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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Alimentation bio et diabète : une « information » d'un co-auteur de « Les gardiens de la raison » dans le Monde Planète

8 Décembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Article scientifique, #Alimentation, #Santé publique

Alimentation bio et diabète : une « information » d'un co-auteur de « Les gardiens de la raison » dans le Monde Planète

 

 

(Source)

 

 

L'International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity a publié le 9 novembre 2020 un article, « Prospective association between organic food consumption and the risk of type 2 diabetes: findings from the NutriNet-Santé cohort study » (association prospective entre la consommation d'aliments biologiques et le risque de diabète de type 2 : résultats de l'étude de la cohorte NutriNet-Santé) d'Emmanuelle Kesse-Guyot, Pauline Rebouillat, Laurence Payrastre, Benjamin Allès, Léopold K. Fezeu, Nathalie Druesne-Pecollo, Bernard Srour, Wei Bao, Mathilde Touvier, Pilar Galan, Serge Hercberg, Denis Lairon & Julia Baudry.

 

 

Le résumé

 

Sauf erreur de traduction (traduttore, traditore !), quoi de mieux que le résumé de l'article – hormis l'article complet – pour exposer les travaux et la pensée des auteurs ? Le voici.

 

Contexte

 

La consommation d'aliments biologiques (AB) a considérablement augmenté dans les pays à revenu élevé, principalement en raison des préoccupations environnementales et des convictions en matière de santé. Une exposition plus faible aux pesticides de synthèse a été systématiquement documentée chez les consommateurs de produits biologiques par rapport aux non-consommateurs. Alors que des études expérimentales suggèrent que les pesticides actuellement utilisés dans la production alimentaire peuvent être associés au diabète de type 2 (DT2), aucune étude prospective bien menée n'a étudié l'association potentielle entre la consommation de produits biologiques et le risque de DT2, en contrôlant les facteurs de confusion potentiels.

 

L'objectif de cette étude prospective était d'estimer l'association entre la consommation de produits biologiques et le risque de DT2.

 

Méthodes

 

Au total, 33.256 participants (76 % de femmes, âge moyen (ET) : 53 ans (14)) de l'étude de cohorte prospective française NutriNet-Santé qui ont rempli le questionnaire de fréquence sur l'alimentation biologique ont été inclus (2014-2019). La proportion d'AB dans l'alimentation (en poids sans eau potable) a été calculée. Les associations entre la proportion d'AB dans le régime alimentaire (en tant qu'incréments de 5 % et en tant que quintiles) et le risque de DT2 ont été estimées à l'aide d'un Hazard Ratio (HR) multivariable et d'un intervalle de confiance à 95 % (IC à 95 %) dérivés de modèles de risques proportionnels ajustés pour les facteurs de confusion (facteurs sociodémographiques, anthropométriques, liés au mode de vie, médicaux et nutritionnels).

 

Résultats

 

Au cours du suivi (moyenne = 4,05 ans, ET = 1,03 ans, 134.990 années-personnes), 293 cas de DT2 incidents ont été identifiés. Après ajustement pour les facteurs de confusion, notamment le mode de vie (activité physique, tabagisme, consommation d'alcool) et la qualité nutritionnelle du régime alimentaire évaluée par le respect des recommandations alimentaires françaises, la consommation d'AB a été associée à un risque plus faible de DT2. Les participants ayant le quintile le plus élevé de consommation d'AB, par rapport à ceux ayant le quintile le plus bas, avaient 35 % de risque de DT2 en moins (IC à 95 % = 0,43-0,97). Chaque augmentation de 5 % de la proportion d'AB dans le régime alimentaire était associée à un risque de DT2 inférieur de 3 % (HR 0,97, IC à 95 % = 0,95-0,99).

 

Conclusions

 

Dans cette vaste étude de cohorte prospective, la consommation d'AB était inversement associée au risque de DT2. D'autres études expérimentales et prospectives devraient être menées pour confirmer ces observations.

 

[...]

