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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'élevage du vison : gesticulations, activisme, mythes et réalité

2 Décembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #élevage

L'élevage du vison : gesticulations, activisme, mythes et réalité

 

 

Non, ça, c'est un hamster...

 

L'élevage du vison d'Amérique – différent du vison d'Europe, sauvage et en danger d'extinction en France – est dans la ligne de mire des antispécistes et de leurs alliés (et idiots utiles).

 

 

Grenouillages politiques, sociaux et médiatiques

 

Une proposition de référendum d'initiative partagée

 

Dans les grenouillages politiques, sociaux et médiatiques, il y a une proposition de référendum d'initiative partagée sur les animaux lancée le 2 juillet 2020 par un consortium hétéroclite (dans l'ordre alphabétique) d'associations de défense des animaux et de l'environnement, de trois chefs d'entreprises (pas forcément désintéressés...) et d'un journaliste militant (ou militant muni d'une carte de presse), évidemment appuyés par une palanquée de « people » en mal d'affection.

 

Nous l'avons évoquée sur ce site (voir notamment « Le référendum d'initiative partagée "pour les animaux" : Qui ? Comment ? Quoi ? » et « Un autre sondage sur le référendum d'initiative partagée sur les animaux »). L'interdiction de l'élevage des animaux pour la fourrure était évidemment au menu.

 

Les promoteurs de la chose ont aussi mis en place un attrape-couillons, une collecte de signatures pour être relancé le moment venu – les signatures étant présentés aux médias complices ou naïfs comme des soutiens au référendum.

 

Donnons quelques nouvelles : le nombre de parlementaires signataires est bloqué à 143 (il en faut 185 pour que l'initiative puisse décoller au niveau des citoyens). Et les signatures (et probablement « signatures ») patinent aux environs de 862.000 – pour aboutir, le RIP aurait besoin de 4,7 millions de signatures définitives).

 

 

Source : « Elevage de visons en Normandie : après la vidéo choc de One Voice, l'agriculteur se défend ». On pourra lire avec intérêt cet article et le comparer à la vidéo de M. Étienne Fourmont ci-dessous.

 

 

Une proposition de loi

 

Le 25 août 2020 était déposés à la présidence de l'Assemblée Nationale une proposition de loi

relative à de premières mesures d’interdiction de certaines pratiques génératrices de souffrances chez les animaux et d’amélioration des conditions de vie de ces derniers (texte, dossier législatif).

 

Les deux premiers signataires en étaient M. Cédric Villani et Mme Delphine Batho, à l'époque du groupe (visez l'ordre...) Écologie Démocratie Solidarité (disparu en octobre 2020 après la défection de trois membres).

 

La disposition opérationnelle – suivie de dispositions relevant du droit pénal – de l'article 2 avait la teneur suivante :

 

« L’élevage et l’abattage d’animaux dans le but d’obtenir de la fourrure ainsi que la commercialisation de la fourrure de ces animaux sont interdits à compter du1er janvier 2025. »

 

La proposition de loi a été examinée en commission, puis en plénière le 8 octobre 2020. Le couperet est tombé à minuit, après des débats qui laissent pantois. Songez à ce propos de M. Cédric Villani :

 

« Loin des craintes que l’on peut avoir sur la façon dont le débat pourrait être pris en otage par des intérêts financiers de multinationales… »

 

 

Rarement en retard d'une mesure d'« écologie » destructrice, Mme Barbara Pompili

 

Le 29 septembre 2020 – donc avant les débats de l'Assemblée Nationale en plénière... bonjour le respect des règles démocratiques et du pouvoir législatif – Mme Barbara Pompili, Ministre de la Transition Écologique, annonçait avec force flonfons, notamment, la fin de l'élevage de visons.

 

Le Figaro a produit à cette occasion un excellent article intitulé : « La France interdit l'élevage de visons pour leur fourrure, mais pas l’importation », et pointant du doigt l'extraordinaire cynisme politicien :

 

« "Notre époque a changé dans son attitude à l'animal sauvage", a martelé la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, à l'occasion de la présentation d'une série de mesures sur le "bien-être de la faune sauvage captive".

 

L'élevage c'est pas bien... mais seulement en France. Dans d'autres domaines, pourtant, notre gouvernement se veut le phare de l'obscurantisme éclairant le monde par son exemplarité...

 

Et puis le vison d'élevage, cela fait longtemps qu'il n'est plus sauvage... La bêtise s'allie ici au souci de plaire à des lobbies.

