Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une réponse prometteuse de la science pour faire face aux défis et mieux nourrir le monde

6 Novembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM

Une réponse prometteuse de la science pour faire face aux défis et mieux nourrir le monde

 

Roberto A. Peiretti*

 

 

 

 

La plupart des grandes zones agricoles d'Argentine, ainsi que celles de nos voisins du Paraguay et du sud du Brésil, souffrent de la sécheresse. Son intensité varie de modérée à grave, selon les régions, mais elle touche à peu près tous les agriculteurs.

 

Si vous avez été agriculteur aussi longtemps que moi, vous savez que les sécheresses ne sont pas des événements rares mais plutôt des événements ordinaires d'une certaine intensité et, globalement, l'une des restrictions les plus courantes et les plus fréquentes au bon développement des cultures. Quelque part dans le monde, les agriculteurs ne peuvent pas faire pousser leurs cultures aussi bien qu'ils le voudraient parce qu'ils manquent d'eau. Aujourd'hui, c'est moi, et l'année prochaine, ce pourrait être les producteurs de tomates en Californie, les producteurs de maïs en Afrique du Sud ou n'importe qui d'autre dans le monde.

 

Une solution partielle est en cours de réalisation : l'Argentine vient d'être le premier pays à approuver un nouveau type de blé plus résistant. Cette variété promet d'améliorer la sécurité alimentaire dans le monde entier et de réduire les menaces de la sécheresse pour les agriculteurs et les consommateurs.

 

 

 

 

Tout commence avec le tournesol. Des scientifiques ont découvert comment prendre une protéine de cette jolie plante populaire et la transférer dans le blé et le soja. Cette protéine, connue sous le nom de HB4 et transférée par le mécanisme biotechnologique traditionnel, bien connu et fondé sur la science, aide ces cultures à mieux utiliser l'eau. Lorsqu'il y en a moins, comme c'est le cas lors d'une sécheresse, les cultures ont encore la capacité de prospérer lorsque l'eau redevient disponible.

 

Cette nouvelle technologie est une aubaine pour la production alimentaire, avec des avantages économiques, environnementaux et sociaux.

 

Pendant les périodes de sécheresse, ce blé tolérant à la sécheresse augmente les rendements de 20 % en moyenne. Rien ne raconte mieux une histoire qu'une image : pour voir une photo de la différence que le blé HB4 peut faire, cliquez ici [plus simple... voir ci-dessous].

 

 

 

 

La recherche derrière cette innovation a commencé il y a 17 ans. Les essais en plein champ se poursuivent depuis plus de dix ans. Finalement, au début de ce mois, l'Argentine a approuvé la culture. D'autres pays suivront probablement bientôt – et enfin, le blé tolérant à la sécheresse entrera dans la chaîne alimentaire mondiale.

 

 

 

 

En Argentine, la commercialisation commencera dès que le blé HB4 aura reçu l'approbation du Brésil, qui est notre plus important marché d'exportation. D'ici quelques années, le blé HB4 devrait devenir aussi familier que le maïs, le soja et d'autres cultures améliorées par les biotechnologies qui ont permis d'atteindre des rendements records et un niveau de gestion environnementale toujours plus élevé dans toute l'Amérique et partout où elles ont été adoptées.

 

 

 

 

Une grande partie de l'amélioration signifiera l'atteinte d'un niveau plus élevé d'efficacité et de performance économique. Les agriculteurs bénéficieront d'années rentables alors qu'autrement ils subiraient des pertes. Le HB4 permettra en fait la double culture, ce qui signifie qu'il sera moins risqué pour certains champs de faire deux cultures par saison – une rotation de blé et de soja – plutôt qu'une seule.

 

Pour les consommateurs, cette amélioration de la résilience et de la production signifie que les prix des denrées alimentaires pourraient rester plus stables et plus abordables.

 

Les avantages environnementaux sont considérables. En cultivant plus de denrées alimentaires sur moins de terres et avec moins d'eau, nous libérerons les sols pour d'autres usages, notamment la conservation.