 

 

La recherche dans son contexte

 

Que sait-on déjà à ce sujet ? (maximum 3 points)

 

  • Si les aliments biologiques à base de plantes, qui contiennent peu de résidus de pesticides, sont perçus comme plus sains par les consommateurs, il existe peu d'études sur les liens entre la consommation d'aliments biologiques et la santé.

 

  • Des études expérimentales suggèrent un rôle des pesticides sur le développement du diabète, mais les données épidémiologiques font défaut ;

 

Quelle est la question clé ? (un seul point ; formaté comme une question)

 

  • La consommation d'aliments biologiques est-elle associée au diabète de type 2, indépendamment des facteurs de confusion ?

 

Quelles sont les nouvelles conclusions ? (maximum 3 points)

 

Dans cette cohorte prospective basée sur la population, après ajustement pour les facteurs sociodémographiques, anthropométriques, du mode de vie, médicaux et alimentaires, une augmentation de 5 points de la proportion d'AB dans l'alimentation était associée à une diminution de 3 % du risque de DT2.

 

Les participants ayant le quintile le plus élevé de consommation d'AB, par rapport à ceux ayant le quintile le plus bas, présentaient un risque de DT2 inférieur de 35 % (IC à 95 % = 0,43-0,97).

 

Après confirmation, ces résultats suggèrent que les avantages potentiels de la consommation d'aliments biologiques peuvent contribuer à la prévention du DT2.

 

Comment cela pourrait-il avoir un impact sur la pratique clinique dans un avenir prévisible ? (un seul point)

 

  • Ces résultats méritent d'être reproduits, confirmés et étudiés, en particulier pour pouvoir tirer des conclusions causales dans de futures études. »

 

 

 

 

La conclusion

 

« En conclusion, cette étude prospective soutient une association inverse entre la consommation d'AB, en particulier d'aliments biologiques à base de plantes, et le risque de DT2, chez les adultes, en particulier les femmes. Des essais randomisés seraient utiles pour démontrer pleinement l'inférence causale, mais de telles études interventionnelles à long terme soulèvent des inquiétudes quant à la faisabilité logistique. Dans l'ensemble, il est nécessaire d'approfondir les études d'observation dans d'autres contextes et de procéder à des essais contrôlés randomisés soigneusement conçus pour reproduire ces résultats à des fins de confirmation et pour élucider les mécanismes sous-jacents. »

 

 

Il y a plus dans l'article scientifique

 

Les auteurs se sont livrés à plusieurs analyses et nous livrent des résultats qui n'ont pas été repris dans le résumé.

 

Ainsi, il y a une importante différence dans les résultats pour les hommes et les femmes. Les hommes gros consommateurs de bio ont en fait un risque de diabète plus élevé. Mais le résultat n'est pas significatif du fait de la taille réduite du groupe (120 cas de diabète seulement).

 

Gênante l'augmentation, non ? Miraculeuse, l'absence de signification statistique, non ?

 

Dans le Monde Planète de M. Stéphane Foucart – qui titre péremptoirement : « Un risque moindre de diabète chez les consommateurs de produits bio » –, Mme Emmanuelle Kesse-Guyot, co-auteure de l’étude, explique :

 

« Nous voyons un effet particulièrement marqué chez les femmes, avec une réduction du risque de 65 % chez les plus grandes consommatrices de produits bio, mais pas d’effet statistiquement significatif chez les hommes, qui représentent 24 % de la cohorte. »

 

L'augmentation chez les hommes est tout simplement passée à la trappe (l'« effet statistiquement [non] significatif chez les hommes », dans cette phrase, peut être positif ou négatif) ! Notez bien que, pour les femmes, les résultats portent sur 173 cas.

 

M. Benjamin Fiolet propose une description plus détaillée des résultats sur son blog Quoi dans mon assiette, dans : « Consommer bio et diabète de type 2 : associations épidémiologiques dans l’étude NutriNet-Santé ».