 

 

Un invité impromptu : le coronavirus

 

Le SARS-Cov-2 affecte également les visons

 

L'affaire a pris un tour nouveau quand on a appris que le coronavirus qui sévit actuellement – SARS-Cov-2 – est passé sur le vison, d'abord au Pays-Bas.

 

Au Danemark, il y a eu plusieurs mutations du virus, et celui-ci a été retransmis à l'Homme. La Première Ministre sociale-démocrate, Mette Frederiksen, a ordonné, sans disposer des bases légales, l’abattage de tout le cheptel de visons danois (17 millions). Elle est sous le feu de la critique pour sa gestion autoritaire de l’épidémie, la démission du ministre de l’agriculture, Mogens Jensen, le 18 novembre 2020, n'ayant pas suffi à éteindre la crise politique.

 

En France, un élevage a été contaminé en Eure-et-Loir – le mauvais élève de la classe n'adhérant pas au label Furmark– et l'abattage des mille bêtes a été ordonné. Un deuxième a été déclaré indemne et les analyses sont en cours pour les deux autres à l'heure où nous écrivons.

 

Dans « Un premier élevage de visons contaminé au Covid-19 en France, les 1 000 bêtes abattues », le Monde, avec AFP, rapporte :

 

« Le 29 septembre, la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, avait annoncé la fin en France de l’activité des élevages d’animaux pour la fourrure d’ici à 2025, en même temps qu’une série d’autres mesures sur la faune sauvage. Les conditions d’élevage dans ces exploitations, en cages et avec une forte promiscuité, sont régulièrement mises en cause par les associations de protection animale. »

 

Dans l'Obs, M. Arnaud Gonzague a un point de vue original sur l'attitude de Mme Barbara Pompili, dans « Visons abattus à cause du Covid : au-delà des chiffres, il y a des bêtes ». Mais est-ce vraiment de la désinvolture ?

 

 

Bien entendu, des associations se sont précipitées pour demander une accélération du calendrier.

 

 

Le député Loïc Dombreval saisit l'occasion

 

Il en fallait un... ce fut M. Loïc Dombreval.

 

 

La réponse de Mme Barbara Pompili était tout à fait cohérente.

 

On admirera la connaissance approfondie du sujet du « député vétérinaire » Loïc Dombreval (ironie).

 

 

(Source)

 

 

La (ou une) réalité

 

La (ou une) réalité nous est montrée par M. Étienne Fourmont, agri youtubeurre. Un peu plus de 21 minutes fort instructives.

 

Le sujet est évidemment fort clivant, et on peut avoir telle ou telle opinion sur le principe de l'élevage d'animaux pour la fourrure.

 

Mais, ce que montre cette vidéo, ce n'est pas du tout l'univers concentrationnaire que l'on se plaît, pour les uns, à décrire (le cas échéant avec des photos venant de Dieu ne sait où) et, pour les autres, à imaginer.

 

 

À lire les premiers des quelque 700 commentaires, le vidéo a eu un franc succès (mais il y a une accusation de suppression des commentaires négatifs...).

 

Un gazouilleurs a produit un long fil sur le label Welfur. Voici l'introduction :

 

 

(Source)

 

 

Et, en guise de conclusion

 

 

(Source)

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J
Rien à voir: le nouveau negawatt vient de sortir et parle agriculture:
+13 millions d'hectares de surfaces agricoles à vocation énergétique (1/2 de la SAU française) entres autres perles
https://www.negawatt.org/IMG/pdf/201130_objectif-55pourcent-de-reduction-de-ges-en-2030.pdf
Répondre
H
@Justin, effectivement ce n'est pas le sujet du vison mais c'est bien intéressant. Je ne connaissais pas Negawatt. On constate une fois de plus que derrière un système associatif bien construit avec une structure de recueil des fonds et un beau charabia environnemental, on a un entreprise de rénovation énergétique, Dorémi, ce qui est assez classique dans le domaine écolo, qu'il s'agisse d'agriculture bio, d'énergie renouvelable ou de prévention des événements climatiques extrêmes, dernier domaine que j'ai étudié plus particulièrement. Une kyrielle d'entreprises proposant leurs services en matière d'événements climatiques extrêmes (conseils, systèmes de prévention, assurances, etc) en fondant leurs propos sur des bases de données fausses par omission, puisqu'avant 1980, quasiment rien n'était entré, et il faut attendre à peu près 2000 pour des entrées complètes. Facile de dire que cela va de mal en pis lorsqu'on a pas "entré" le passé. Idem pour toutes les questions d'énergie solaire, allez voir trouver une information objective sur le net. Derrière 99% des sites d'information, se dissimulent des entreprises qui vendent leur matériel, et donc forcément cela ne peut être que performant.
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