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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

M. Philippe Stoop d'ITK : « La voiture bio et le bus conventionnel, ou comment l’agriculture perd la bataille de l'agroécologie »

6 Novembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Agro-écologie, #Agronomie, #Agriculture biologique

M. Philippe Stoop d'ITK : « La voiture bio et le bus conventionnel, ou comment l’agriculture perd la bataille de l'agroécologie »

 

 

C'est un titre un peu cryptique que ce « La voiture bio et le bus conventionnel, ou comment l’agriculture perd la bataille de l'agroécologie », de M. Philippe Stoop, directeur recherche & innovation d'ITK et membre de l'Académie d'Agriculture de Francehorresco referens, quelqu'un du secteur privé à l'Académie...

 

L'auteur nous embarque dans sa démonstration par un « quizz écologique » :

 

« Niveau 0 : Le SUV consomme moins d’essence au km, mais le bus transporte plus de monde. Lequel est le plus écologique ? »

 

 

 

 

« Niveau 1 : L’agriculture bio (à gauche [ci-dessus], désherbage mécanique) émet moins de gaz à effet de serre par hectare, l’agriculture conventionnelle (à droite, désherbage chimique) en émet moins par tonne d’aliment produite. Laquelle est la plus écologique ? »

 

Ma note : mais le désherbage mécanique émet plus que le désherbage chimique.

 

 

 

 

« Niveau 2 : L’agriculture bio augmente le nombre de coquelicots et la biodiversité à l’échelle des parcelles où elle est pratiquée, mais, à quantité produite égale, l’agriculture conventionnelle maximise la biodiversité à l’échelle du paysage. Laquelle est la plus écologique ? »

 

On lira la démonstration sur site.

 

Elle aboutit au constat que deux « tendances fortes de l’actualité » ont créé un climat plus favorable pour « remonter le courant de décennies de dénigrement exagéré de l’agriculture conventionnelle :

 

« 1.  La prise en compte croissante des enjeux environnementaux globaux (émissions de gaz à effets de serre, érosion de la biodiversité dans les pays tropicaux exportateurs agricoles), et de leur caractère parfois contradictoire avec ceux de l’écologie locale (réduction des pollutions agricoles diffuse et préservation de la biodiversité européenne). […]

 

2.  La crise économique créée par la Covid-19, qui accentue une demande déjà forte pour une relocalisation en Europe de la production de nos aliments. »

 

Ce contexte doit être mis à profit pour un effort de vulgarisation pour promouvoir une agriculture qui, tout en étant diverse, conciliera tous les objectifs.

 

« Pour saisir cette opportunité, trois conditions sont nécessaires :

 

1.  Que les professionnels agricoles assument clairement leur soutien aux formes raisonnées de l’agriculture conventionnelle. [...]

 

2.  Qu’ils s’emparent du débat scientifique sur les impacts environnementaux de l’agriculture. […]

 

3.  Le 3ème point est une conséquence évidente du précédent : les organisations agricoles devraient exiger que les décisions de politique agricole soient basées sur une évaluation des impacts environnementaux rapportée aux quantités produites, et non aux hectares de terre agricole. [...] »

 

À ce stade, la métaphore devient parfaitement claire :

 

« Ce mode d’évaluation est le seul qui réponde à l’ensemble des enjeux environnementaux et sociétaux actuels. Sinon, on en reste sur l’aberration évoquée en introduction : croire que les agricultures extensives sont nécessairement meilleures pour l’environnement, ce qui revient à prétendre que le SUV est plus écologique que le bus, parce qu’il consomme moins d’essence au kilomètre. »

 

À faire lire à tous ceux qui – dans le vrai camp du bien – ont une voix dans le débat sur le présent et l'avenir de l'agriculture.

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