 

Sur Futura Sciences, M. Julien Hernadez a produit une merveille d'explication, « Moins de diabète si l'on mange bio, vraiment ? ». Il ne répond pas à la question posée – et pour cause : voir la conclusion des auteurs de l'étude ci-dessus – mais a eu la bonne idée de mettre le problème en perspective. Il y a ainsi une question essentielle qui demande réponse :

 

« hiérarchiser et décider ce qui, avec nos ressources limitées, est le plus utile à faire pour réduire la prévalence du diabète de type 2 - sans oublier les conséquences systémiques et prévisibles sur d'autres problématiques comme la production alimentaire. »

 

 

 

 

Est-ce crédible?

 

La question est triple :

 

  • Premièrement la réduction du risque est-elle crédible ?

     

  • Deuxièmement, quelle conclusion peut-on en tirer s'agissant de l'alimentation bio ?

     

  • Troisièmement qu'en est-il de l'hypothèse présentée comme la plus plausible par les auteurs pour expliquer la réduction du risque – la moindre présence de résidus de pesticides de synthèse dans l’alimentation ?

 

 

La réduction des risques est-elle crédible ?

 

Sans surprise, les auteurs de l'étude énoncent les principales limites de leur étude en fin d'article, avant la conclusion. Mais en y mettant des dièses. Ainsi :

 

« Il convient de noter certaines limites de notre étude. Tout d'abord, comme la conception est basée sur l'observation, l'inférence causale est limitée et on ne peut pas exclure totalement la possibilité d'une confusion résiduelle. Toutefois, un large éventail d'analyses de sensibilité a été effectué pour tester la robustesse de nos conclusions. [...] »

 

En outre, il s'agit d'une cohorte de volontaires, sans nul doute attentifs aux questions d'alimentation et de santé, non représentative de la population générale. Mais on peut penser que cela plaide en faveur de la robustesse des résultats.

 

Les cas de diabètes n'ont peut-être pas été identifiés de manière fiable.

 

L'étude est fondée sur des données déclarées par les participants, des données sujettes à des erreurs de mesure et des biais de « désirabilité ». Mais...

 

« ...nos travaux antérieurs ont montré que les consommateurs de produits biologiques et non biologiques présentaient des différences de concentration de certains résidus de pesticides dans l'urine, ce qui prouve la fiabilité de nos données nutritionnelles. »

 

Ah bon... On voit aussi venir la conclusion implicite et non dite (mais sur laquelle insiste l'article du Monde) : c'est la faute aux pesticides.

 

Enfin, la période de suivi n'a été que de quatre ans, et les auteurs avancent même l'hypothèse d'une éventuelle relation de cause à effet inverse : les gens atteints d'un diabète subclinique choisiraient de consommer davantage de produits biologiques... Ils le font avec honnêteté, ou subtilement (au su ou à l'insu de leur plein gré ?) : cela implique à notre sens l'hypothèse que le bio protégerait de l'aggravation de l'affection...

 

En sens inverse, les auteurs affirment notamment qu'une force de leur étude est la taille de la population étudiée. On rester songeur : cela ne représente tout compte fait que 120 cas de diabète chez les hommes et 179 chez les femmes, répartis sur cinq quintiles.

 

Le fait que cette étude ait été prospective (sur quatre ans, cependant), améliore-t-il la fiabilité des résultats et de l'inférence sur la causalité comme le laissent entendre les auteurs ? Nous avons du mal à en voir la justification.

 

Le problème majeur des études sur des cohortes réside dans leur hétérogénéité et la présence de facteurs potentiellement parasites qui, comme ici, peuvent être nombreux.

 

M. Stéphane Foucart écrit quelque peu péremptoirement dans le Monde :

 

« Les auteurs ont étudié la répartition de ces cas [de diabète], en corrigeant leur analyse des effets liés au statut économique, à l'activité physique, à l'indice de masse corporelle, au tabagisme et à l'alcool»

 

Il ajoute :

 

« Toutes choses égales par ailleurs, les plus gros consommateurs de bio ont un risque diminué de 35 % de contracter un diabète de type 2 par rapport aux non-consommateurs. Ces conclusions recoupent celles d'une analyse transversale (l'examen d'une population à un instant donné) de la même cohorte, publiée en 2017 dans la revue European Journal of Nutrition, qui mettait en évidence un risque accru de syndrome métabolique parmi les membres de la cohorte consommant le moins de produits bio»

 

La deuxième phrase a tout l'air d'un non sequitur, d'une tentative d'impressionner le lecteur.