 

Au cours de la dernière génération, nous avons assisté à de grands changements dans l'agriculture, car les agriculteurs ont exploité la puissance de la technologie pour faire face aux menaces traditionnelles que représentent les mauvaises herbes, les parasites et les maladies. D'une certaine manière, le HB4 n'est que le dernier d'une longue série de réussites.

 

Préparez-vous à en voir d'autres : le rythme du changement est sur le point de s'accélérer.

 

Au début de ce mois, deux scientifiques ont reçu le prix Nobel de chimie pour leur développement de CRISPR, un outil technologique de pointe basé sur la science. Le travail du Dr Emmanuelle Charpentier d'Allemagne [eh, oui, je traduis... et ça ne me dérange pas...] et du Dr Jennifer Doudna des États-Unis, a déclaré la présidente du comité du prix, « ...a non seulement révolutionné la science fondamentale, mais a également abouti à des cultures innovantes... »

 

Un autre prix rappelle l'urgence de ce travail : le prix Nobel de la paix a été décerné cette année au Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies, qui a nourri l'année dernière près de 100 millions de personnes dans 88 pays. Sans le PAM et les efforts d'aide similaires, a déclaré le comité du prix, « le monde risque de connaître une crise de la faim aux proportions inconcevables ».

 

Une grande partie du danger actuel pour la sécurité alimentaire provient de la guerre et de la Covid-19, mais derrière tout cela se cache le problème persistant de la capacité de production alimentaire – et la nécessité de vaincre la menace de la sécheresse afin que nous puissions nourrir des milliards de personnes.

 

Ces technologies innovantes représentent une réponse prometteuse de la science à la réalité humaine. Elles sont nécessaires à un système agricole mondial, appelé à améliorer la capacité de production et la qualité des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, des combustibles et des fibres pour une population croissante tout en atteignant simultanément des niveaux plus élevés d'efficacité, de gestion de l'environnement et de durabilité.

 

Nous serons toujours confrontés à des défis comme les sécheresses, mais grâce à des innovations comme le HB4, elles auront moins d'importance que jamais.

 

HB4 est une marque déposée de Bioceres Crop Solutions Corp.

 

_____________

 

* Roberto A. Peiretti, agriculteur, Province de Córdoba, Argentine

 

Roberto Peiretti est un agriculteur de quatrième génération. La cinquième génération est également engagée dans la ferme familiale située dans le centre de l’Argentine, où ils cultivent du maïs, du soja, du blé, de l’orge, de l’avoine, du sorgho et du tournesol sur huit mille hectares. Avec 25 % à 35 % de la ferme produisant deux récoltes par an, ils sont également en mesure d'intégrer régulièrement des légumineuses et de l'avoine comme cultures de couverture.

 

Ingénieur agronome de formation, Roberto est un chef de file des systèmes d'agriculture sans labour, dans leur ferme, et aussi un conseiller et un ingénieur travaillant aux niveaux national et international. Roberto Peiretti est bénévole en tant que membre du conseil d'administration du Global Farmer Network et membre fondateur de l'Aapresid (Association argentine des producteurs de cultures sans labour) et de la CAAPAS (Confédération américaine des associations de producteurs en semis direct).

 

Roberto était l'un des vingt-sept agriculteurs qui ont fondé Bioceres**, une société de biotechnologie liée à l'agriculture. Il est activement impliqué dans la World Association of Soils and Water Conservation (WASWAC – Association Mondiale pour la Conservation des Sols et de l'Eau) et a été récompensé par le prix WASWAC Distinguished Extensions Award en 2016.

 

** Bioceres et l'entreprise française Florimond Desprez ont créé Trigall Genetics pour développer et commercialiser en Amérique du Sud des variétés de blé incorporant des biotechnologies de seconde génération. L'Argentine pourrait être le premier pays du monde à cultiver des blés présentant une tolérance à la sécheresse – grâce en partie aux investissements et au savoir-faire d'une des plus prestigieuses entreprises françaises du domaine des variétés et des semences.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2020/10/a-promising-response-of-science-to-face-challenges-and-better-feed-the-world/

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article