquides nutritifs qui permettent la croissance cellulaire et sur les coûts économiques et environnementaux).

 

M. Éric Bureau écrit dans un commentaire sur The Conversation.  :

 

« Bref, dans cet article, je voulais simplement souligner que prétendre, comme de nombreux auteurs le font, que la production de viande in vitro serait nécessairement plus avantageuse d'un point de vue environnemental que la production de viande conventionnelle est très prématuré à ce stade. Il faut aller plus loin que le discours actuel qui s'alimente principalement des affirmations des start-up en recherche de financement. Ce qui implique de financer une véritable recherche indépendante sur le sujet. »

 

Sur 20 Minutes, un commentateur a écrit :

 

« Résumons :

 

Dans le monde d'avant :

 

Un pré, du soleil, de l'eau, de l'herbe qui pousse toute seule et une vache qui broute toute seule, un agriculteur, un abattoir et un boucher.

 

Vous obtenez de la viande, source de protéines de qualité - simple efficace et sûr.

 

Dans le monde d'après :

 

- Une salle blanche (les écolos ont-ils la moindre idée du coût et de l'énergie consommée par une salle blanche ?)

- Des produits chimiques

- Des biologistes

- De la chimie organique

- Des hormones de croissance (tiens mais je pensais que c'était interdit !)

 

Vous obtenez un truc de protéines potentiellement pollué par des bactéries.

 

Ces écolos nous font rêver avec leur "solutions du futur"...

 

Et puis cette phrase surréaliste :

 

"Pour Mark Post [professeur à l’Université de Maastricht, qui a présenté le premier burger de viande cultivée, et directeur scientifique de Mosa Meat], 'les vaches sont très inefficaces'. Leur 'taux de bioconversion' est estimé à 15 %. Autrement dit, pour produire 15 g de viande, il faut 100 g de protéines végétales."

 

Et oui, Mark vient de découvrir que, comme nous, une vache a besoin de protéines chaque jour rien que pour maintenir son métabolisme – trop fort. »

 

C'est fort pertinent. On aimerait connaître le « taux de bioconversion » de la chose produite in vitro ou, à l'avenir si « ça marche », dans un fermenteur.

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Marc FAURE 15/12/2020 17:34

Bonjour, lorsque nous (les affreux) consommons de la viande, celle-ci se présente sous différentes formes : espèces (volaille, bovins, ovins, porcins, équins, camélidés dans certains pays, ...), nature du morceau (quartier avant, filet, pièce à griller, quartier arrière, abats, ...) et cuisson différente. Cette viande artificielle risque de se présenter avec un goût uniforme et pour une façon de l'apprêter sous forme de grillade. Quid du ragoût de veau ? de la daube ? quid du boudin ? etc ... Et du réel prix pour le consommateur ?

Hbsc Xris 16/12/2020 03:40

J'ajouterais que le goût et la texture de la viande varie selon les races, par exemple une bavette de Salers et de Charolais en dégustation, on trouve une différence. Quand à l'Angus, je ne sais pas si vous connaissez, c'est à tomber. Bien entendu l'alimentation des ruminants joue également, les bêtes au pré au maximum sont, à mon sens, meilleure, bien qu'il y ait pré et pré, toutes les pâtures ne se valant pas. Maintenant, il est assez amusant de savoir que ce ne sont pas les bêtes des élevages bio qui passent forcément le plus de temps au pré, la plupart passent l'essentiel de leur vie en stabulation libre, couverte ou ouverte. En effet, le fumier bio est un sous produit de l'élevage bio, à destination notamment des agriculteurs et maraichers bio. Mais pour avoir du fumier en abondance, il faut que les bêtes passent le moins de temps possible au pré, sinon leurs déjections sont perdues, sauf pour le pré, bien sûr.

Paul Aubrin 15/12/2020 15:01

Les herbivores convertissent des productions végétales en aliments que les omnivores et les carnivores peuvent assimiler. Les herbivores sont d'assez inefficaces convertisseurs de cellulose en protéine, excepté qu'il n'y en a guère de meilleurs.
Rejeter l'élevage au motif qu'il serait immoral est un déni de la théorie de l'évolution.

jean 15/12/2020 13:48

sur le dernier réussir lait nous avons des tableaux sur l'efficacité des vaches laitières.Une vache produit le double de Protéines assimilable par l'homme quelles n'en consomment..Le mensonge de faire une journée de cantine sans produits animaux vient de ces affirmations que nos animaux d'élevage réduisent notre alimentation.Merci de nous avoir la composition de la fabrication cette bouffe chimique et hormonée