 

Mais les auteurs de l'étude ont-ils corrigé pour tous les facteurs de confusion (les facteurs autres que l'alimentation bio ou non bio) ? Et l'ont-ils fait de manière correcte ? C'est la grande double question qui méritait d'être posée.

 

D'autant plus que...

 

Il est un magicien des statistiques appliquées à l'agriculture et aux sciences biologiques en général qui s'est penché sur des études antérieures issues de la cohorte Nutrinet-Santé et fondamentalement de la même équipe d'auteurs : M. Philippe Stoop. Dans une note de recherche de l'Académie d'Agriculture de France, « Santé et alimentation : attention aux faux-semblants statistiques ! », il écrit en résumé :

 

« Ces derniers mois, plusieurs études épidémiologiques très médiatisées déclarent avoir observé des liens statistiques forts entre le risque de cancer et la consommation d’aliments bio ou ultra-transformés. Toutefois ces résultats reposent sur des traitements statistiques complexes, dont un examen attentif montre la fragilité : prise individuellement, chacune de ces publications semble minimiser fortement l’effet des facteurs de risque de cancer bien établis. En outre, quand on les compare entre elles, on constate qu’elles se contredisent mutuellement, alors qu’elles ont été réalisées sur la même population. »

 

C'est, comme d'habitude, très pédagogique. Mais il y a plus accessible, notamment, « Interview de Philippe Stoop : "Alimentation et santé… les modèles statistiques font une indigestion" » et « Étude bio : décryptage d’une méthodologie statistique inadéquate », ou encore « Alimentation bio et risque de cancer : Quand les statistiques décident des résultats ».

 

Nous avions fait une petite recension des critiques formulées contre une étude précédente dans « Bio et cancer : quelques autres critiques ». À l'époque, l'AFP – pourtant pas une valeur sûre pour l'information dans les domaines qui titillent la fibre de l'émotion environnementale ou sanitaire – avait trouvé le moyen de citer le Pr John P. A. Ioannidis, professeur de médecine à l'Université de Stanford :

 

« L'étude a 3 % de chance d'avoir trouvé quelque chose d'important, et 97 % de propager des résultats absurdes et ridicules. »

 

C'est une critique pertinente également pour l'étude dont il s'agit ici.

 

Ajoutons un sujet d'étonnement : pourquoi certaines études de l'équipe utilisent-elles une répartition en tertiles (voir notamment ici), en quartiles (voir notamment ici) ou en quintiles (comme celle examinée ici et celle-ci) ?

 

 

Quelle conclusion s'agissant de l'alimentation bio ?

 

Les doutes sur les résultats numériques se répercutent évidemment sur la suite logique.

 

En outre, la rafale de résultats favorables à l'alimentation bio a de quoi surprendre. Sauf, peut-être, pour le lien inverse entre consommation de produits biologiques et risque de surpoids ou d'obésité : il s'explique aisément par une meilleure adhésion aux bonnes pratiques alimentaires (et non, sauf à démontrer le contraire, par le caractère « bio » ou « non bio » des produits consommés).

 

Voici maintenant que l'alimentation biologique est inversement corrélée au risque de diabète, avec une différence de 35 % entre le quintile des plus gros consommateurs de bio et le quintile des plus réfractaires.

 

C'est le résultat d'une baisse de 65 % chez les femmes (trois quarts de la cohorte) et d'une hausse de... 61 % chez les hommes. Mais, répétons-le, ce dernier chiffre n'est pas statistiquement significatif. Pour le trouver dans l'article scientifique, il faut consulter un tableau...

