Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Élevage : réexaminer le cas du méthane

17 Novembre 2020 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique, #élevage

Élevage : réexaminer le cas du méthane

 

Centre CLEAR de Californie pour les produits laitiers

 

 

Le méthane a été le talon d'Achille des émissions du bétail, mais il pourrait faire partie d'une solution climatique.

 

 

Un livre blanc de l'UC Davis réexamine le rôle du méthane dans le changement climatique et la manière dont l'élevage laitier de Californie peut atteindre la neutralité climatique.

 

 

 

 

Des chercheurs de l'Université de Californie à Davis réexaminent le méthane et montrent que la neutralité climatique est à portée de main pour le secteur laitier californien.

 

Le méthane (CH4) est un puissant gaz à effet de serre qui est 25 à 28 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2) – le principal gaz à effet de serre à l'origine du changement climatique en Californie – mais son influence sur le réchauffement réel est très différente, selon un livre blanc publié aujourd'hui [le 2 septembre 2020] par les professeurs Frank Mitloehner, Ph.D, et Ermias Kebreab, Ph.D, de l'Université de Davis, ainsi que par Michael Boccadoro, directeur exécutif de Dairy Cares. La publication, « Methane, Cows, and Climate Change : California's Dairy's Pathway to Climate Neutrality » (méthane, vaches et changement climatique : la voie de l'industrie laitière californienne vers la neutralité carbone), examine la littérature récente des principaux climatologues et ses implications pour le secteur laitier californien.

 

Le méthane est un polluant climatique à courte durée de vie et il existe dans notre atmosphère pendant 12 ans avant d'être décomposé. Cela signifie que lorsque du méthane est émis à un taux constant pendant plus de 12 ans, une molécule nouvelle remplace en fait une molécule précédemment émise qui a été éliminée depuis. En d'autres termes, le méthane ne s'accumule pas dans l'atmosphère. Actuellement, la principale méthode de comptabilisation utilisée pour mesurer les effets des gaz à effet de serre sur le climat ne décrit pas comment les différents gaz, comme le méthane, réchauffent – ou refroidissent – le climat au fil du temps. Cette omission conduit à une mauvaise interprétation du rôle du méthane dans le réchauffement climatique, tout en ignorant les solutions possibles qui pourraient compenser les gaz à effet de serre provenant d'autres secteurs tels que les transports.

 

 

Capture méthane 3

 

 

Le CO2 s'accumule dans l'atmosphère, tandis que le méthane entre dans l'atmosphère et en ressort. Centre CLEAR à UC Davis.

 

 

« Nous avons mal évalué le méthane lorsqu'il s'agit de réduire le réchauffement », a déclaré M. Mitloehner, professeur et spécialiste de la qualité de l'air pour Cooperative Extension au sein du Département des Sciences Animales de l'Université de Californie à Davis et directeur du centre CLEAR (Clarity and Leadership for Environmental Awareness and Research) à UC Davis. « Bien qu'il soit plus puissant que le dioxyde de carbone, le méthane est un polluant climatique à durée de vie courte, qui reste dans notre atmosphère pendant environ 12 ans avant d'être décomposé et éliminé. En revanche, le dioxyde de carbone reste dans notre atmosphère pendant des siècles, de nouvelles émissions s'ajoutant aux précédentes, ce qui en fait le principal moteur du changement climatique»

 

 

Frank Mitloehner dans l'exploitation laitière de l'UC Davis. Crédit : Joe Proudman / CLEAR Center.

 

 

Selon le livre blanc, qui a examiné la production laitière historique dans cet État, les fermes laitières de Californie ont déjà stabilisé les émissions de méthane, ce qui est une étape essentielle pour atteindre la neutralité climatique et les objectifs climatiques mondiaux. Les auteurs expliquent qu'à mesure que les exploitations laitières continuent à réduire leurs émissions de méthane, elles peuvent créer un réchauffement négatif, également appelé « refroidissement ».

 

La Californie – la cinquième économie mondiale – est responsable d'environ 1 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Plus de 80 % des émissions de gaz à effet de serre de la Californie proviennent de l'utilisation de combustibles fossiles, notamment dans les secteurs des transports (41 %), de l'industrie (23 %) et de la production d'électricité (16 %). Bien que la Californie soit le plus grand producteur agricole des États-Unis – produisant des fruits, des légumes, des noix, du bétail et d'autres aliments essentiels pour une grande partie du pays et du monde – la contribution du secteur agricole aux émissions de gaz à effet de serre est d'environ 8 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l'État. Le secteur laitier de la Californie, le plus important de la Nation, représente 4 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l'État.

 

À son crédit, l'État s'est fixé des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030, et 80 % d'ici 2050, tout en s'efforçant d'atteindre un objectif d'émissions de carbone « nettes zéro » d'ici 2045.

 

Grâce à une plus grande efficacité, ainsi qu'à une diminution du nombre de vaches et de la production totale de lait ces dernières années, la quantité de méthane émise par les fermes laitières californiennes est aujourd'hui inférieure à celle de 2008. En termes simples, les exploitations laitières californiennes ajoutent moins de méthane aujourd'hui qu'il y a 12 ans, ce qui signifie que la quantité de méthane décomposé est supérieure à celle émise dans l'atmosphère.

 

Les producteurs laitiers californiens font de nouveaux progrès dans la réduction des émissions de méthane dans l'environnement en installant des digesteurs anaérobies conçus pour capturer le méthane, ou par le biais d'autres projets comme les granges de conditionnement du compost et les séparateurs de solides, qui sont conçus pour réduire la production de méthane dans les fermes. Selon le ministère californien de l'alimentation et de l'agriculture, les fermes laitières de Californie mettent en œuvre des projets qui permettront de réduire de 25 % les émissions de méthane liées au fumier par rapport à 2013.

 

 

Une ferme laitière californienne climato-intelligente avec digesteur, séparateur de matières solides et installation solaire. Crédit : Dairy Cares.

 

 

Des progrès continus dans ces domaines seront nécessaires pour que le secteur de la production laitière de l'État atteigne le point où il ne contribuera plus au réchauffement climatique. C'est ce que l'on appelle la neutralité climatique.

 

« Réduire les émissions de méthane et atteindre la neutralité climatique n'est pas une mince affaire », a déclaré M. Kebreab, titulaire de la chaire Sesnon Endowed d'agriculture animale durable au sein du Département des Sciences Animales de l'Université de Californie à Davis. « La Californie est l'un des producteurs de lait et de produits laitiers les plus efficaces, et son empreinte carbone sur le cycle de vie (par gallon de lait produit) est l'une des plus faibles de toutes les régions du monde. D'autres réductions seront accélérées à mesure que des projets de réduction du méthane provenant des produits laitiers seront mis en œuvre et que les additifs pour l'alimentation animale deviendront largement disponibles. Pour d'autres régions laitières, une première étape essentielle consistera à atteindre des niveaux d'efficacité de production similaires (plus de lait avec moins de vaches) pour commencer à stabiliser les émissions de méthane et travailler à la neutralité climatique. L'impact d'une telle réalisation aurait de profonds effets sur le climat mondial. »

 

 

Ermias Kebreab à la ferme laitière de l'Université de Californie à Davis. Crédit : UC Davis.

 

 

Le livre blanc identifie le méthane comme une importante opportunité d'atténuation. Il fait également suite à des recherches sur les différences notables entre les différents gaz à effet de serre et leur impact sur le changement climatique, menées par des scientifiques de premier plan de l'École Martin d'Oxford et de l'Institut du Changement Environnemental de l'Université d'Oxford.

 

Pour les demandes des médias, veuillez contacter Joe Proudman, directeur associé pour les communications au Centre CLEAR, à l'adresse jproudman@ucdavis.edu.

 

Dossier de presse avec images et graphiques : http://bit.ly/MediaKitMCCC

 

 

° o 0 o °

 

 

Le centre CLEAR, basé au Département des Sciences Animales de l'Université de Californie à Davis, clarifie l'intersection de l'agriculture animale et de l'environnement en menant des recherches de pointe en matière de production animale et de durabilité environnementale et en communiquant à leur sujet. Le CLEAR Center, qui signifie Clarity and Leadership for Environmental Awareness and Research (clarté et leadership pour la connaissance et la recherche), est sous la direction de Frank Mitloehner, professeur de sciences animales et spécialiste de la qualité de l'air Cooperative Extension (vulgarisation coopérative). On trouvera les dernières nouvelles et recherches du CLEAR Center sur le site https://clear.ucdavis.edu/

 

Dairy Cares est une coalition à l'échelle de l'État dont la mission est d'assurer la viabilité à long terme des exploitations laitières familiales de Californie grâce à des pratiques respectueuses de la planète et à des soins responsables aux animaux. Pour en savoir plus sur les pratiques laitières durables et respectueuses de l'environnement en Californie, visitez le site DairyCares.com.

 

________________

 

* Source : https://clear.ucdavis.edu/news/methane-cows-and-climate-change-california-dairys-path-climate-neutrality

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

douar 18/11/2020 14:48

Vu le nombre de bisons qu'il y avait au XVIII et XIX ième siècle, il y avait sans doute plus de production de méthane à cette époque en amérique du nord.
AMHA, cette histoire est vraiment débile (je pèse mes mots), basée sur des hypothèses invérifiables (impact des gaz à effet de serres d'origine anthropique sur la hausse des temératures). cela permet de voir débouler tout un tas de calculs qui s'avèrent toujours aussi peu précis.
Effectivement, on peut réduire la production de méthane via l'alimentation en améliorant l'efficacité alimentaire. Certains se ruent sur l'aubaine pour promouvoir leur solution (graines de lin par exemple). On a même le cas d'une grande entreprise chimique (DSM) qui a élaboré un additif nutritionnel qui donne de bons résultats, mais qui attend qu'un marché au carbone soit mis en place pour fixer le prix de vente...
D'autres se ruent sur l'occasion pour promouvoir l'abolition de l'élevage.
En attendant, ça fait beaucoup d'énergie dépensée pour un non problème.

Marc FAURE 17/11/2020 17:14

Bonjour, il faudrait que, rapidement, Générations Futures, les Vegam et autres se procurent ce livre blanc et en discutent sérieusement ! Je suis trop rationnel ! Merci pour vos informations

Aymard jean 17/11/2020 13:26

Question que je me suis souvent posée,
Existe t il des évaluations des émissions de méthane par les ruminants,domestiques et sauvages, au cours des siècles,
Sous question, ceux d'aujourd'hui sont ils plus élevés qu'autrefois ?

pierre marie 22 17/11/2020 16:51

les dinosaures étaient de redoutables émetteurs de méthane...

les zones humides (tourbières, etc), dont on fait grand cas, souvent aussi

les... végétariens, qui sont de grands consommateurs de légumineuses indispensables pour leur équilibre... aussi ! Et oui.

A savoir : on peut baisser le taux de méthane émis par les ruminants, comme les vaches, en modifiant légèrement leur alimentation. En ajoutant du lin, par exemple. L'INRA travaillait beaucoup sur ce sujet.

Seppi 17/11/2020 14:25

@ Aymard jean le mardi 17 novembre 2020 à 13:26

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Deux sources:

https://twitter.com/drsplace/status/1319259051289661440

https://twitter.com/B_Rouille_Idele/status/1319621760375980032