 

 

 

 

Et dans leur texte, les auteurs font de gros efforts pour minimiser la chose :

 

« Il est également intéressant de noter que nous n'avons pas observé d'association inverse chez les hommes.

 

En fait, un risque plus élevé a été observé chez les hommes qui étaient des consommateurs d'AB, bien qu'il ne soit pas statistiquement significatif, alors qu'un lien fort a été détecté chez les femmes. [...]

 

L'association spécifique au sexe peut être biaisée par le manque de puissance statistique chez les hommes (N = 120 cas seulement). Cependant, une réponse sexuelle dimorphique à l'exposition aux pesticides a déjà été signalée dans des études sur la population [référence] et dans des expériences sur les animaux [références 1 (un essai avec six pesticides administrés à la... dose journalière admissible !), 2 et 3 (ici, il s'agit de neurotoxicité de pesticides organophosphorés dans une analyse de la littérature)]. [...] »

 

Ils n'ont pas observé une association inverse ? Bel euphémisme qui recouvre l'observation d'une association directe de grande ampleur en valeur absolue (mais pas statistiquement significative).

 

Non, « [l]'association spécifique au sexe » n'est pas « biaisée »... il y a juste un heureux concours de circonstance qui permet de minimiser un résultat inconvenant.

 

Dans le Monde, bis repetita placent, le fâcheux résultat est entièrement occulté. Le journal qui fut de référence ose même un pavé citant Mme Emmanuelle Kesse-Guyot :

 

« Une réduction du risque de 65 % chez les plus grandes consommatrices de produits bio ».

 

Selon une étude précédente de Baudry et al., « Association of Frequency of Organic Food Consumption With Cancer Risk – Findings From the NutriNet-Santé Prospective Cohort Study » (association de la fréquence de consommation d'aliments biologiques avec le risque de cancer – résultats de l'étude de cohorte prospective NutriNet-Santé), le risque de cancer baissait de 25 % entre le premier et le quatrième quartile.

 

Cette étude – que M. Stéphane Foucart a bien sûr évoquée dans son article – avait été largement critiquée (voir ci-dessus). Serait-ce à nouveau, comme pour le cancer, trop beau pour le diabète ?

 

M. Laurent Alexandre avait exposé le problème avec humour dans l'Express, dans « Posséder un Picasso protégerait du cancer » :

 

« Les corrélations accidentelles sont la hantise des scientifiques. Les riches vivent plus longtemps que les pauvres et développent moins de cancers. »

 

Notre grain de sel sera le suivant : multipliez les études et vous finirez par démontrer que le bio rend immortel.

 

Nous ajouterons aussi une digression qui n'en est pas une. La conclusion initiale de Baudry et al. se lisait dans le résumé :

 

« Une plus grande fréquence de consommation d'aliments biologiques a été associée à une réduction du risque de cancer. Si ces résultats sont confirmés, des recherches supplémentaires seront nécessaires pour déterminer les facteurs sous-jacents de cette association. »

 

C'est devenu, après « correction » :

 

« Une fréquence plus élevée de consommation d'aliments biologiques a été associée à une réduction du risque de cancer. Bien que les résultats de l'étude doivent être confirmés, la promotion de la consommation d'aliments biologiques dans la population générale pourrait être une stratégie de prévention prometteuse contre le cancer. »

 

La « science » militante...

 

 

Qu'en est-il du rôle de la moindre présence de résidus de pesticides de synthèse dans l’alimentation ?

 

Il y a, bien évidemment, tout une tartine dans le Monde de M. Stéphane Foucart. Il s'est employé à « expliquer » le très gênant et non dit résultat « positif » pour les hommes (la consommation de produits bio augmente le risque de diabète selon l'étude). C'est qu'il a l'avantage de pouvoir invoquer les effets différenciés des pesticides en tant que perturbateurs endocriniens... et donc de « charger » les pesticides :

 

« Ainsi, de telles différences d'impact de l'exposition à certains pesticides ont déjà été rapportées dans des études sur des animaux de laboratoire, ou sur des humains, notent les chercheurs. "Le dimorphisme sexuel en réponse à l'exposition à des pesticides pourrait être lié à des capacités de détoxication différentes entre hommes et femmes, ou des différences de régulation du microbiote, écrivent-ils. Plus de recherche est nécessaire pour clarifier l'association 'sexe-spécifique' entre consommation de produits bio et risque de diabète.»

 

Dans l'article scientifique, les auteurs se sont aussi longuement épanchés sur le rôle allégué des pesticides, en évacuant rapidement deux autres hypothèses : les teneurs accrues en antioxydants pourraient réduire le stress oxydatif qui perturbe l’absorption du glucose et pourraient améliorer la sensibilité à l’insuline ; les aliments bio pourraient contenir plus d’oméga-3.

 

Le mille-feuille argumentatif en faveur de la thèse des résidus de pesticides est, à notre avis, assez poussif. Quelle force de persuasion peuvent avoir une déclaration à l'emporte-pièce et une référence à l'effet de pesticides retirés du marché depuis longtemps ?

 

« Des études scientifiques reconnaissent que la plupart des groupes fonctionnels [moieties] de pesticides agissent comme des perturbateurs endocriniens [lien (l'article porte sur les perturbateurs endocriniens et ne semble pas conforter la thèse présentée ici)]. Les effets néfastes des pesticides organochlorés, qui sont maintenant largement interdits, sur le développement du DT2 ont été bien documentés [lien]»

 

C'est la force qui persuade le taulier de ce site que cette étude est militante et que sa valeur scientifique est bien faible (euphémisme). Le militantisme s'est du reste exprimé ainsi en fin d'article (ils n'ont pas osé le mettre dans la conclusion) :

 

« Ces conclusions sont pertinentes pour la santé publique. En effet, si nos résultats sont confirmés par des recherches menées dans d'autres milieux et auprès d'autres populations, et couplés à des études expérimentales spécifiques, la promotion de la consommation d'aliments biologiques peut servir dans les stratégies de prévention du DT2, dans le cadre d'une dimension d'une alimentation saine. »

 

Celle qui confirme une suspicion qui naquit du fait que l'article scientifique a été promu dans le Monde par qui vous savez, avec le concours, notamment, d'une auteure de l'article qui a contribué à une surinterprétation des résultats produisant au final une infox...

 

 

 

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Hbsc Xris 09/12/2020 21:13

Ces études sont des tissus d'absurdités qui révèlent surtout que leurs auteurs doivent avoir soit un conjoint ou une conjointe pour se charger des courses alimentaires, soit se les faire livrer car visiblement ils ne savent pas grand chose des chariots de courses alimentaires et de ceux et celles qui vont avec. Je vis dans une région du monde ravagée gravement par l'obésité et le diabète 2. La corrélation entre l'alimentation que j'ai surnommé CSG (chips, soda, gâteaux) et obésité et diabète frappe instantanément n'importe qui va faire ses courses, au moins une fois de temps en temps au supermarché. Le contenu CSG du chariot ou de ce qu'il y a sur le tapis de caisse est exactement en rapport avec le physique obèse et même parfois complètement difforme de celui qui pousse le chariot. C'est d'ailleurs complètement effarant, même en France où l'obésité et le diabète 2 augmentent sensiblement, je ne crois pas qu'on puisse imaginer une telle malbouffe CSG dans certains endroits du monde et chez des populations censées qui plus est vivre traditionnellement (mdr).

Hbsc Xris 11/12/2020 20:28

@Il est là : Vous me faites penser à la photo connue de Fred Vargas avec sa clop aux lèvres.

Il est là, fils spirituel de Seppi 10/12/2020 12:59

Oui mais de leur avis à ces biotausaurus c'est à cause des pesticides que les chips et sodas engendrent obésités et diabètes, s'ils sont bios, leur consommation est moins risqué '(quand on voit que certains biotausaurus ont été jusqu'à dire que la cigarette cause le cancer en raison des pesticides et que le tabac bio est moins risqué, on comprend qu'ils sont capables de tout)